III
C2 DÉCOUVERTES SCIETTIFIQUES.
que. Lorsque le marteau repose sur renclume, le courant voltaîque est élabli ; il est, au contraire, suspendu quand le marteau est séparé de l'enclume par l'action du ressort qui tend constamment à le soulever. Il suffit donc de toncher légèrement le marteau avec le doigt pour établir le courant, et de retirer le doigt pour l'interrompre. Ce petit instrument est aujourd'hui le seul employé comme clef&n télégraphe, c'est-à-dire pour former, par l'établissement ou l'interruption du courant, la série de signes qui correspondent aux lettres deJ'alphabet.
Dans le premier modèle du télégraphe américain, on se sen'ait, pour tracer les signes sur le papier, d'un crayon de mine de plomb. Gomme il fallait à chaque instant aiguiser ce crayon, on le remplaça par une plume à laquelle un réservoir fournissait constamment de l'encre. Cette plume donna d'assez bons résultats, mais l'écriture était confuse ; d'ailleurs si l'instrument s'arrêtait quelque temps, l'encre s'é\*aporail et laissait dans la plume un sédiment qu'il fallait retirer avant de la mettre de nouveau en activité. Ces difûcultés forcèrent l'inventeur à chercher d'autres manières d'écrire. Après beaucoup d'expériences, il s'arrêta à remploi d'un levier d'acier à trois pointes, qui imprime sur le papier tournant des traces nettes et durables. Ces pointes métalliques laissent sur le papier, qui est tri*s-épais, des marques qui ne le percent pas^ mais qui s'y impriment en relief, comme les caractères à l'usage des aveugles (I).
(I) L'emploi da criTAn feriU préférable à celui des pointes d'ader, aniquelks M. Morse a été contraint d*aToir recoun. par suite delà dif&ctt té qu'il aépi»uTée à faire retailler le crayoD à mesure qu'il s'use par le tTSTail. M. Frx^ment a beaucoup mieux résolu cette difficulté. 11 a coBsinùt un apparril de ce gienre portant un craTon qui se taille lui* même en écrivant, pai>ce qu'il tourne duiUnuelleoient sur son axe, tout en eiécutant ses OMu^-ement^ ; ce frMtement CMitre le papier use le crayon dans le sens convenable pour Fentretenlr constamment taillé.
lELECRAPUIE ELECTBIOtE. 61
C'est aa mois de mai iSU qu« Tul inaugurée, aus Ëtals- Uqû, U première ligne télégraphique ; elle était établie entre W':i«hîngtoii et Baltimore, sur une longueur de seize Unies. Lc=s nouvelles relatives à l'élecliOD du président fuil transmises uvec lunl de rapidité, que tout le monde fal dés ce moment convaincu des immenses avantnges de et nouveau moyen de communication. Tout aussilAt se Eormèrcnl plusieurs compagnies particulières pour doter le pays de cet inappréciable bienraJt. La ligne de WasbiagtoD il Baltimore fUt bientôt prolongée jusqu'à Pbiladelpbie et >'cw-York, sur une étendue de cent lieues. Ed 1845, elle atteignait Boston, et formait ta grande ligne dn Nord, sur laquelle d'autres lignes vinrent plus tard s'embrancher.
Lr réseau télégraphique embrasse aujourd'hui aux Étala- L'uUun territoire immense; il relie le golfe du Mexique ■m Tordis du Canada. L'une îles lignes télégraphiques parlani de Burliuglon-Ycrmont, sur la frontière du Canada, travers Boston, New-York et Washington, en passant par Balliœore el Philadelphie ; elle parcourt la Virginie, la Caroliuet la Géorgie, el descend par Hichmond, Ralcigh, Colonibia, Augusia et Mobile jusque vers le golfe du Mcxî- <)i)i!, el jusqu'il l'embouchure du Mississipi, qu'elle alttint lu Nouvel le -Orléans. L'ne seconde ligne principale part de cette deroivre ville et remonte les vallées du Mississipi llde l'Ohio ju&qu'it LouîsTille. Quelques autres partent des cales de l'Océan pour se diriger vers le cenire du pays, en maoDtanl vers les grands lacs qui le bornent au nord. La
Ut tignu lormé» par ce ifl^gmplie [.r^ienleni la forme suWimle ■.
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C4 DÉCOUTERTES SCIENTIFIQUES.
ligne de Burlington-Vermont présente une étendue considérable, en raison de la grande distance qui sépare les di« vcrsesvilles qu'elle embrasse. Entre Burlinglon-Vermont et Boston, elle a ii6 lieues à parcourir; entre Boston et New- York, 102 lieues; entre New-York et Washington, 137 lieues; entre Washington et Colombîa, 205 lieues; entre Colombia et la Nouvelle-Orléans, 485 lieues. La ligne de la Nouvelle-Orléans à Louisville présente, y compris les embranchements, une étendue de 460 lieues.
Dans les divers États de l'Union américaine, la télégraphie électrique occupait au mois de juillet 1849, d'après un relevé officiel, une étendue totale de 11,051 milles ou 4,446 lieues de France.
11 résulte d'un rapport adressé en novembre 1852, par M. Jules Coutin, au ministre de l'intérieur à Paris^ que la longueur totale des lignes de télégraphie électrique dans les États-Unis et le Canada, est de 19,000 kilomètres (4,750 lieues de France). Ce réseau met en communication environ 550 centres de population, grands ou petits.
On a dit, enfin, mais sans invoquer de relevés authentiques, qu'au commencement de 1854, le télégraphe électrique parcourait 41,392 milles (1,650 lieues) (1) dans les États-Unis.
Depuis l'année 1845, dans les États de l'Union amériricaine, le télégraphe électrique a été mis à la disposition du public. Au mois de décembre 1844, M. Morse écrivait» au Congrès des États-Unis pour l'engager à s'emparer du télégraphe électrique dans un but d'intérêt général et comme source importante de revenu pour le trésor. Quelques mois après, le Comité des routes^ dans un rapport au Congrès, concluait au monopole du télégraphe électrique par rÉtat, en le considérant comme une branche nouvelle du
(I) Le mille américain, comme le mille terrestre anglais est de 1 kilomètre 609,3 mètres.
