NOIES
» Première partie. — Ou dissout 100 grains de nitrate d’argent cristallisé dans G onces d’eau pure. On lave avec cette solution
!une feuille de papier à écrire sur un de ses côtés, que l’on marque, pour pouvoir le reconnaître ensuite. On le l'ait sécher doucement. Alors on le plonge pendant deux minutes dans une dissolution faite ainsi :
Kau . 1 pinte.
Iodure de potassium. . . . 300 grains.
» Après cela, on lave le papier dans l’eau, puis on le sèche ; quoique peu sensible à la lumière, on a soin de le tenir enfermé dans un portefeuille. Avec cette précaution, le papier peut se
1 conserver pendant un temps indéfini. Dans cet état de préparation, je l'appelle papier ioduré , puisqu’il est recouvert d’une couche d’iodure d’argent.
ï Deuxième partie. — On prend une feuille de papier ioduré , et on le lave avec une dissolution d’argent ainsi préparée :
» A. On dissout 100 grains de nitrate d’argent dans i onces d’eau pure.
» On y ajoute la sixième partie de son volume d’acide acétique un peu fort.
» H. Solution saturée d’acide gallique cristallisé dans l’eau froide. La quantité ainsi dissoute est assez faible.
» Les solutions A et I» étant ainsi préparées, on les ajoute l’une à l’autre à volumes égaux, mais en petite quantité a la lois, parce que leur mélange se décompose en peu de temps. .1 appelle ce mélange le gallo-nitrate d'argent.
» C’est avec ce gallo-nitrate d'argent qu'il faut laver le papier ioduré, et pour cela on se sert de la lumière d une bougie. On laisse le papier ainsi humecté pendant une demi-minute ; alors on le plonge dans l’eau ; on le sèche avec le papier brouillard et en le tenant avec précaution devant le feu.
» C’est là la préparation du papier calolypc.
» On garde ce papier enfermé dans une presse jusqu au moment où l'on veut s’en servir. Cependant, si I on s en sert tout de suite, on peut s'épargner la peine de le secher, puisqu il réussit également bien lorsqu'il est un peu humide.
» i saye du papier. — On le met au loyer de la chambre obscure, qu’on dirige vers l'objet qu on veut peindre.
» Pour donner une idée du temps nécessaire, je supposerai la lentille objective de l pouce de diamètre et de 15 pouces de loyer, et que l’on dirige l’instrument sur la façade d’un batiment éclairé par le soleil ; alors une minute me parait le temps le plus convenable pour la durée de l’action lumineuse; ensuite on retire le papier et on l’examine à la lumière d’une bougie. On n’y verra probablement rien, mais l’image y existe dans un état invisible. Pour la rendre visible, voici ce qu’il faut faire : il faut laver le papier encore une fois avec le r ja.llo-n.itra te d'argent , et puis le chauffer doucement devant le feu : on verra alors sortir, comme par enchantement, tous les détails du tableau. Une ou deux minutes suffisent ordinairement pour faire acquérir au tableau sa plus grande perfection. II faut alors le fixer d’une manière permanente.
» Fixation du tableau. — Après avoir lavé le tableau, on l’humecte avec une solution ainsi faite :
Eau . 8 à 10 onces.
Bromure de potassium. . . 100 grains.
)> Après une ou deux minutes, on doit le laver encore et le sécher. Les tableaux ainsi fixés offrent le grand avantage de rester transparents ; c’est ce qu’il faut pour pouvoir en tirer de belles copies. Pour faire la copie, on peut se servir d’une deuxième feuille de papier calolype , qu’on presse fortement contre le tableau, et qu’on expose ainsi à la lumière; mais il vaut mieux se servir du papier photographique ordinaire. A la vérité, les copies alors prennent plus de temps ; mais, en revanche, elles sont d’une apparence plus agréable. Le tableau fournit ordinairement plusieurs bonnes copies, et alors il s’affaiblit peu à peu et les copies ne sont plus bonnes. Mais la propriété la plus extraordinaire qu’ont les tableaux calotypes, c’est qu’on peut les rajeunir et leur donner leur beauté primitive. Pour cela, on n’a qu’à les laver encore avec le gallo-nitrate d'argent et les chauffer doucement. Les ombres du tableau noircissent alors beaucoup sans causer aux parties claires aucun changement. 11 faut après cela renouveler la fixation du tableau, et alors on peut en tirer une deuxième série de bonnes copies.
» Comme on ne trouve pas chez tous les pharmaciens de l’a-
eide galliquc cristallisé, on peut y substituer l’extrait de la noix de galle ( linclure vf galls).
» La manière dont il faut se servir du papier calolype pour obtenir des tableaux photographiques positifs par une seule opération fera le sujet d’une deuxième lettre.
» J’ai cru devoir ajouter à ma description des échantillons de papier calotype préparé, parce que les moindres différences chimiques ont de l’influence sur les résultats. » ( Comptes rendus de r Académie des sciences de Paris , 7 juin \ 841.)