‹ Exposition du système du monde (volume 4)Chapitre 7 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du mouvement diurne du ciel.

Oi pendant une belle nuit, et dans un lieu dont l'horizon soit à découvert, on suit avec attention le spectacle du ciel ; on le voit changer à chaque instant. Les étoiles s'élèvent ou s'abaissent; quelques-unes commencent à se montrer vers l'orient , d'autres disparaissent vers l'occident; plusieurs, telles que l'étoile polaire et les étoiles de la grande Ourse, n'atteignent jamais l'horizon dans nos climats. Dans ces mouvemens divers, la position respective de tous ces astres reste la même : ils décrivent des cercles d'autant plus petits, qu'ils sont plus près d'un point que l'on conçoit immobile. Ainsi le ciel parait tourner sur deux points fixes nommés par cette rsison ^ pôles du monde; et dans ce mouvement, il emporte le .sj.stèxiie entier des astres. Le pôle élevé sur notre horizon, est le pôle boréal ou septentrioncd : le pôle opposé que l'on imagine au-dessous de l'horizon , se nomme pôle austral ou méridional.

Déjà plusieurs questions intéressantes se présentent à résoudi'e. Que deviennent pendant le jour, les astres que nous voyons durant la nuit? D'où viennent ceux qui commencent à paraître? Où vont ceux qui disparaissent? L'examen attentif des phénomènes, fournit des réponses simples à ces questions. Le matin, la lumière des étoiles s'affaiblit à mesure que l'aurore augmente : le soir, elles deviennent plus brillantes à mesure que le crépuscule diminue; ce n'est donc point parce

qu'elles cessent de luire, mais parce qu'elles sont efFacécs par la vive lumière des crépuscules et du soleil, que nous cessons de les apercevoir. L'heureuse invention du télescope nous a mis à portée de veriher cette explication, en nous faisant voir les étoiles, au moment même où le soleil est le plus élevé. Celles qui sont assez près du pôle, pour ne jamais atteindre l'horizon, sont constamment visd^les. Quant aux étoiles qui commencent à se montrer à l'orient, pour disparaître a l'occident; il est naturel de penser qu'elles continuent de décrire sous l'horizon, le cercle qu'elles ont commencé à parcourir au-dessus, et dont l'horizon nous cache la partie inférieure. Cette vérité devient sensible quand on s'avance vers le nord : les cercles des étoiles situées vers cette partie du monde, se dégagent de plus en plus de dessous l'horizon : ces étoiles cessent enfin de disparaître, tandis que d autres étoiles situées au midi, deviennent pour toujours invisibles. On obser^^e le contraire en avançant vers le midi : des étodes qm demeuraient constamment sur l'horizon, se lèvent et se couchent alternativement; et de nouvelles étoiles auparavant invisibles, commencent 1 paraître. La surface de la terre n'est donc pas ce qu'elle nous semble , un plan sur lequel la voûte céleste est appuyée. C'est une illusion que les premiers observateurs ne tardèrent pas à rectifier par des considérations analogues aux précédentes : ils reconnurent bientôt que le ciel enveloppe de tous côtés la terre, et que les étoiles y brillent sans cesse, en décrivant, chaque jour, leurs différens cercles. On verra dans la suite, f Astronomie souvent occupée à corriger de semblables illusions, et à reconnaître les objets réels dans leurs trompeuses appa-

rences.

Pour se former une idée précise du mouvement des astres, on conçoit parle centre de la terre et par les deux pôles du monde, un axe autour duquel tourne la sphère céleste . Le grand cercle perpendiculaire à cet axe, s'appelle équateicr : les petits cercles que les étodes décrivent parallèlement àl'équateur , en vertu de leur mouvement dmrne, se nomment parallèles. Le zénith d'un observateur, est le point du ciel que sa verticale va rencontrer : le nadir est le point directement opposé. Le méridien est le grand cercle qui passe par le zénith et par les pôles : il partage en deux également, l'arc décrit par les étoiles sur l'horizon; et lorsqu'elles l'atteignent , elles sont à leur plus grande ou à leur

plus petite hauteur. Enfin Vhorizon est le grand cercle perpendiculaire à la verticale, ou parallèle à la surface de l'eau stagnante dans le lieu de l'observateur.

La hauteur du pôle tient le milieu entre la plus grande et la plus petite hauteur des étoiles qui ne se couchent jamais , ce qui donne un moyen facile de la déterminer; or en s'avançant directement vers le p(Me, on le voit s'élever à fort peu près proportionnellement à l'espace parcouru; la surface de la terre est donc convexe, et sa figure est peu différente d'une sphère. La courbure du globe terrestre est sensible à la surface des mers : le navigateur, en approchant des côtes, aperçoit d'abord leurs points les plus élevés, et découvre ensuite successivement les parties inférieures que lui dérobait la convexité de la terre. C'est encore à raison de cette courbure, que le soleil, à son lever, dore le sommet des montagnes avant que d'éclairer les plaines.

DU SYSTÈME DU MOiNDE.

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