TeLËOflAPntB ÉI£CThiCrE,
to'fce (poile aax letlres), et par suite, cûmine un cas par la Con&tilulioD. AJais l'ctislenced'un let luonopole s'accordait mal avec les habitudes et les mœurs libén\t% île l« lyïpuhlique nmâricaine. Le Congrès rejela celle projKMilion, obandoiinant k la concurrence industrielle . rrxploilxUon du service f;^néral de la nouvelle télégraphie; It caverne raent se réservait seutemenl rusaf,-e d'un ou de deux Ris sur les lignes établies. Aussi la concurrence n'a-l-elle pas lardé il multiplier singiiliéreraeni le nombre des lignes el à perfcclîonner les appareils. Entre certaines *illc», il existe quelquefois deun ou trois élablisscmenls ri- TïBi pour l'exploitalion de la correspondance électrique. Par suite de ces faits, la télégraphie électrique a pris aux Ivlats-Unis im développement immense, et depuis plusicui s uinées, elle r^nd au commerce, ii l'industrie, aux relations privées des citoyens, des services qui soni de tous les jours et de tous les ioi^lanls. Grllce k cet agent merveilleux, li<s commerçants américains sont inslanLin^mcnt informés du départ et de l'arrivée des navires dans les ports de l'Océan, it). mercuriales, du prix des colons et des cafés dans tes dilTérentes villes du littoral et de l'intérieur. Lesproducl«iiri du pays qui expédient des blés, des colons, des bestiaux et des fourrures, par les fleuves l'Ohio et le Missisiipi. sont avertis, pendant tout le cours de cette longue oavigalion, des différentes particularités et des accidents qui peuvent signaler le voyage, des variations du temps pendant la traversée, et du moment précis de l'arrivéL- des baleaux. Les particuliers ont très- fréquemment recours au télégraphe électrique; cet instrument est pour eux une i«coade poste aux Ictlres qui, souvent, n'est guère moins uccti|iéc que son ainée. Aussi la plupart des lignes télégra- "^ sartoul daus les villes importantes, telles que
Boston et Washington, sont-elles presque toalesau service public. 11 faut souvent altcndro
6 6 DÉCOrVERTLS SafiXTlFJQUES.
plusieurs heures son tour de transmissiou, et il arrive quelquefois que les bureaux doivent rester ouverts une pa^ tie de la nuit. Les journaux américains, si nombreux et à utilement remplis, donnent chaque jour un grand nombre . de renseignements arrivés par la même voie. Il est même assez remarquable que^ gr&ce au télégraphe électrique, les nouvelles d*Euro|)e sont connues à New- York deux jours avant l'arrivée du bateau-poste d'Europe, et voici comment: en arrivant en Amérique, le paquebot touche à Halifax; là, on fait rapidement un résumé des nouvelles qu'il apporte, et ce résumé, immédiatement transmis à New- Yoii par le télégraphe électrique, arrive par conséquent dans cette dernière \\\\e avant le paquebot lui-même, qui doi^ employer deux jours pour cette dernière traversée.
Le rapport de M. Jules Coutin, dont nous avons parlé plus haut, renferme des détails intéressants que nous al- Ions rapporter, concernant l'organisation et le service de la télégraphie électrique aux États-Unis.
Aux Etats-Unis, le télégraphe électrique n'est ni la propriété de l'Ëtat, comme en France et dans les principaux pays de l'Allemagne, ni l'objet d'un monopole concédé à une compagnie unique, comme en Angleterre. La transmission des dépêches par l'électricité est une industrie particulière, exploitée par des compagnies nombreuses, qui ne relèvent en rien, pour leur «idminislration, dugou-. vernement central ou de celui des États, et qui, dans beaucoup de parties de l'Union américaine, peuvent se former sans aucune sanction de l'autorité publique. Tout citoyen, toute réunion de citoyens a le droit d'établir, d'un pointa un autre, dans certains États, une communication électrique, à la seule condition de se soumettre aux lois et ordonnances pour l'établissement des fils dans les villes, sur les routes, sur les chemins de fer, sur les monuments publics, et dans les propriétés particulières. La constitution politique
TiLiCUrSIE iUCTUQCE. (T
liliociale du pajs pcrmel à cet ^rd one eolîirc libcrté- .\uU« pari, si l'on en rxccpte la Suisse, l'usage du télègia|ibciMei'lnqueD'esl cDliv rlans les hsbîlDdesdo peuples rranme aui KUts-L'nîs. L'ocliviié du conimerc«, U xtsie éleoduc du terriloire, les graodes distances qui sépareoi les cenires de popuUlifm, el le besoin de traTullernpidemcnl, qui forme un drs Iniils dtslînclifs do caiaclère de l'Aiaériram du Nord, ont puissammeol coalrihné ao déicloj>(ieiueal de U lélégrapbie (électrique dans celle partie du Nuuteau-Moode. Tuul^s les lilles importaoles sodI anjoMfd'boi reliées par un fil lélt^^raphique, el bien plus, on Imorc snuvcnl entre deux villes plu^eurs lignes de léliptphie qui se font une coucurrence Irûs-TÎTe.
Les lignes de téJt-grspbie^-ledrique sont loin d'élre cou- ■mites en Amérique arec le soin qu'on t apporte eo France et en AIli'Ria^e. Peur les lélé^phes électriques »mfiu ponr les chemins de fer, on se préoccupe de créer rapidenail plulâl que de bien f;iirc. Les poteaux qui terrent ï MWteair le» Bis életés dan» l'espace, ne sont pu, conitoe rnixde5lkguescuropeeiuiej.de bonnes el solides branches lit upin. bien s^t-bes et injectées de sels, qui en assurent
K' ration. Ce soot loul simplement de jeunes arbres
légrossis. l>ans les villes, ces poleaoz sont trèstrèi>solifles ; fixés sur les bords des trottoirs, tis ni de 12 k 15 fils. Bore des villes, le Lélégiaphe le long des cbeinins de fer, sur le bord des roules, du canaux ou des rivières. Aucune difOcullé ne retarde, luCDa obstacle n'arréle dans leur inslallalion. S'il se rennxtlre d'îcumenses Concis où l'bomuie c'ait jamais pénétré, on n'hésite pa» deiant cet obstacle ; le suneijlanl du téléinpbc Mrs peut-i>lre la seule créature bumaine qui Iratersemces déserts. On lîxe contre le Irunc des arbres de loDgt clous à lé le recourbée, el l'on y attache un goulot de qui Uttï passage an Bl. Tel est, dans les lor^U d'A-
6 8 DECOUVERTES SCIE!CTIFiQC£S.
mérique, le système économique de suspension et d'isolement du (il de télégraphe. Aussi résulte-t-il de cette disposition, par trop simple, de fréquentes interruptions dans les communications. Des accidents nombreux, tels que la chute des arbres pourris, des orages, des ouragans, la présence de la sève dans Tarbre qui établit une conductibilité vers le sol, occasionnent très-souvent la rupture des communications télégraphiques.
