‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 2)Chapitre 23 sur 45 · IV. IV · texte numérisé non relu

IV. IV

En 1782, il existait déjà à Philadelphie un nombre considérable de paratonnerres. Sur &,800 maisons dont se composait la ville, on comptait au moins U00 paratonnerres. Tous les édifices publics en avaient été munis; un seul faisait exception : c'était l'hôtel de l'ambassade de France. Le 27 mars 1782, un orage éclata sur la ville et tomba précisément sur cet hôtel. Il y occasionna divers ravages et frappa un officier français, qui mourut au bout de quelques jours. On ne manqua pis après cet événement de placer un paratonnerre sur l'hôtel, qui depuis fut épargné par la foudre.

Le 12 juillet 1770, à Philadelphie, la foudre tomba tout à la fois sur un petit navire dépourvu de paratonnerre, sur déni maisons qui étaient dans le même cas, et sur une troisième maison défendue par un de ces appareils. Le navire et les deux premières maisons furent gravement endommagées. Quant à la maison armée d'un paratonnerre, et qui avait été également atteinte par la foudre, elle n'offrit aucun dégât : seulement, la tige du paratonnerre avait été fondue sur une assez grande longueur.

En 1787, toujours à Philadelphie, la maison de Franklin fut frappée par le feu du ciel, qui n'y occasionna pourtant aucun dommage : comme dans le cas précédent, la pointe du paratonnerre avait été fondue « de sorte, dit Franklin dans une » lettre à M. Landriani, qu'avec le temps l'invention a été de » quelque utilité pour l'inventeur (1). »

(I) « J'ai reçu, écrit Franklin à M. Landriani, l' excellente dissertation » sur Y Utilité des conducteurs électriques , que vous avez eu la bonté » de m'envoyer, et je l'ai lue avec beaucoup de plaisir. Recevez- en mes w sincères remercîments.

n Je trouve, à mon retour en ce pays, que le nombre des conducteurs >» y est fort augmenté , l'utilité en ayant été démontrée par plusieurs » épreuves de leur efficacité à préserver les bâtiments de la foudre. Entre » autres exemples, ma maison fut, un jour, frappée d'un violent coup » de tonnerre ; les voisins, l'en étant aperçus , accoururent sur-le-

LB PABÀTONlfllAI. 243

La belle tour de la cathédrale de la ville de Sienne, l'un des

ochers les plus beaux et les plus élevésde l'Italie, était souvent

ndroyée, et chaque fois endommagée gravement On se décida,

1 1776, à la mettre sous la sauvegarde d'un paratonnerre. Les

ibhants de Sienne ne virent pas sans horreur ni sans effroi

! dresser sur la tour de leur cathédrale ce qu'ils appelaient la

iguette hérétique. Mais le 18 avril 1777, la foudre se char-

îa de réconcilier ces bons catholiques avec la découverte de

iscience profane. Elle vint frapper la même tour qui avaitété

. souvent endommagée par le feu du ciel ; mais elle descendit

îoffensive le long du conducteur, sans causer le moindre dé-

ât, et, sans même altérer les ornements dorés près desquels

lie passait, elle se perdit dans le conduit souterrain qui la fai-

ait aboutir à un canal rempli d'eau.

Le clocher de Saint-Marc, à Venise, avait été foudroyé in grand nombre de fois, et les dégâts occasionnés à ce beau monument avaient entraîné à beaucoup de dépenses la république vénitienne. Ce clocher était exposé plus que tout autre aux coups de foudre, à cause de sa grande élévation, de sa situation isolée et de la grande quantité de fer qui entrait dans sa construction; aussi dans un intervalle de quatre siècles avait-il éprouvé neuf coups de tonnerre dont les effets avaient été plus ou moins désastreux. Le premier et le second furent si terribles, que le feu du ciel renversa en partie le clocher ; par

)i champ, pour y porter du secours, au cas que le feu y eût pris ; mais il » n'y avait eu aucun dommage, et ils trouvèrent seulement la famille » fort effrayée de la violence de l'explosion.

