Pierre Paul Rubens
La chute des réprouvés.
« C'est l'étude amoureusement terminée du grand tableau qu'on admire aujourd'hui au musée de Munich
» Une remarque nous vient à l'esprit devant le tableau de M. Suermondt, c'est que le fougueux Rubens, le puissant machiniste que l'on sait, eut été, s'il l'eût voulu, le plus délicat des miniaturistes.
» Dans cette Chute des réprouvés, où les figures se comptent par centaines, où les corps s'enchevêtrent et se précipitent en cascades, où les démons, pleins de sagacité, s'emparent de préférence des jeunes pécheresses pour les entraîner dans l'abîme, où le dragon à sept têtes et les monstres de l'Apocalypse attendent
au seuil des enfers les victimes qui leur sont promises, il y a, avec l'immense mouvement d'un chaos humain, avec le fourmillement des multitudes affolées, l'ordre équilibré et symétrique de la composition la plus savante. Cette grande page est l'honneur d'une vie, la gloire d'une école
Dans ses peintures de dimension restreinte, Rubens est d'une habileté surprenante. Ne semble-t-il pas que son génie gagne à se modérer, à surveiller son élan ?
Paul Mantz, Gazette des beaux-arts, avril 1874.
Sir J.Reynold, dit, dans son Voyage en Flandre, que cette composition est un des plus sublimes efforts du génie humain.
L'Assomption des bienheureux à Munich forme le pendant de notre tableau. Il est également sur bois et a les mêmes dimensions (1).
Smith (Catalogue raisonné, supplément, p. 268) mentionne notre étude comme ayant fait partie, en 1804, de là collection Dutartre.
Bois. H. 1.18; L. 0.92.
M. SUREMONT, MAX, à Anvers.