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PROCÉDÉ DE PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER DE M. ÉDOUARD BALDUS

PREMIÈRE OPÉRATION. — PRÉPARATION DU PAPIER POUR LES ÉPREUVES NÉGATIVES.

§ I. — Papier pour le paysage , les monuments , les statues , etc. j

Prenez d’abord :

Eau distillée . 500 grammes.

Gélatine blanche . 10 —

Faites fondre la gélatine au bain-marie dans un vase de porcelaine, et, quand elle est entièrement fondue, agitez dans le liquide 5 grammes d’iodure de potassium, et agitez avec une baguette de verre pour que le mélange soit complet. Le tout étant bien mélangé, ajoutez encore peu à peu, et en agitant toujours avec la baguette, 25 grammes de l’acétonilrate dont on trouvera la composition page 374. Le liquide prend alors une teinte jaunâtre ; on le laisse encore à la chaleur pendant environ dix minutes, en continuant de l’agiter, et cette première préparation faite, on peut s’en servir.

A cet effet, on prend une cuvette qu’on a soin de tenir chaude au bain-marie , et l’on y verse le liquide. On prend alors une feuille de papier parles coins; on pose d’abord le milieu (1), et l’on abaisse successivement les deux angles, afin de chasser les bulles d’air qui pourraient se former, et qui empêcheraient l’adhérence du liquide au papier. La feuille étant ainsi placée, on la laisse jusqu’à ce qu’elle présente une surface bien plane, ce

(1) La feuille pourrait même être immergée des deux côtés; en cc cas elle se conserverait plus longtemps quand on veut opérer à sec.

qui exige ordinairement de six à dix minutes, suivant l’épaisseur clu papier.

On la relève alors, on la suspend pour la faire sécher, et on l’attache par un angle sur une corde tendue ; pour qu’il ne reste pas un excédant de liquide dans l’angle opposé à celui qui tient à la corde, on prend un petit morceau de papier buvard qu’on fait adhérer à cet angle, et qui facilite l’écoulement des dernières gouttes.

Quand les papiers ainsi préparés sont bien secs, on les trempe des deux côtés dans une dissolution de :

Eau distillée . 100 grammes.

Iodure de potassium. ... 1 —

11 faut tremper d’abord le côté qui a reçu la première préparation, retourner le papier, éviter les bulles d’air, et laisser la feuille de six à huit minutes, suivant la température, la sécher de nouveau, et placer les feuilles sèches dans un carton : elles se conservent bonnes pendant très longtemps.

Le restant de la liqueur gélatinée peut servir de nouveau en la chauffant et en la filtrant.

Cette première préparation laisse dans le papier un couche de gélatine complètement insoluble ; elle en resserre les pores, et forme en même temps à la surface une autre couche mince de gélatine, chargée d’iodure d’argent non précipité, et déjà un peu sensible à la lumière. Le second passage à l’iodure de potassium augmente la sensibilité du papier. Le côté du papier qui a reçu la première préparation prend une légère teinte jaune.

§ II. — Papier négatif pour portraits.

Pour les portraits, il faut nécessairement choisir le papier le plus beau et le plus uni, encollé à l’amidon.

On prépare la liqueur avec :

Eau distillée . 100 grammes.

Hydriodate d’ammoniaque . 1 —

Hydrobromate d’ammoniaque. ... 1 décigramme.

37 h DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

On immerge le papier entièrement dans le liquide; on le laisse de cinq à dix minutes, suivant la température et l’épaisseur, puis on le relève pour le taire sécher.

Il faut que l’hydriodate d’ammoniaque soit blanc ou très légèrement jaunâtre quand on l’emploie. Lorsqu’il est plus coloré, il contient un excès d’iode, et l’opération est bien ralentie.

Avec ce procédé bien appliqué, on obtient presque la même vitesse que sur la plaque. Ces deux sortes de préparations de papier peuvent se faire au jour, en évitant cependant une trop grande clarté.

Les opérations qui vont suivre s’appliquent de la même manière aux papiers préparés par les deux moyens dont nous venons de parler.

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