» En faisant, l'année dernière, quelque augmentation au bâtiment, on » fut obligé d'enlever le conducteur ; j'ai trouvé, en l'examinant, que la » pointe de cuivre qui avait, quand on l'a placée, neuf pouces de long » et environ un tiers de pouce de diamètre dans sa partie la plus * épaisse, avait été presque entièrement fondue et qu'il en était resté » fort peu attaché à la verge de fer : de sorte qu'avec le temps Yinven- » tion a été de quelque utilité à l'inventeur, et a ajouté cet avantage au » plaisir d'avoir été utile aux autres. »

le même coup, le clocher des frères mineurs conventuels A/ frappé au même instant, et sept cloches furent fondues. Dam le septième coup de foudre, le 23 avril 1745, il y eut sur le j clocher de Saint-Marc trente-sept fractures qui menaçaient la tour d'une ruine entière ; les réparations coûtèrent plus de huit mille ducats.

Rien n'était plus nécessaire, on le voit, que d'élever un paratonnerre sur ce clocher; c'est ce que l'on fit au mois de mai 1776 ; depuis cette époque, il n'a plus été atteint par le feu du cieL

Le clocher des Cordeliers de San-Francisco délia Vigna, l'un des plus beaux de Venise, et qui, s'élevant en pyramide à une grande hauteur, servait autrefois de signal aux vaisseam prêts à entrer dans le port, fut frappé et presque entièrement renversé par la foudre en 1777. On le rebâtit bientôt, et le sénat de Venise ordonna qu'il fût armé d'un paratonnerre.

A la fin du mois de mai 1780, comme on travaillait encore h la construction de cet appareil, la foudre tomba de nouveau sur le clocher, qui n'était pas encore muni de sa tige préservatrice ; mais dès que la matière fulminante fut parvenue a l'extrémité supérieure de ce conducteur partiel, elle fut transmise, sans occasionner le moindre dommage, et se perdu ensuite tranquillement dans le sol.

En 1781, ce clocher fut encore atteint par la foudre, mais cette fois son partonnerre était complètement installé ; aussi ne reçut-il aucun dommage. Une légère marque à la croix, quelques empreintes noires que l'on trouva sur la chaîne du paratonnerre, attestèrent la transmission inoffensive du fluide fiiiminant.

D'après un mémoire de M. Harris, savant anglais qui sYsl occupé avec infiniment de soin de la conslruction des paratonnerres des navires, il y a dans le Devonshire six églises à "lorhers très élevés, dont cinq ne sont pas munis de paraton-

u rAfciTùssniE. 2W

m; dans on îalerralJe de qneiques années, toutes les six fctf frappées de h farine, cl la seule qui n'ait subi aucun Ange de Faction do météore, est aussi b seule qui soit Éi'm paratonnerre.

d'après les obsenaiious et sous la garantie a raconté on cas fort curieux de l'efficacité1 du

ni Carindne, dans les domaines du comte Orsiui de Ro- ;, chamhfflan de l'empereur, il existait sur une monnue église, qui axait été à plusieurs reprises frappée du Cet accident, fréquemment renouvelé, avait amené tée désastres que, durant l'été, on s'abstenait d'y célébrer ■mce divin. En 1730, cette église fut. selon l'expression EMihonsz « tout anéantie par la foudre. » On la rebâtit à l mais elle subissait trois ou quatre fois par an, comme le passé, les périlleuses visites de l'électricité météole, Dans le cours d'un seul orage, le tonnerre tomba prëdix fois sur le clocher; et en 1778 il fut foudroyé h [reprises différentes: la cinquième fois, l'atteinte fut si ente, que craignant pour la solidité de l'édifice, le comte ini se décida à le faire démolir. On le releva de nouveau, s cette fois en le munissant d'un paratonnerre. Depuis e époque jusqu'en 1783, date des observations de Ilichlerg, aucun accident ne vint compromettre la solidité ce bâtiment Une seule fois le tonnerre vint le frapper, is l'électricité s'écoula le long de la route qu'on lui avait sée, et ne fondit pas même la pointe du conducteur (1). /abbé Toaldoestle premier qui, en 1782, établit des paranerres en Autriche et en Bavière. A peine les conducteurs ient-ils placés sur le château de Xymphcnbourg ûppartcit à l'Électeur de Bavière, que ce prince y observa le prear, dans un orage, des feux sur les pointes de deux de ces

I) Bertholon, De Y électricité Ces météores^ tome l, va$e 20l« iv. «i\%

instruments. I! fit aussitôt appeler pour témoin toute la cour, dans laquelle il y avait, comme les appelait l'Électeur, des hérétiques en électricité, lesquels furent convertis à la seule inspection de ce phénomène.

