PS AAA
Tr ÿ
re
Gi
LENÉEINCEUL D'UN CHEROS.:
ÉENRY JACGCOUTER
Ce nest pas sans un vif sentiment de mélancolie, mélangé d'une profonde et sincère admiration, que les nombreux et fidèles amis d'Henry Jacquier verront réunies en cette salle, par les soins pieux de sa veuve, quelques-unes des œuvres capitales qu'il put accomplir dans sa trop brève existence d'artiste. À lui, échut en effet le sort cruel de quitter ce monde au moment où son talent en pleine éclosion allait parvenir à lui assurer la célébrité des maîtres et il s’en est allé n’ayant pu réaliser, hélas, tous ses projets d'artiste. Cependant son activité ayant été intense, comme s’il avait pressenti que ses jours étaient comptés, il a laissé derrière lui un œuvre assez considérable pour pouvoir affronter victorieusement les suffrages de ses contemporains et de la postérité! Et cela au cours d’une vie de 43 ans! Né à Saint- Étienne en 1878, il est mort en 1921. Fils de l'architecte Jean-Louis Jacquier, il entra de bonne heure à l’école des
Beaux-Arts de Lyon, où 1l obtint deux médailles, puis à l'École nationale des Beaux-Arts à Paris, où il fut successivement élève de Gustave Moreau, d’Aimé Morot, de François Flameng et de Cormon. Il y remporta huit médailles ainsi que les prix Chenavard, d’Attainville et Roux. En 1808 1l débuta au Salon de la Société des Artistes francais et fut hors concours en 1906. Il obtint le prix Alphonse de Neuville et la bourse de voyage de l'État, ainsi que le prix National en 1909. À la suite de l'Exposition de Gand, où il exposa en 1914, il recut la croix de la Légion d'honneur.
Henry Jacquier avait exposé régulièrement et avec succès à tous les Salons. De nombreuses œuvres de sa main y furent acquises par l’État. Son tableau : Fabre de l'Hérault, est au musée de Montpellier; Le Linceul d'un héros au musée de Rouen; Le Glorieux Bücher, au musée de Nîmes et Après la bataille, au musée” de Vienne "Ouanteasson portrait du Maréchal Joffre, popularisé par la gravure et qui eut un si grand succès en France et en Amérique, il appartient au musée du Luxembourg, qui a bien voulu s’en dessaisir momentanément en le prêtant pour l'exposition.
Jacquier avait pris place, dès ses débuts, parmi Îles peintres militaires, aussi ne peut-on que déplorer l’injustice du sort en le voyant disparaître après la grande guerre, dont il fut indirectement une des victimes, et Justement à l'heure où tant de grands et émouvants sujets, tant de belles et héroïques figures de grands capitaines, allaient s'offrir à son attention. Aussi, ne peut-on s'empêcher d'évoquer devant ses œuvres antérieures tout ce qu'auraient pu être celles qu'il aurait su créer s’il n’était parti sitôt.
A l'heure tragique où la tourmente de 1914 vint bouleverser le monde, il ne pouvait rester indifférent. Deux fois ajourné au moment de fairé son service militaire, il avait été versé dans les services auxiliaires et la pensée qu’en raison de sa santé délicate il continuerait à faire de la peinture alors que les hommes de son âge, ses camarades, étaient sous les drapeaux lui fut insupportable, aussi fit-1l de pressantes démarches pour être envoyé aux armées afin de s’y rendre utile, et il y parvint. Désigné pour aller en Champagne avec M. François Flameng, en décembre 1914, puis dans la région