‹ Exposition du système du monde (volume 2)Chapitre 24 sur 65 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du mouvement de rotation de la Terre^

Ei» r^fiéchûsant sur le mouvement' diurne auquel k»us les corps célestes Mot assujettis ; on reconnaît évidemment Texistence d'une cause générale qui les entratne'ou qui psrait les entraîner autour de l'axe du monde. Si l'on considère que ces corps sont isolés entre eux, et placés loin de la terre , à des distances très différentes; que le soleil et les étoiles en sont beaucoup plus éloignés que la lune , et que les Tariatioua des diamètres apparens des planètes, indiquent de grands changemens dans leurs distances; enfin, que les comètes traversent librement le ciel dans tous les sens ; il sera très difficile' de concevoir qu'une même cause imprime & tous ces corps, un mouvement commun de rotation. Maïs les astres se présentant & noua de la même manière, soit que le ciel les entraîne autour de la terre supposée iomiobile, soit que la terre tourne en sens contraire, sur elle-même; il parait beaucoup plus naturel d'admettre ce dernier mouvement , et de regarder celui du ciel comme une apparence.

La terre est un ^obe dont le rayon n'est pas de sept millions de mètres : le soleil est , comme on l'a vu ,' incomparablement plus gros. Si son centre coïncidait avec celui de la terre, son volume embrasserait l'orbe de la lune, et s'étendrait une fois plus loin» d'où l'on peut

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juger de cod immense grandeur : 11 «tt d'ailleurs , éloigné de nous d'envipos vingt-trois mille rayons terrestres. N'est-il pas infiniment plus simple de supposer au globe que nous habitons, un moureraent de rotation sur lui-même , que d'imaginer dans uuè masse aussi considérable et aussi distante que le soleil , )e mouvement extrémemeat rapide qui lui serait nécessaire pour tourner en no jour, autour de la terre P Quelle force immense ne faudrait-il pas alors pour le contenir et balancer «a force centrifuge ? Chaque astre pr^nta des dif- &caltd8 Bemblabte» , qui sont toutes levées par la rotation de la terre.

On a vu précédemment , que le p61e de l'ëqoateur parait se mouvoir lentement autour de celui de l'éclîptique , et que de U résulte la ' précession des équinoxes. Si U terre est immobile , le pâle de l'équateur est sans mouvement , puisqu'il répond toujours au même point de la surface terrestre ■ la sphère céleste se ment donc alors sur les pâles de l'écUptiqua, et dans ce mouTemenC , elle entraîne tous les astres. Ainsi le système entier de tant de corps si diiTérenr par leara grandeon , leur* monvemens et Icnrs distances, serait encore asanjetti k un mouvement général qui disparaît et ae réduit à une simple apparence , si l'on suppose l'axe terrestre se mouvoir antonr des p61es de l'écliptique.

Entraînés par un mouvement commun i tout ce qui nous environne , nous ressemblons an navîgateor que les vents emportent avec son vaisseau sur les mers. Il se croit immobile; et le rivage, les montagnes et tous les objets placés hors du vaisseau , lui paraissent S9 mouvoir, liais en comparant l'étendue du rivage et des plaines, et la hautunr des montagnes, à la peti-

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teste de aon vucseau ; il reconoatt ipie Isur moBV«liient D'eat (jn'iuiQ apparence prodoite par soa mouTemant Mel. Les astre) nombreux répandus dafis l'eapace céleste, sont & notre ^gard, oa que le riragâ et les montagnes sont par rapport an navigateur ; elles mêmes raisons par lesquelles il s'assnre de la réalité' de son mouvement, nous prouvent celui de la terre.

L'analogie vient à l'appui de ces preuves. Ou a observé des mouvemens de rotation dans presque toutes les planètes , et ces mouvemens sont dirigés d'occident en orient , comme celui que la révolution diurne des astres semble indiquer dans la terre. Jupiter beaucoup plus gros qu'elle , se meut sur son axe, en moins d'un demi-jour : un observateur à sa surface , verrait le ciel tonmer autour de lui , dans cet intervalle ; ce mouvement du ciel ne serait cependant qu'une apparence. N'est-il pas naturel de penser qu'il en est de même de celui que nous observons sur la terre P Ce qui confirme d'ane manière frappante , cette analogie , c'est que la terre , ainsi que Jupiter , est aplatie & ses pôles. On conçoit , en effet, que la force ceutrifi^e qui tend à écarter toutes les parties d'un corps , de son axe de rotation, a dû abaisser la terre aux pôles, et l'élever & l'équatenr. Cette force doit encore diminuer la pesanteur 4 l'équateur terrestre , et cette diminution est constatée par les observations du pendule. Tout nous porte donc ù penser que la terre a nn mouvement de rotation sur elle-même , et que la révolution diurne du ciel , n'est qu'une illusion produite par ce mouvement, illusion semblable à celle qui nous représente le ciel, comme une voûte bleue à laquelle tous les astres sont attacbés , et la surface de la terre , comme no plan sur lequel il s'appuie. Ainsi, l'Astrono-

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mie s'est Hevée à trarers les tUiuîoni des aens; et ce n'a ité qa^aprèa les stoÎt dissipées par ud grand nombre d'observ^ons et de calcub , qae lIioDune enfin a reconnu les mouvemens du globe qu'il habite, et sa vraie poaitioD dans l'aiiiTerf .

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