Un autre fait curieux fut observé à Nymphenbourg. Pendant un orage, on vit s'avancer vers le château des nuées orageuses qui lançaient de terribles éclairs. Mais dès que ces nuées avaient passé au-dessus des paratonnerres, elles devenaient toutes « comme des charbons éteints; aucune n'éclairait plus, » ayant fait passer tout leur feu dans les pointes. » Beaucoup de personnes furent témoins de ce fait, ainsi que l'abbé Toaldo qui Ta rapporté (1).

Dans le mémoire de l'abbé Bertholon intitulé : Nouvelles preuves de V efficacité des paratonnerres, on lit que, durant une tempête terrible, les paratonnerres de Londres, et principalement les pointes de ceux qui se trouvaient sur le palais de la reine, se montrèrent lumineux. « On voyait, dit Bertholon, » le fluide électrique se jouer et voltiger de la plus belle ma- » nière. » Le fluide fut si bien transmis, qu'il n'y eut en ce moment, malgré la violence de l'orage, aucune maison de Londres qui en souffrît le moindre dégât (2).

Un autre exemple de l'utilité des paratonnerres fut constaté à Glogau, dans la Silésie, en 1782. Le 8 mai, vers huit heures du soir, un orage venu de l'ouest vint fondre non loin du magasin à poudre établi dans Galinaburg. Un éclair éblouissant parcourut le ciel, accompagné d'un effroyable éclat de tonnerre, le tout avec tant de violence, que la sentinelle, frappée de stupeur, perdit pour quelques moments l'usage de ses sens. Quelques ouvriers employés aux tra-

(1) Bertholon, Dô V électricité des météores, tome I, page 198.

(2) Souve'les prouves de l'efficacité des paratonnerres , in-*, are gures, pages 18 et 19. c

avaux de la forteresse, 5 deux cent cinquante pas des magains, virent la foudre sortir du nuage et frapper la pointe du ondutteur, sans lequel évidemment tous les bâtiments auraient auté (1).

c La grande colonne de Londres nommée le Monument, dit Vrago dans sa Notice sur le tonnerre, fut élevée dans Tannée 1677, par Christophe Wren, en commémoration du grand incenlie de cette capitale. Elle a environ soixante-deux mètres de Hauteur, à compter du pavé de Fish-street. Sa partie supérieure se termine par un large bassin de métal, rempli d'un grand nombre de bandes également métalliques, plus ou moins contournées, dirigées dans divers sens, et qui, étant destinées à figurer des flammes, sont toutes terminées en pointes très aiguës. Du bassin jusqu'à la galerie descendent verticalement quatre fortes barres de fer, qui servent d'appui aux marches de l'escalier de même métal, aboutissant au bassin. Une des quatre barres (elle n'a pas moins, à sa base, de treize centimètres de large, sur vingt-cinq millimètres d'épaisseur) est en communication avec les mains courantes en fer de l'escalier, lesquelles descendent jusqu'au sol. Tout le monde retrouvera ainsi les pointes multiples de certains paratonnerres et le conducteur. Je n'ai pas appris que, dans les cent soixante années qui se sont écoulées depuis 4 677, un seul coup de foudre ait frappé le Monument.

3 Les dégâts faits par la foudre dans la tour de Strasbourg étaient, chaque année, l'occasion d'une dépense considérable. Depuis l'époque assez récente où la flèche a été armée d'un

(1) C'est ce qui était arrivé pour une énorme quantité de poudre appartenant à la république de Venise, et qui se trouvait déposée sous les voûtes de l'église de Saint-Nazaire, à Brescia. Au mois d'août 1767, la tour principale de cette église fut frappée de la foudre ; le fluide électrique descendit dans les souterrains, et deux cent sept mille six cents livres de poudre firent explosion. Un sixième de la belle cité de Brescia fut détruit par cette catastrophe, qui entraîna la mort d'environ trois mille personnes. Un événement de môme nature, amené par l'absence de précautions, fit sauter, à Sumatra (1782), les bâtiments d'un entrepôt où étaient enfermés quatre cents barils de poudre. Enfin , à Luxembourg, en 1807, l'explosion d'un magasin où la foudre mit le feu à douze tonneaux de munitions d'artillerie fit écrouler toute la partie inférieure de la ville.