Des brigades d'hommes sont chargées de la surveillance des fils et poteaux ; ils parcourent sans cesse la ligne, ' munis des outils nécessaires pour les réparations. Dans les pays où la population est un peu compacte, ces canton-' ] niers sont placés à d'assez grandes distances, par exemple, < à 50, IQO et quelquefois i50 kilomètres les uns des autres. : Mais sur les lignes qui traversent les épaisses forêts du , sud, il a été reconnu indispensable de ne pas les séparer de plus de 30 à 40 kilomètres.
Le système d'appareils de télégraphie électrique estloÎD d'être uniforme aux États-Unis. Aucune loi n'exigeant l'observation de certaines règles ou conditions, chaque compagnie construit ses appareils selon ses ressources ou ses besoins. Il est assez difGcilc, en conséquence, de donner une moyenne exacte des frais dé construction par kilomètre. Cependant, on fixe généralement cette moyenne, pour une ligne dans les conditions ordinaires, à 200 dollars par mille, soit 0:21 francs par kilomètre.
Trois systèmes de télégraphes électriques brevetés fonctionnent sur les diverses lignes des États-Unis : le système Morse, qui est aujourd'hui si généralement répandu en Europe, celui d'Alexandre Bain et celui dcHouse.
Sur presque toutes les lignes on se sert des appareils de M. Morse, qui retire des sommes énormes de l'exploitation de son brevet : la moitié des dividendes de la compagnie lui est dévolue.
LÉGAAFIIIE ELECTlllUL'.
ie4 suffisenl. Quelques compagotes oui un direclcur qtn a le conirAle immédiat de toutes les alHiires b^oÎkI ration.
Les bureaui des télégraphes sont ouverts, pendant la «nuine de sept heures du malin à dix heures du soir ; lo dimanche, de neuT heures à dis heures le matin, de deux à trois et d« sept à neiiTle soir. Toiile personne qui le demande, peut néanmoins, pendant ta semaine, expédier Vae dépêche en dehors des heures ordinaires de travail, h la ebarf;e par elle de payer par heure 2 francs 50 c. pour cb4que slationoaire ainsi occupé, ou 5 francs par bureau. Les jounianit altendaut des nouvelles intéressantes de quelque point du territoire usent fréquemment de celte bcollé.
Les dépêches sont transmises toutes d'après leur ordre d'inscription. Ccpi'Ddnnt, quelques messages d'une nature argenté ont droit à une expédition plus rapide et prennent un tour de faveur. Telles sont, par exemple, les dépêches du gouvernement ou de la Justice, celles pour la découvetle des crimlneU, les nouvelles de raoïl ou de mnladie, etc., enfin les communications trés-împortantes qui intérestent la presse. La personne qui envoie un message peut le transmettre en langue anglaise ou en chiffres secrets. CoQtmirement à ce qui existe en France sous ce rapport, \t public jouit de U plus grande liberté quant au contenu ■le U dépêche ; beaucoup de messages sont écrits en lanpes étrangères, eu franchis, espagnol, allemand, etc. Les dépêches secrètes deviennent de jour en jour plus fréquentes, car le commerce y croit trouver un puissant moyen de spéculation.
L'expédition il domicile des dépêches se fait ordinairement avec rapidité, économie et Bdélité. Cette expédition est fc la charge des comparantes de télégraphie, excepté pour la ville de New-York. n;ins colle ville, k elincun des
7 s DÉCOU^-ERTES SaEKTlFIOCES.
douze bureaux de télégraphe sont attachés cinq jeunes garçons, en tout soixante, qui sont chargés de la distributioD des dépêches. La ville a été partagée par toutes les compagnies en deux zones : le quartier commerçant et industriel, et le quartier non commerçant où se trouTeot presque toutes les habitations particulières. Un tarif a été fixé pour chacune de ces zones. Pour le quartier commerçant, le prix est de 0,75 c. ; dans les faubourgs, 1 fr. 25 c. Chaque porteur est muni d'un registre, sur lequel la personne qui reçoit la dépêche inscrit son nom, son adresse et l'heure de la réception. Ces livres sont toujours à la disposition de ceux qui voudraient les consulter. L'enveloppe de la dépêche porte le nom du destinataire, son adresse ; et en têle de la dépêche, dans Tintérieur, est mentionnée l'heure de la transcription au point de départ et celle de la réception au bureau d'arrivée.
Une exception aux prix mentionnés dans le tarif ordinaire, est faite aux États-Unis en faveur de la presse. Une publicité commerciale et politique aussi grande et aussi prompte que possible, est un besoin que le peuple américain a toujours placé en première ligne. Les journaux, aux États-Unis, sont en effet plus nombreux qu'en aucun pays du monde, et ils sont, en général, mieux informés, et à moins de frais, que ne le sont les journaux anglais.
Pendant les premières années qui suivirent l'apparition du télégraphe électrique, les communications pour la presse étaient rares, les dépêches courtes, rédigées souvent d'une manière obscure par les correspondants» et dans tous les cas très-coûteuses. C'est seulement à dater de i847, à l'occasion de la guerre du Mexique, que les relations devinrent plus fréquentes entre les journaux et les télégraphes. Comme le public était vivement intéressé à recevoir promptement les nouvelles, chaque feuille importante avait des correspondants sur le théâtre de la
TÉLi<>RAI>IIIE ÉLECTHIOL'E 71
el des cslarplles sur les lacunes des lélégraphes. Tous les journaux rivalisèrent de rapidité et d'exactitude. Nais le système qui fut employé alors était trop dispeniliMji; il a été n>nip[acé par un autre plus simple, plus tArel plus économique.
