‹ Exposition du système du monde (volume 3)Chapitre 37 sur 61 · DE LA THÉORIE DE LA PESANTEUR UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

DE LA THÉORIE DE LA PESANTEUR UNIVERSELLE

Opinionum commenta clelet dies, riaturœ judicia confirmât.

Cic, de Nat. Deor.

Après avoir exposé dans les livres préce'dens, les lois des moin ! mens célestes, et celles de l'action des causes motrices; il reste à les comparer, pour reconnaître les forces qui animent les corps du système solaire, et pour s'élever sans hypothèse et par une suite de raisonnemens géométriques , au principe général de la pesanteur , dont elles dérivent. C'est dans l'espace céleste, que les lois de la mécanique s'observent avec le plus de précision : tant de circonstances en compliquent les résultats sur la terre , qu'il est difficile de les démêler et plus difficile encore de les assujettir au calcul. Mais les corps du système solaire , séparés par d'immenses distances , et soumis à l'action d'une force principale dont il est facile de calculer les effets, ne sont troublés dans leurs mouvemens respectifs, que par des forces assez petites, pour que l'on ait pu embrasser dans des formules générales , tous les changemens que la suite des temps a produits et doit amener dans ce système. Il ne s'agit point ici de causes vagues, impossibles à soumettre à l'analyse , et que l'imagination modifie à son gré , pour expliquer les phénomènes. La loi de la pesanteur universelle a le précieux avantage de pouvoir être réduite au calcul, et d'offrir dans la comparaison de ses résultats aux observations, le plus sûr moyen d'en constater l'existence. On verra que cette grande loi de la nature, représente tous les phénomènes célestes, jusque dans leurs plus petits détails; qu'il n'y a pas une seule de leurs inégalités, qui n'en découle avec une précision admirable , et qu'elle a souvent devancé les observations, en nous dévoilant la cause de plusieurs mouvemens singuliers,

entrevus par les astronomes, mais qui, vu leur complication et leur extrême lenteur , n'auraient pu être dëtermine's par l'observation seule , qu'après un grand nombre de siècles. Par son moyen, l'empirisme a été banni entièrement de l'Astronomie, qui, maintenant, est un grand problème de mécanique , dont les élémens du mouvement des astres , leurs figures et leurs masses sont les arbitraires, seules données indispensables que cette science doive tirer des observations. La plus profonde Géométrie a été nécessaire pour la solution de ce problème, et pour en déduire les théories des divers phénomènes que les cieux nous présentent. Je les ai rassemblées dans mon Traité de Mécanique Céleste : je me bornerai ici à exposer les principaux résultats de cet ouvrage, en indiquant la route que les géomètres ont suivie pour y parvenir , et en essayant d'en faire sentir les raisons , autant que cela se peut, sans le secours de l'analyse.

DU SYSTEME DU MONDE. i85

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