2/iS DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

paratonnerre, les dégâts sont nuls, et la dépense a disparu du budget municipal (*). »

Le 5 septembre 1779, un violent orage ayant éclaté à Manheim, la foudre tomba sur une cheminée de la Comédie allemande et la mit en pièces. Elle frappa en même temps une maison située à peu de distance : c'était celle du comte de Riaucour, ambassadeur de Saxe à Paris; cette dernière était munie depuis deux ans d'un paratonnerre, qui la préserva de tout dégât, car la foudre suivit parfaitement la chaîne conductrice. Plusieurs officiers et autres personnes virent la flamme électrique tomber sur le paratonnerre et de là sur le sol, où elle souleva un tourbillon de sable qui couvrît le conducteur à son entrée en terre. Ce paratonnerre avait été élevé par l'abbé Hemmerde l'Académie deManheim, garde et démonstrateur de physique du cabinet de l'Électeur.

c Informé de ce fait, écrit l'abbé Hemmer, je me rendis le 4 6 du même mois, avec une bonne lunette, devant la maison de M. le comte de Riaucour, où, ayant bien examiné les pointes des conducteurs (chacun en a cinq), j'en ai découvert une qui était fort endommagée, et c'était précisément sur le conducteur sur lequel on assurait avoir vu tomber la foudre. J'ai fait monter un couvreur pour dévisser cette pointe, qui était la perpendiculaire, les quatre autres étant horizontales ; et cet homme me l'ayant apportée en présence de plusieurs personnes, nous l'avons trouvée fendue vers le haut, et très fortement courbée et tortillée à la longueur de deux pouces et demi. A l'endroit où cette courbure finit, elle a deux lignes et demie de diamètre. J'en ai fait visser une autre à sa place, et je conserve la première dans le cabinet de physique de S. A. S. E. (2). »

Le paratonnerre que l'abbé Bertholon avait élevé sur l'église de Saint- Just à Lyon donna une preuve de l'efficacité de ces instruments, mémo quand ils sont privés de leur pointe. Le

(1) Arago, Notices scientifiques y tome 1, page 386.

(2) Sigaud de Lafond, Précis historique et expérimental sur Vélec- 'ricité, page 259.

LE PARATONNERRE. 2'j9

r de voir la foudre tomber sur ce paratonnerre, afin de

îtrer à tous les yeux la manifestation de Futilité de cet

areil, avait engagé Bertliolon 5 différer assez longtemps

le compléter en l'armant de sa pointe ; il espérait que dans

état la foudre, qui l'avait auparavant assez souvent visité,

irrait y revenir. Le 3 septembre 17S0, après un orage

compagne de vent, de pluie et de fréquents tonnerres, un

ind nombre de personnes virent un trait de feu serpentant

air frapper l'extrémité du paratonnerre désarmé de sa pointe,

ostrument le conduisit en silence jusque dans la terre, sans

l'il occasionnât le moindre dommage à l'édifice. Ainsi la phy-

jue fit dans ce cas l'épreuve que tous les gouvernements près-

ivent pour s'assurer d'avance de la résistance des bonches

feu et de celle des machines à vapeur. La pointe fut placée

iisuite sur la tige du paratonnerre pour compléter l'instru-

îent (1).

Le château royal de Turin, la Valentina qui avait souvent :té frappé du tonnerre, s'en trouva entièrement à l'abri dès ju'il fut armé d'un paratonnerre par Beccaria.

En 1783, la foudre fit beaucoup de ravages dans toute l'Italie ; mais à Gênes, où l'on avait élevé un grand nombre de paratonnerres, elle ne fit presque aucun mal, et selon la remarque de Landriani, elle ne frappa que deux ou trois maisons assez éloignées de ces conducteurs.