Aujourd'hui, dans presque toutes les gmades villes de IToioo, les journaux ont Tornié une association pour leur correspondance électrique. Cette association est entretenue par un Tonds commun, auquel tous les journaux contrihoent par portions éf^ales. Un directeur, mis à la tôte de M «rtice, csl chargé de recueillir, par la voie la plus prompte et au moyen d'ugenlsà lui, les nouvelles de tous tes points du globe. Ces nouvelles, dès qu'elles sont parvenues au bureau, sont eipédiécs sans appréciation à chaque feuille en même temps. Les six jouniaux les plus iml>ortants de New-York ont été les premiers fi fonder une nsiociatiou de ce genre (I). Les dépenses de celte us- Mwialion se sont élevées en 1851 à 150,000 francs , soit 35,000 Francs pour chaque Teuille.
Nous terminerons cette revue par l'examen des rapports de la télégraphie électrique avec les chemins de fer.
I*s chemins de fer aux États-Unis étant encore, à 1respeu d'exceptions près, tous à simple voie, le télégraphe ilcclrique semble devoir t^tre pour eux un complément indispensable. Il y a généralement sur chaque ligne de fer me ligne de télégraphie; mais le chemin de fer n'ayant, par économie, nucun 1)1, aucun poste, aucun personnel à lui, ne retire du télégraphe que fort peu de services.
En Angleterre et en France, les compagnies de chemins
de Ter qui ont des lils électriques à leur disposition, sont
immédiatement informées, dan.<> leurs centres principaux,
lia moindres événements qui se passcjit sur leurs ligne,-;.
r i\ur dva UMclaUuds
1 4 DECOUVERTES SCISRTIFIQIJBS.
Il en résulte pour Texploitatioa une grande sécurité, el dans certaines branches de service une économie notable. Mais, à cet effet, les compagnies ont des bureaux de télégraphe, un personnel spécial dans leurs gares principales et de petits postes dans leurs stations secondaires. D'ordinaire, les chefs et employés de ces stations secondaires sont, en même temps, agents du télégraphe électrique pour la compagnie. Aux Etats-Unis , au contraire, les chemins de fer n'ont ni postes ni fils télégraphiques dont ils aient la propriété et Tusagc exclusifs. Quand les besoins de l'exploitation d'un chemin de fer exigent la transmission de quelque dépêche, l'agent de la compagnie transporte son message à la station du télégraphe; dans les cas véritablement urgents, il prend un tour de priorité sur ceux du public, et n'est soumis à aucune taxe. Ces faveurs sont accordées en retour de la permission donnée à la compagnie du télégraphe de poser ses poteaux sur la ligne de fer. Cet état de choses ne permet pas, on le voit, aux administrations de chemins de fer d'user du télégraphe pources mille dépêches de service qui facilitent tant l'exploitation des chemins de fer dans les diverses parties de l'Europe où presque chaque ligne de chemin de fer est,en même temps^ pourvue d'un fil de télégraphie électrique.
On voit, en résumé, que si les États-Unis ont aujourd'hui un réseau télégraphique important par son étendue, il leur reste pourtant beaucoup à faire encore pour la régularité, pour l'ulililé de son exploitation. Mais il est un Tait qui frappe l'atlenlion quand on considère la télégraphie américaine : c'est une incessante recherche de procédés nouveaux. Les administrations ne reculent pas devant une expérimentation continuelle d'instruments el d'appareils nouvellement inventés. La rivalité des lignes, le besoin d'économie, et quelquefois aussi le désir, peu louable, d'éluder des brevets très-coûteux à acheter, entrelicnnent cet
TiuiSRAPUlK ÉLECTIlIQtE. 75
i->prjt d'inoovalion qui ne peut m»nqui'r de produire le» [ nitiltciir» résullals pour le pcrrectionneiDL-nl d'uti système
dïcorri;sponilapce (levL-nu aujourd'hui l'auiilîaire obligé
el indispensable de la civilisation.
La faible éléTalion des prix du tarîraméricain pour Iraos-
missiou des dt'pëcheséleciriques peut expliquer en partit^ I la rapide extension de ce" procédé de contmuiiicnlion, el I l'usage fréquent qu'en foot le» particuliers.
Le prix moyon d'une dépêche n'est que la moitié du tarif
fraiM;jii», elle tiers environ du tarif anglais.
CHAPITHK VI.
nptiie ^Icrtrlqur en Aiiglcirirr. — Ti'l^r>i>li« eleclrlquel cini| aisultir», ilf M. Whpai*lonc, [wur le »er>icc dci cliemin* de ht. — Ttiégrai'tii? A cndnndc M. Wliïatitnnc, pour la corru^Kitiduicc géo^ nl«. — NuuiMu lél^grs;ihcA o<suIIIm. — £lnt octad de la lûlfgra (Jile électrique en Angleterre.
Li plu|iart de» lignes de télégraphie électrique qui funclionncnl aujourd'liuî sur les chemins du fer anglais ont ètécniéespai M.Wliealslone,dont Icnom mérite une place i part dans l'hisloirc de la grande invention qui nous oecupe.S'ihi'eslp.iapi'ouvéqueM. Wticatsione ait le premier conçu l'idée do la télégraphie électro- magnétique, on ne [leutluicontesti'pl'lionneur d'avoir le premier rattaché deux >illes entre elles par un lien de correspondance électrique.
M. Wbeatslone, l'un des physiciens les plus distingués de notre temps, fut conduit à l'invention de sc.« api>aroils lélégniphiqnos par les expériences qu'il lit, en 1834, *ur la vïtcssvdc Iransmivsioji de réleclriclté. Il s'Assuraqucyelte : est de 33U,80U l(iloun>lres par seconde, ou, si l'on
T*i DEGOUVBILTES SCUnTifIQUBS.
veut, que l'électricité pourrait faire, dans l'espace d*ooe seconde, huit fois le tour du globe (I). Pour exécuter ces expériences, M. Whealstone avait employé des fils de plusieurs lieues. Les effets produits à d'aussi grandes distances lui prouvèrent que les communications télégraphiques par rélectricité étaient non-seulement possibles, mais trèspraticables. Il se mit donc à rechercher les appareils les plus convenables pour réaliser ce projet, et il arriva bieotôt aux résultats les plus satisfaisants.
