II DÉDICACE
moins semblable au nôtre ; mais, au milieu de tous ees efforts , une ignorance complète de la partie pratique du système vient sans cesse les paralyser. C'est pour corriger autant que possible ce manque de connaissances pratiques que j'ai écrit cet ouvrage. Tout son mërite, s'il en a aucun, est dû aux institutions et aux lois que j'ai entrepris d'illustrer, et c'est à vous, chargé veiller sur les destinées de notre heureuse république , que j'offre mon travail.
Vous verrez , Monsieur , qu'il y a un point sur lequel je diffère entièrement de tous les auteurs qui ont écrit sur nos lois. C'est celui de la souveraineté des états. Ce n'estpaspar ignorance des raisons qu'ils donnent pour soutenir kurs opinions que je n'adopte pas leur avis. C'est au contraire parce que, ayant profondément étudié la question, je suis arrivé à une conclusion tout à fait opposée.
Je sais bien que les deux opinions qui existent sur ce sujet ont divisé le pays en partis très violens 5 je sais bien que le peuple de quelques états , surtout de ceux du Sud, est imbu d'un fort préjugé en faveur de la doctrine
A AMDAé JACWSCR. lO
de la souveraineté des états , et que h thèse que je soutiens sera regardée par beaucoup de gens comme une hérésie politique. Mais la question me semble claire. Cette souveraineté n'est qu'une fiction légale , un mot vide de sens, dont nous ferions tout aussi bien d'abandonner l'usage : car il ne peut servir qu'à embrouiller des questions autrement fort simples 9 et, s'il était pris littéralement et pratiquement 5 il détruirait bientôt l'union des états ou la rendrait inutile comme elle l'était du temps de la première fédération. J'ai vu avec un grand plaisir que, dans votre proclamation au peuple de la Caroline du Sud , vous aviez vu la chose de la même manière que moi , et que vous aviez été soutenu par le bon sens d'une immense majorité de la nation. C'est à ce bon sens national, Monsieur, que sont dues la sagesse de nos intitutions et les heureuses innovations qii'on y fait journellement. Le système du gouvernement américain étant une expérience nouvelle , bien des parties de sa théorie ne sont pas encore fixées, et c'est à mesure que l'on s'aperçoit des défauts de la machine qu'on la