Arnolsmi a remarqué que la foudre ne tomba point dans l'été de 1783, à Lucques, oùil avait introduit le premier l'usage des paratonnerres, bien qu'elle fît de grands ravages, pendant le même temps, dans toute l'Italie. Aux environs de Bologne, elle tomba très souvent et tua quatre personnes. Néanmoins elle respecta le palais de Saint-Marin et deux édifices de Lucques armés de conducteurs, qui, avant cette époque, avaient souvent été foudrovés.

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(I) Bertholon, De Vélcclricilé des metvorcs, lorno 1, p:»^*» CJ0<».

Schinttz, secrétaire de l'Académie de Zurich, ville laquelle on avait élevé un grand nombre de paratonnerres, inégalement observé que, malgré la très grande quantité d'oragfl^ qui éclatèrent en Suisse, en 1783, aucune maison ne souffrit* le plus petit accident. lm

La maison de campagne du comte de Mniszeck, à DernbHn, *avait été ravagée par la foudre pendant plusieurs années, ce *■ qui détermina à y élever un appareil préservateur, dès lors h m foudre put y tomber cinq fois sans occasionner aucun eflbt • fâcheux.

L'abbé Hemmer écrivait en 1783, à Landriani, quel'égUn M luthérienne de Bornheim et celle de Nierstein, qui avaient été * très souvent fort endommagées par le feu du ciel, en furent * entièrement préservées, même dans les orages les plus ter- 9 ribles, dès qu'on les eut munies de paratonnerres. ]

D'après M. Greppi (1), les maisons de Hambourg n'épnra-» ; vèrent plus aucun dégât de la foudre depuis que ces appareils y furent établis (2).

(1) Dissertation de M. Landriani, 1784, p. 283etsuiv.

(2) On se fait difficilement l'idée de la quantité de fluide électrique qu'un paratonnerre peut neutraliser. Pour donner un résultat précis sur ce point et montrer par une évaluation positive l'efficacité de l'appareil de Franklin, nous citerons un curieux passage de la Notice d'Arago sur le tonnerre , où cette question est traitée avec précision.

« La matière fulminante que les paratonnerres en pointe soutirent aux nuées est-elle considérable? dit Ara go. Peut-il résulter de cette action un affaiblissement sensible des orages ? Là où il y aura beaucoup de paratonnerres, les coups de foudre seront-ils moins à redouter? Des expériences de Beccaria m'ont fourni les éléments nécessaires pour éclaircir, je crois , tous ces doutes.

i> Cet habile physicien avait dressé à Turin, sur deux points du palais de Valentino fort éloignés l'un de l'autre, deux gros (ils métalliques rigides, maintenus en place à l'aide de corps de certaines natures que les physiciens appellent corps isolants. Chacun de ces fils était peu éloigné d'un autre fil métallique; mais celui-ci, au lieu d'être isolé, descendait le long du mur du bâtiment jusqu'au sol, où il s'enfonçait assez profondément. Le premier fil, comme on voit, était le paratoo-

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(Àrago, Kotices scientifiques, t. I, p 338-340.;

jusque dans la mer. Daus la réunion de ces tringles, il hasard une petite interruption de trois à quatre lignes. Ce1 ayant été surpris, dans sa route, par un orage consi< tout l'équipage put observer pendant trois heures Vi du feu électrique dans la portion interrompue du condi

Le naturaliste Forster, dans son voyage autour du eut l'occasion de reconnaître l'efficacité des paratonnerre!'! les navires. Les îles de la mer du Sud sont exposées à de lents orages qui éclatent en toute saison. Pendant queFc naviguait dans ces parages, il faisait souvent attacher les du conducteur du paratonnerre pour prévenir les effets foudre. Le bâtiment se trouvant un jour dans l'île d'i on envoya un matelot attacher cette chaîne au grand mât homme eut à peine rempli son office, qu'un autre matelot, nettoyait la chaîne avant de la fixer près des haubans, une secousse électrique, et l'on vit le feu du ciel d« le long de ce conducteur, sans occasionner le moindre actideoL-

Yoilà sans nul doute un témoignage décisif de l'efficacité d« paratonnerres sur les navires. La foudre est transmise par ta chaîne conductrice ; on la voit descendre du ciel dans la mer: elle avertit de sa présence, par une secousse électrique, le matelot qui allait fixer le conducteur, et aucun accident n'arrive; si la chaîne n'eût pas été placée à temps le long du mât, le vaisseau eût été foudroyé.