Le premier télégraphe construit par M. Wheatstone fut établi, en 1838, sur une partie du chemin de fer de Londres à Liverpool. Fondé, comme les télégraphes d'Alexander et de Schilling, sur le principe de la dériation de l'aiguille aimantée par le courant voltaïque, il se composait de cinq fils qui servaient à faire apparaître instantanément les diverses lettres de Talphabet.
Cependant ce télégraphe ne représentait guère que l'enfance de Tart. L'emploi de cinq conducteurs était une source de complications dans le jeu de l'appareil etd'augmcnlation do dépenses pour son établissement; suffisant pour les besoins du service d'un chemin de fer, il n'était point applicable à un service étendu de communications quotidiennes. C'est, en effet, pour l'usage des chemins de fer que M. Whealstone avait construit cet instrument, qui resta en usage, depuis l'année 1838 jusqu'à l'année 1846, sur les taiiways du Great-Western, de Blackv^all, de Manchester à Leeds, d'Edimbourg à Glasgow, de Norwick à Yarmouth et de Dublin à Kingstown.
Les résultats avantageux obtenus, avec les appareils de M. Wheatstone, sur les chemins de fer du Great-Western (*t de HIackwall , décidèrent la rapide exlension que la téli^graphie électrique ne tarda pas à prendre en Angleterre.
(1) J)ct expériences récentes ont conduit à élever le chiffre donné par M. Wlieatstone pour représenter la viteaae de la lumière.
tTËLÉGHAFIlIE ÉLECTRlQrE. 77
t l'année 18i6, It .lo forma Ji Londres, sons If nom de Compagnif du télégraphe électrique, une compagnie puîïsanleqnî se proposait d'élendre ce genre ile communifalions à loutes les villes importantes de l'Angleleire el de l'Ecosse. Le système adopté sur la plupart de ces lignes fol le télégraphe à enâron que M. Whealslone avait imaginé en 1841. Ce système, élanl un peu compliqué, a besoin d'^Ire décrit avec soin.
Lf télégraphe américain dont nous avons donné la desrriplion plus haut, est un télégraphe tcrhont, c'est-à-dire qni transcrit lui-même sur un ruban de papier les dépêches qo'il expédie. Le télégraphe k cadran esl fondé snr une comhiniiison toute dilTtirenle. Indiquons d'abord le prinrtpe général sur lequel repose son mécanisme.
Aux deux exlrémiltJs de la ligne télégraphique sont installés deux cadnms circulaires parraileiuent semblables, el qui portent inscrits sur leur circonférence les vinglqualre teUre.i de l'alphabeL et les dix chilTres de la numération. Co!' deux cidratis communiqaeni entre eux par le Ul cnoducleur de la pile. A l'aide de dispositions mécaniques que nous décrirons plus loin, chacune des lettres du cadran, placé il la station d'arrivée peut, par l'aclinn du torrent volLilque étiibli on interrompu, apparaître auileranl d'une sorte de fenêtre. Les deux cadrans soni liés entre mx de lelle manière, que les mouvements qui s'exéctilenJ sur l'un sont répétés exaclement et au même instant l«r l'autre. D'après cela, si l'on fait passer l'électricité tnurnie par la plie dans le conducteur qui relie les deux (':idran», et qu'h la station d'où partent les dépêches on nméne successivement lei diverses lettres de l'alphabet devunt un point d'arrêt qui existe sur le cadran indicateur, les mêmes lettres apparaHronl instantanément à la fenêtre du cadran d» la station eslrfime.
Uoclles sont les dispositions mécaniques qui pcrmeUent.
78 DECOUVERTES SOENTIFIOfUS.
de faire reproduire, sur le cadran de l'une des deux sialionB, les divers mouvements que l'on imprime au cadran de l'autre station ? C'est ce que nous allon» ezpoeer en donnant la description complète de l'instrument.
La ligure & fera saisir facilement les principes sur lesquels repose la construction du télégraphe à cadran. A,A représentent un électro -aimant double, forméde deux cylindres de fer doux parcourus, suivant leprocédé ordinaire, par un long fli de cuivre qui donne passage au courant. Ces deux cylindres ont une longueur d'environ deux pouces et un demi-pouce de diamètre; le fil de cuivre qui les entoure est long de 25 k 30 métrés; les extrémités a, b de ce Ql communiquent avec les conducteurs de U j • ligne télégraphique. La pile vd-
tiiïque qui donne naissance an courant et que l'on n'a pas représentée sur la figure, est nécessairement placée sur leur trajet. Quand le courant électrique vient circuler autour des deux cylindres, Jl les transforme en aimants artificiels, et, par l'effet de l'attraction magnétique, le disque de fer B, placé à quelque distance au-dessus d'eux, est instantanément attiré; lorsque le courant vollaïque est interrompu, l'attraction magnétique cesse, et le disque B est ramené à sa position primi' tive par l'action d'un ressort d'acier G, qui le relève dès que sa pression n'est plus contre-balancée par l'attractioD magnétique. Ainsi, en établissant ut rompant allemativement le circuit voltaîque, on peut imprimer au disque B un mouvement de va-et-vient dans le sens vertical. Ce mouvement vertical, on le transforme en mouvement circulaire
TÉUtoRAPfllE éuSGTAIOUE. 79
à Taide de la disposition très-simple que Ton voit représentée sur la figure. Le disque de fer B est muni de deux petites tiges montantes, c, d, dont les extrémités sont en contact avec les dents d'une petite roue à rocheie. Quand le disque s'abaisse, la tige c tire la dent à laquelle elle est fixée ; quand il se relève, la tige d pousse une autre dent : il résulte de ce double mouvement que la roue e tourne d'un pas toutes les fois que l'attraction et la répulsion magnétiques sont établies ou suspendues. Or, un disque de papier DD, recouvert d'un cadran portant différentes lettres, est fixé sur cette roue et la suit dans ses mouvements ;
par conséquent, ce disque de papier ou ce cadran tourne autour de ce centre par l'efifet de l'attraction et de la répulsion magnétiques ; il avance d'un pas à chacun de ces doubles mouvements. Sur la circonférence dé ce cadran, on a inscrit les vingl-qualre lettres de l'alphabet ou différents autres signes, en nombre double du nombre des dents de la roue d'échappement; enfin une plaque de cuivre qui ne peut être représentée sur la figure qui précède, est placée au-devant du cadran et porte seulement une petite ouverlure qui ne permet d'apercevoir à la fois qu'un seul des caractères qui viennent successivement apparaître à cette sorte de fenêtre. En établissant ou suspendant le courant voltaïquc un nombre suffisant de fois, on peut donc amener à volonté chacune des lettres devant cette ouverture, de manière à les montrer à un employé placé en station devant l'instrument, et chargé de lire les <lifférentes lettres composant la dépêche, à mesure qu'elles apparaissent à la fenêtre du cadran. La partie du télégraphe à cadran que nous venons de décrire porte le nom d*indica(eur ; elle est placée à la station extrême où les dépêches sont reçues. La seconde partie de cet appareil, désignée sous le nom de communicnteur, est placée à la station du départ; elle est destinée h faire mouvoir à distance les lettres de l'indicateur.
