‹ Exposition du système des vents Lartigue, Capitaine de corvetteChapitre 2 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La nature agit toujours par des procédés simples, et les moyens quelle emploie ne nous paraissent compliqués que lorsque, faute d’en bien saisir l’ensemble, nous cherchons des causes diverses à des effets qui n’émanent cependant que d'une même source.

La CocnitAYE. — Théorie des vents.

Les savants cherchent depuis longtemps à déterminer la cause générale des vents qui régnent dans les diverses parties du globe ; quelques théories même ont été établies. Toutes celles que nous connaissons se fondent sur un même principe de physique 1 , sur des faits isolés, et sur l’hypothèse qu’il existe, dans les couches supérieures de l’atmosphère , des contre-courants qui se dirigent de l’équateur vers les pôles , pour y remplacer l’air qui, des pôles, se porte vers l’équateur.

Ces théories, qui diffèrent très-peu les unes des au-

1 Ce principe, qui est exposé à la page î" de notre ouvrage, forme une des bases de notre système.

1res, n’expliquent pas d’une manière satisfaisante les divers phénomènes observés chaque jour par les navigateurs; et, comme nous nous sommes aperçu , dans nos premières campagnes, que les faits sur lesquels elles avaient été établies n’étaient pas rigoureusement exacts, nous avons, dans l’intérêt de la science et de la navigation, observé quels étaient les vents dominants dans tous les pays que nous avons parcourus, et examiné surtout avec le plus grand soin si les variations continuelles qu’ils éprouvent étaient sujettes à quelques lois.

Les résultats que nous avons obtenus nous donnent aujourd’hui les moyens de présenter, sur cette matière, un travail entièrement nouveau.

L’ensemble de ce travail forme un système dont la base repose sur un principe de physique admis par tous les auteurs qui ont donné des théories, ainsi que par tous les savants, et sur des faits observés par nousmême, et confirmés d’ailleurs par les journaux et les tables de loch d’un grand nombre de navigateurs.

Afin de faire apercevoir la relation qui existe entre les vents qui soufflent, à la même époque, dans les diverses parties du globe, nous avons émis des opinions qui d’abord pourront paraître un peu trop hasardées ; mais nous pensons qu’après avoir étudié notre système on trouvera quelles sont le résultat de l’ensemble des faits.

Par exemple , lorsque nous aurons parlé des vents qui régnent sur les côtes orientales et occidentales de l’Amérique méridionale', et que nous aimons comparé entre eux les divers phénomènes observés sur chacune

1 Voir la note A , à la lin.

de ces côtes , le résultat démontrera que les vents polaires, qui se forment sur les côtes occidentales, parviennent sur les côtes orientales en passant au-dessus des Cordilières, et que les vents alisés du sud, qui soufflent au large des côtes du Brésil, parviennent sur celles du Pérou en passant aussi au-dessus de ces mêmes montagnes.

De ces observations nous avons cru pouvoir induire que les vents polaires et les vents alisés entraînaient l’atmosphère jusques à une très-grande élévation, et que les contre-courants, qui ont été observés à diverses hauteurs sur les montagnes, n’occupaient qu’un espace peu considérable , tandis que les vents polaires et les vents alisés suivaient leur cours naturel, à une certaine distance au-dessus de ces memes montagnes. Nous citerons quelques observations qui viendront à l’appui de ce fait.

Notre ouvrage sur la théorie des vents sera divisé en trois parties: la première, que' nous présentons aujourd’hui, contient l'exposition de notre système dans les mers libres. Nous* nous occuperons plus tard des deuxième et troisième parties, qui contiendront ; d’une manière spéciale, l’application de nos principes aux vents qui soufflent sur les continents et sur les parties de mer situées près des cotes.

Comme il existe "une analogie parfaite entre les vents qui régnent dans les deux hémisphères , et que les vents y varient de la même manière , nous avons mis en regard les observations faites dans chaque hémisphère, afin de faciliter les explications, et de donner les moyens de saisir plus facilement l’ensemble du système.

L’ouvrage est accompagné de deux cartes, sur lesquelles nous avons tracé des flèches indiquant la direction des principaux courants d’air, dans la supposition où ils suivraient toujours une marche régulière. Nous expliquons d’après quelles données ces directions ont été tracées; mais, pour bien comprendre les explications, il convient auparavant d’étudier avec soin la théorie que nous avons adoptée.

Nous ne parlerons, dans cette première partie, que des vents dont les variations sont sujettes à une loi déterminée, et entre lesquels il existe une relation. Nous devons ajouter que notre système ne s’applique qu’aux parties du globe situées par des latitudes audessous de 6o°.

Il a été fait trop peu d’observations par des latitudes plus élevées pour pojtvoir en tirer des conclusions positives; nous devons dire cependant que les renseignements qui nous ont été fournis par M. Favre, capitaine de la Recherche , semblent annoncer que les variations que les vents éprouvent, dans les mers du nord et dans la mer Glaciale, paraissent, dans quelques circonstances, être sujettes à une certaine règle, laquelle ne paraît avoir aucun rapport avec celle que suivent les variations par les latitudes au-dessous de 6o° l .

Les rumbs de vent que nods indiquons dans cet

1 Extrait de la note du capitaine Fabre :

« Les vents n’ont pas de marche régulière , et ne suivent pas , comme

* dan3 nos climats , le mouvement de gauche à droite. Il n est pas rare « do les voir passer du N. E. au N. O. sans qu’il y ait un instant de » calme , et surtout du S. O. au S. E. , pour ensuite revenir au S. O. ■ Cependant il est à remarquer que les changements sont ordinairement « précédés de quelques instants de calme plat. Alors il est dilîicile de

• prévoir de quel côté viendra la brise. * •

ouvrage sont corrigés de la déclinaison de l’aiguille aimantée. Nous devons cependant prévenir que ces rumbs de vent ne sont qu’approximatifs, principalement dans la zone tempérée, et que leur exactitude est d’autant moindre qu’ils sont plus éloignés de l’équateur.

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