Le capitaine Cook a rapporté une autre observation qui est tout aussi décisive sous ce rapport :

« Nous éprouvâmes, dit le célèbre navigateur dans le récit de l'un de ses voyages autour du monde, sur les neuf heures, une horrible tempête, accompagnée d'éclairs et de pluie, pendant laquelle un navire hollandais, dit Y Indien occidental, eut son grand mât brisé et emporté de dessus le tillac; le grand perroquet et le grand hunier furent mis en pièces. Il y avait une espèce de dard en fuseau de fer au sommet du grand perro-

le rm.TOVE&sc. 2jZ

qui dirigea probablement le roup. ce lai^srav t *nau

ic des nôlrts que dv la jcru-** de û«"j:. * ûb»**. ei i. * a

apparence que nous é'jriuc» *■ l-i b ut*.r..* M»rt. ^iîs i.nr

e électrique que no;is atioc? «liât !■•'■«■ •;■ i.i.:.; n» lo? •;:>-

f, et qui conduisit la foudre s:r 1rs cV'V JWîi;.- (?:.tnrr.« lulï

5 échappé au ravage de !a fvudr*-. l'his- *,jiM»L";miï*> iru*

>sion semblable à un trembl» lv-l: de ttrre. #1 la rnaine

t en même temps comme uce tr*!:;*1? et i< u. L* m-hum-I* .

péc à la charger, éproma ul? s-' < ous**.- c-jj i:n in uulut

mousquet d'entre les main*. •-! brâa e. '.-:::- \i has-uetit. J?

peux donc trop recommander «!•■ piviî.e* c- Laine» pour

pie vaisseau; quelle que st-it ba ù*.M:natiot. ;"*■«*«■ ou* ie

heureux destin du Hollandais si-nira. t Lt'i\ ui.: liront cette

ition, d'avertissement pour ce* poÎLî*-* de îrr qu'i* iae

haut du mât. »

On a fait remarquer judicieu-eu;enl. a pro;** d«. <* n*. •: an

)itainc Cook, que le conducteur de y m naiir*» u'jna»;: çcuii

icme de pouce de diamètre, «.'tait trr-;» \\ir.n*; jiotj: 0- itb «•*:

r il aurait dû, pour jouir de toute son eihVant»'-. préVu!»-! su

oins un pouce d'épaisseur. Il paraît aussi qu'- la \**m\<: qui

)partcnait originairement à la chaîne couducirir*'' ai ah *'n*

Dlée, et que celle qui fut atteinte par la foudre éiait d'au tra-

ail inférieur et. moins aiguë. Sans ce doubkr défaut d'uu'-

»ointe obtuse et d'une chaîne trop mine*', le coup de foudre

mrait été entièrement prévenu.

Au mois de juin 1813, dans le port de la Jamaîqu". U- iaù>~ seau le Norgc et un navire marchand furent at1eim> par la fondre et gravement endommagés ; ils n'étaient muiite ni l'uu ni l'autre de paratonnerres. Les autres bâtiment *■. eu U'-s grand nombre, qui remplissaient le port, furent n.'Sfjectés. ; \\% étaient tous munis de leurs paratonnerres.

En janvier 1816, la foudre tomba dans le port de Pi}mouth. Le vaisseau Mille fordîut le seul frappée! endormii*^. Il était aussi le seul qui, dans ce moment, ne w tiouOt joint muni de son paratonnerre.

my. Vi

Trois coups de foudre frappèrent, en janvier 1830, dans le canal de Cor fou, le paratonnerre du vaisseau anglais FEtna^ sans lui causer le moindre dommage. Le Madagascar et te Mosqueto, vaisseaux sans paratonnerres, placés non loin d^ Y Etna, furent atteints et fort maltraités par ce météore.

Après des faits si nombreux, et dont on pourrait étendre presque indéfiniment la liste, le lecteur demeurera suffisamment convaincu de l'efficacité des paratonnerres, et trouvera sans doute bien justifié l'hommage que la poésie a rendu à cette belle découverte scientifique, quand elle a dit, par l'organe de l'auteur des Mois, en parlant de la tige électrique :

Et par elle , à nos pieds , conduit sans violence , Le tonnerre captif vient mourir en silence.

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