DicOUVERTES SGIENTIFiOUBS.
Voici (fig. 6) la disposition mécanique du coonnunicatn A est un disque de bois mobile autour de son axe, &
Fig. 6.
lequel on a gravé, entre deux cercles concentriques, deux rangées de lettres et de cbifTres. Autour de sa circonférence, on a planté une série de petites tiges de bois placées en face de chaque lettre; en saisissant une de ces tiges saillantes, on peut faire tourner le disque A de manière à amener une lettre quelconque du cadran en face d'une pièce fixe ou arrêt 6. Mais comment peut-on faire répéter à la station extrême, par le cadran indicateur, la lettre amenée au-devant du point d'arrêt B.sur le œmmunicateur? La figure 7, qui iieprésente une coupe, dans le sens vertical, du communicateur, dont Ja figure précédente représentait l'élévation^ va le faire comprendre.
Au-dessous du disque tournant A et lui servant de support, se trouve un cylindre métallique BB, mobile autour de son centre, lequel, à l'aide de la tige métallique a, établit la communication avec le fil conducteur du télégraphe* Ce cylindre métallique est pourvu, sur sa circonférence,
TéLÉGRAPIIIE ÈLECTDIQCE. SI
d'iiD certniii nombre de petites blindes de bois ou d'ivoire, corps <]ui ne coiiduisenl pas l'électricilé. Ces bandes sont eu nombre exactement correspondant à celui deê lettres du (Wran.Ce cylindre est donc formé mi-parlie de subslmices coDdtif Irices, et mi-parlie de substances non condiiclrices de l'électricité. Or, une sorte de ressort métallique b au-
quel est attaché, par son extrérailé inférieure, le second 111 conducteur de la pile, se trouve en contact immédiat avec ce cjtlindre formé de substances alternativement condué- Irices et non conductrices. Quand on fait tourner le disque, le courant voltaïqus doit donc être établi, puis interrompu à chacun des contacts du ressort métiillique b avec les différestes bandes conductrices et non ronduclrices. Toutes les fois, par exemple, que le ressort b touche une des por- (iODS métalliques du cylindre, le courant électrique s'établit dftn» l'appareil, puisque le circuit est alors tout entier formé de substances conductrices de l'électricité; lorsque, aa contraire, ce ressort est en contiict avec l'ivoire, le ooonuit électrique s'interrompt, Le circuit vollaîque est donc alternativement établi ou suspendu, selon qu'il passe devftnl le ressort b une bande de métal ou une bande d'ivnitt. Or, et c'est Ih le point imporiant à l'enuirqiier pour
8 3 D^GOnVElTES SCIBNTfFIQIJES.
rintclligencc de l'înstrumcnl, les bandes conductrices et les non condiiclrices sont exactement, comme nous l'aTons déjà fait observer, en même nombre que les lettres du cadran ; il en résulte qu*à chaque lettre qui passe devant le ressort 6, le courant voltaîque est élabli ou suspendu. Mais on se rappelle que, d'après la disposition de l'indicateur représenté sur la figure de la page 78, à chacune des interruptions et des rétablissements successifs du courant, le cadran de l'indicateur marche d'une lettre; par conséquent, les deux cadrans une fois mis d'accord, toutes les fois que l'on amènera une lettre quelconque au-devant de Tarrét B dans le communicateur,lâ même lettre apparaîtra instantanément à la fenêtre du cadran placé à la station extrême : de telle manière qu'il suffira d'amener un signe quelconque en face de ce point d'arrêt k la station du départ, pour que la même lettre apparaisse instantanément h la station d'arrivée sur le cadran de l'indicateur. Admettons, par exemple, qu'on veuille transmettre d'une station à l'autre le mot Paris, voici les différentes manœuvres qu'il faudra exécuter. Avant de transmettre aucun signe, on commencera par mettre d'accord les deux cadrans, c'est-à-dire les disposer tous les deux de telle manière que la lettre qui se montre à l'ouverture du cadran indicateur soit la même que celle qui se trouve au point d'arrêt du communicateur. L'instrument ainsi réglé, on fera tourner le disque du communicateur de manière à amener la lettre P au-devant du point d'arrêt. On fera la même manœuvre pour les lettres suivantes, et toutes ces lettres viendront à tour de rôle se reproduire dans le même ordre sur le ciidran de la station d'arrivée. Le signe -J- porté sur le cadran indique la fin d'un mot : le point marque la fin d'une phrase.
Telles sont les dispositions principales du télégraphe à cadran qui est surtout en usage aujourd'hui pour le service
■rtiàamàrmt tktenvpis. «»
spécinl des ch(;n)iii« de fer en Angk-Lcire el en France.
On a renoncé en Anglelcrrc à l'cniploî de ce lâlégra)>1ie, pour les lignes de la correspondance générale, en ntison des dùrftngenieQU qui survenaient dans le mécanisme destiné h fjiire marcher les cadrans. Le nouveau système dont un Tait usage aujourd'hui sur la plupart des lignes anglaises a été imaginé par M. Whealslone, el dilT^re en tous points de celui dont il vient d'OIre question. Cet appareil, qui porte le nom de télégraphe à deux aiguitlet, est l'instrument télégraphique ri5duil à sa plus simple expression : l'iDleUigcnco de l'opérateur y lient, pour ainsi dire, lieu dB mécanisme.
