‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 48 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Histoire de la découverte de la planète Neptune.

L'observation attentive du ciel fait recoonaitre l'existence de deux sortes d'astres : les uns, en multitude ionombrable, sont invariablement fixés k la voûte céleste et conservent entre eux des relations constantes de position, ce sont les étoiles ; les autres, en très-petit nombre^ se montrent toujours errants dans le ciel, ce sont les planètes. Le déplacement n'est pas le seul moyen qui permette de distinguer les planètes des étoiles; en général, les planètes se reconnaissent à une lumière, quelquefois moins vive, mais tranquille et non vacillante ; elles ne scintillent pas comme les étoiles; enfin à l'aide des instruments, on leur reconnaît un disque ou un diamètre sensible, tandis que les étoiles ne se présentent dans nos lunettes que comme des points sans dimension appréciable. On compte aujourd'hui environ cinquante planètes. Cinq ont été connues de toute antiquité, ce sont Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les autres ne peuvent s'apercevoir qu'à l'aide du télescope, aussi leur découverte*cst-eIle postérieure à l'époque de la construction et du perfectionnement des instruments d'oplique. Lorsque William Herschel eut construit, à la fin du xviii* siècle, ses gigantesques télescopes, il put pénétrer dans l'espace à des profondeurs jusque-là inaccessibles aux yeux des hommes; la première découverte importante qu'il réalisa pour ce moyen fut celle de la planète Uranus.

Le 13 mars 1781, iïerschcl étudiait les étoiles des Gé-

PLANÈTE iVKI'TlINK. SOI

V. lorsqu'il remarqua que l'une des éloilcs ilc iillu ODStellaliun, moins brillante que ses voisines, paraissait ■un diamùlre Beusible. Deux jours après l'astre avait bangé de place. Jler&chel ne s'arrCInpas d'abord à l'idée ge e.6l astre nouveau pourrait être une planète ; il le prit intplemenl pour une comète, et il l'annonça sous ce litre tu asironotncs. On sait que l'orbile que les combles AéiventL'sten général une jiarabole, tandis que les planistes ircourent ime ellipse presque circulaire dans leur révoition auti'ur du soleil. Après quelques semaines d'obserilion on se mil à calculer l'orbite suivie par la prétendue «mète ; mais l'uslre s'écartait rapidement de chaque pa- ILbole f> laquelle on prélvodatt l'assujettir. Enfin, quelques mi après, un Français, amateur d'astronomie, le pr^sl- BDldcSaron, reconnut le premier que le nouvel astre iail situé Lien au delà de Saturne, et que sou orbite était ■nsiblcmcnt circulaire. Dés lors il n'y avait pas h bésiler, e n'était pai nne comète, c'était bien réellemeut une plaitl« circulant autour du soleil h une distance à peu près^ laoble du raj'on do l'orbu de Saturne.

Ués que l'existence de la nouvelle planète fut bien eODsUtée, on s'occupa de déterminer avec précision les Uémenls de son orbite. Avec les moyens dont l'aslronolie dispose de dos jours, l'orbite d'Uranus aurait é(6 ealcalét! quelques jours après sa découverte et avec trés- [MU d'erreur. Mais les niélLodes mathématiques étaient kûa de permettre «ncore de procéder avec autant de srt- :té et de promptitude. Ce ne Tut qu'un an plus lard que LaUnde put lu calculer au moyen d'une méthode dont il était l'auteur.

Cependant l'observation de la marche d'Uranus monlia bienlûl que cet astre était loin de suivre l'orbite assi(;née par Lolande. On chercha donc it corriger les erreurs introduites dans les calculs de Lalande en tenant compte des

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actions que l'on désigne sous le nom de pertwbatîom plênétaîres. Les lois de Kepler permetlent de fixer d'aTance l'orbite d'un astre quand on a déterminé, un petit nombre de fois, sa position dans le ciel. Cependant les lois de Kepler ne sont pas exactes d'une manière absolue; elles ne le seraient que si le soleil agissait seul sur les planètes. Or, la gravitation est universelle, c'est-à-dire que chaque planète est constamment écartée de la route que lui tracent les lois de Kepler, par les attractions qu'exercent sur elle toutes les autres planètes. Ces écarts constituent ce que les astronomes désignent sous le nom de perturbation planétaires. Leur petitesse fait qu'elles ne deviennent sensibles que par des mesures très-délicates, mais les perfectionnements des moyens d'observation les ont rendues, depuis Kepler, très-facilemenl appréciables. Dès les premiers temps de la découverte d'Uranus, on reconnut l'influence qu'exerçaient sur cet aslre les perturbations de Saturne et de Jupiter, et grâce aux progrès de la mécanique des corps célestes, créée par Newton, grâce aux travaux de ses successeurs, Euler, Clairault, d'Alembert, Lagrange et Laplace, on put calculer les mouvements dXranus, en ayant égard non-seulement à Taction prépondérante du soleil, mais encore aux influences perturbatrices des autres planètes. On put ainsi construire Véphémériit d'Uranus, c'est-à-dire l'indication des positions successives qu'il devait occuper dans le ciel. L'Académie des sciences proposa cette question pour sujet de prix en 1790. Delambre, appliquant les théories de Laplace au calcul de Porbite d'Uranus, construisit les tables de cette planète. Mais l'inexactitude des tables de Delambre ne tarda pas à être démontrée par l'observation directe, et il fallut en construire de nouvelles. Ce travail fut exécuté en iSâi par Bouvard.

En dépit de ces nouvelles corrections, Uranus contioua

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