Le lêlégrap/ie à deux aiguilles de M. Wheatsione se compote tout simplement de deux aiguilles aimantées fixées chacune au centre d'un perciez et qui peuvent se mouvoir Jiulour de ce cercle. Deux manivelles ou poignées, que l'opérateur tient dans ses mains, servent à diriger autour des deux aiguilles aimantées le courant d'une pile voltalqne, IcqncI n pour elTet de faire dévier ces aiguilles de leur posilion. Le mouvement imprimé aux manivelles établit nu tnterrompl le courant âlectiiiiue, et l'aif^uille aimantée peul, de cette manière, prendre sur la circonrérence du cercle ta place que l'on désire, Ces deux aiguilles et leurs cadrans $on1 fixés sur le psnneau antérieur d'une sorte de grande bollc offrant à peu prés l'aspect d'un tombeau untique.
I.a ligure 8 représente IVnsertible du télégraphe k aiguille» aimantées de M. Wheatsione, A,A sont les deux aiguilles, que mettent en mouvement, par l'intermédiaire du conrantélertrique, les deuxinnniveltn^B, B, La caisse su- (lériettre G renferme la tannerie, ou le timbre qui, par sa résnnnanec, doit atlirer l'atlenlion de l'employé; D est une autre manivelle qui Tait agir la sonnerie en meltiml son conducteur en communication avec la pile.
■ t DtCOUVBBTSS SCISNTinQinS.
Les positioDS combioées que peuvent prendre If aiguilles ont servi à former ua alphabet. Les signes i pour ladésignation des lettres sant les suivants :
A, lin coup k guiiche de l'aiguille à gauctie-
B, deux coups de la même aiguille à gauche.
C, trois coups de la même aiguille à gauche.
D, quatre coups de la même aiguille à gauche.
E, un coup de l'aiguille de gauche et deux de l'aigi droite.
F, un coup de l'aiguille de gauche et trois de l'aig droite.
C'est, comme on le voit, un alphabet de sourd et
on forme, avec les aiguilles du télégraphe, des sigm l(^u«s à ceux que le sourd-muet exécute avec ses <
TELEGRAPIEIE ELECTRIQUE.
M. Wlieatslooe a compté sur l'adresse, sur l'habilelii parliculîère des employés, pour suppléer à l'insuffisance du oifcaaisaie de son inslnimenl. L'expérience a justifié la coDfiaDi^e que l'inveiileur avait mise dans les ressources de l'organisation huiDaine servîc et réglée par l'inlelligence. Le moyen physiologique est destiné k suppléer ici fi l'imperfeulidQ de la combinaison mécanique.
il imporle d'ajouter pourlanl que des erreurs se glîssurtl assez fréquemment diins les messages transmis de cette niauière, cl que si l'appareil télégraphique anglais est le plos simple que l'on connaisse, il est bien loin d'être le plus parfait. Il estasses connu qu'en Angleterre, par suite de s')D emploi, beaucoup de dépêches sont chaque jour incomplètement ou inexactement transmises. Outre l'inconvénient d'exiger deux Qts conducteurs, ce qui double les dépenses d'installation, le système anglais présente ce câté trùs-Kléfavorable, que nulle trace du message ne peut y être coasenrée. C'est la mémoire seule des employés, occupés à lire sur les cadrans les signaux au Tur et à mesure de leur IrausmissioD, qui répond de l'exactitude de la traduction. Aucun moyen de contrôle ne permet de reconnaître une erreur commise dans leur travail. C'est à ces deux causes, grates toutes les deux, qu'il faut attribuer l'imperfection relative que présente en Angleterre In pratique de la nou- «elle télégraphie. Aussi l'appareil de M. Wbealstone n'at-il éli adopté par aucune autre nation de l'Europe pour le Krnee télégraphique.
l'uur faire manœuvrer les aiguilles des cadrans, on a ciioisi de jeunes garçons de quinze ou seize années; on foniptait avec raison sur la vivacité et la délicatesse de ■nouvemenis naturelles A cet &ge pour se plier plus vile tut conditions si nouvelles et si particulières de ce service. Ces enfants n'ont pas tardé, en elfel, il acquérir une habiiHé prodigieuse à comprendre le vocabulaire lélégraphi-
8 G DÉCOUVERTES SCISHTIFIQUES.
que cl à exécuter les signaux qui le composent. Kien n'égale leurdexlérilé dans le maniement pratique de ce langage de sourd et muet. Les aiguilles s'agitent sous leurs doigts avec la promptitude de la pensée; les mouvements sont à pressés et si rapides, que l'œil a de la peine à les suivre. Oo lit en gros caractères sur les murs de la salle : « Nedérange: pas les employés quand ils sont occupés à leurs appareils. • Cet avis est assez superflu, car on voit les enfants, pendant le cours de leur travail, causer, rire, et s'occuper de ce qui se passe autour d'eux, comme s'ils exécutaient la bes<^nela plusindifférente; il leur arrive même, pendant l'expédition d'un message, de faire des aparté télégraphiques, et d'as* saisonner les dépêches qu'ils sont occupés h transcrire de quelques plaisanteries à l'adresse de leur camarade.
On a observé, en effet, que les jeunes employés du télégraphe fmissent par faire, en quelque sorte, connaissance avec leurs correspondants des autres stations. Cette espèce d'intimité est si bien établie entre eux, qu'ils savent reconnaître, aux premiers mouvements des aiguilles, celui de leurs camarades qui se dispose à leur écrire. On entend quelquefois un des employés de Londres s'écrier, en remarquant les mouvements de son appareil que l'on commence à faire agir de Manchester, par exemple : « Ah! voilà George revenu! » Un autre, en voyant les premières oscillations de ses aiguilles que l'on fait marcher de Liverpool, prend sa place d'un air de contrariété et de mauvaise humeur, en disant : « Allons, c'est encore ce bruta! de John qui est là-bas ! » Ces sentiments d'antipathie qu s'établissent ainsi entre les employés d'une même ligni vont quelquefois au point de forcer l'administration à loi séparer ; c'est ce que Ton a fait récemment sur la ligne d< Londres à Birmingham, où deux jeunes gens étaient san cesse occupés à se quereller et à échanger des injures pa le télégraphe,
t£l£6BAPhie électrique. 87
Le langage télégraphique permet d'obtenir une vitesse de transmission telle, que Ton expédie facilement en trois secondes un mot d'une longueur ordinaire, ce qui revient à une vingtaine de mots par minute. En cas d'accident arrivé è l'appareil, on peut écrire avec une seule aiguille au moyen d'un alphabet différent préparé pour ces sortes de cas. Mais alors la vitesse n'est plus que de huit à neuf mots par minute.
La télégraphie électrique est aujourd'hui exploitée en Angleterre sur une échelle considérable. En 4846, la Compagnie du télégraphe électrique fit construire un établissement magnifique ilans la cité de Londres, à proximité de la Bourse et du quartier de la Banque. Ces b&timents forment le point de jonction où viennent aboutir les lignes télégraphiques qui rayonnent de soixante villes importintes. Londres se trouve ainsi en communication instantanée avec Cambridge, Norwich, Portsmoulh; avec Birmingham, Slralford, Derby, Nollingham, Liverpool, Manchester, Glasgow, Edimbourg, etc.; il communique aussi de la môme manière avec Folkstone et Douvres. Le bureau central de la Compagnie se trouve relié avec toutes lesiéles des chemins de fer qui ont des bureaux de télégraphie électrique, par des fils qui passent dans les rues à travers des conduits souterrains. Ce bureau central communique ainsi avec toutes les lignes électriques d'Angleterre, et il correspond dans ce moment avec cent dix-huit stations ou bureaux électriques situés dans Londres et les autres villes importantes de la Grande-Bretagne. Depuis Tannée 4847 jusqu'à cette année, la Compagnie a étendu d'une manière remarquable les fils du réseau électrique. D'après un relevé donné en 1850 par M. Walker, 2,218 milles anglais (917 lieues de France) étaient déjà occupes par les fils du télégraphe électrique.
88 DÉGOUVBETES SCISMTIFIQIJKS.
Depuis cette époque, le réseau télégraphique a doublé d'étendue.
L'administration anglaise a mis, quatre années avant nous, le télégraphe électrique à la disposition du public. La Compagnie du télégraphe électriqu€y qui, eu Angleterre, a le monopole de toutes les communications télégraphiques, est chargée de l'exécution de ce service. Les correspondances du gouvernement ont lieu, comme celles da public, parle bureau central de la Compagnie, seulemeal le gouvernement obtient, par déférence^ la priorité pour le passage de ses dépêches. On assure môme que ce privilège peut lui être contesté.
Comme l'organisation des établissements publics de télégraphie électrique est de nature à intéresser nos lecteurs, nous donnerons une idée des dispositions intérieures du Télégraphe central de Londres.
Le Télégraphe électrique central est situé dans la rue Lolhbury, en face du mur extérieur de la Banque. Quand on entre dans l'établissement, on trouve d'abord une grande salle commune éclairée par le haut et contenant trois galeries superposées. Au milieu de la salle régne une longue table divisée par des rideaux verts en six compartiments ou pupitres. C'est là que le public est admis à écrire les communications destinées à être expédiées par le télégraphe. Les messages doivent être inscrits sur une feuille de papier à lettre, dont prés de la moitié est déjà remplie par une formule imprimée, avec des blancs destinés à recevoir le nom et l'adresse de l'expéditeur, celui de la personne à qui la communication est adressée, le prix du message et celui de , la réponse, la date et l'heure de la réception de la dépêche, enfin la date et l'heure à laquelle la transmission a été commencée et terminée.
A mesure que les messages sont écrits, ils sont passés l'un aprèsl'autre, par un guichet vitré, dans une petite pièce
TiLÈGJlX?niE ÉLEnTRlQUE. SO
aatotaée bureau d'enrvgistremenl. Là on en prend noie, et 00 les marque d'un numéro d'ordre ; l'employé qui vient de feire cet enregistrement les place eosiiite dans une pedle bolle et tire le cordon d'une sonnette. Au même întlanl la bolle s'envole pnr une espèce de cheminée de bois et transporte son contenu h la partie supérieure de l'édifice dans la sailedes instrumenli.
Si l'on rejoint In dépêche en suivant la voie plus lente, nais plus commode, de l'escalier, on arrive dans une assez grande pièce où se trouvent disposés huil appareils télégraphiques destinés k Iransmellre les messages dans les différentes directions. Chacun de ces appareils porte les noms de sis ou huit stations avec lesquelles il correspond. Un eoiployt.' suffit pour desservir trois de ces appareils.
Quand les dîlTércnts messages sont arrivés i\ l'élage dos iuslnioienls, ou les place sur l'appareil qui doit en faire l'expédition, et le jeune garçon chargé de te travail se met lussitAt k l'œuvre. II commence par faire sonner, à l'aide du courant électrique, une pelili^ sonnette, qui donne sitnnltanément l'éveil à toutes Ifs stations de la ligne. Mais tout CD attirant ainsi l'attention des agents placés Ji chacune des stations, le bruit produit par les sonnettes cesse ITGsque immédiatement partout, excepté à la station vei-s II' nom de laquelle l'enfanl dirige l'aiguille indicatrice. A ce signal, l'agent de celle stalion sait que le message qui «arriver n'est adressé qu'à lui, et, au moyen d'un signa! correspoadanL, il fait savoir Ji la station de Londres qu'il wtk son poste, prêt à recevoir fa communication annoncÉt. Notre jeune garçon saiSît alors de ses deux mains les dtux manivelles qui font mouvoir les aiguilles, et se met tinnwrire la dépOehc, en faisant nipîdemenl manœuvrer ta dUen sens cette poignée, qui imprime à ses aiguilles '^V^soa-tiDrraspuudaal de& mouvements saccadés,
ttkjjf^lg^iL
«• DEOOUmTVS SCnilTinQUES.
ôi>i2Danl lelle ou telle letlre de l'alphabet électrique. U lueNSâce. re^'u à la station où il a été envoyé, est immé diatement copié et porté à son adresse par un piéton attache* à l'établissement.
Les déprohes expédiées des différentes stations do royaume et aboutissant à Londres sont reçues dans II même salU aux instntmentSy dont nous venons de voirptftir un me>5age. La manœuvre pour la réception est toat :ai>>i simple que celle de Tenvoi. I>eux employés se tiennent au-devant de Tappareil qui transmet la dépêche. L'od ô Vus lit les mv^ts à mesure qu'ils se présentent, et les dicte à >on camarade. Cette dictée est si rapide que la plume t de la pi'înc à la suivre. Quand un mot n*a pas été bien compris, remployé en informe son correspondant par un sicr.al p^^rliculier, et celui-ci recommence. La dépêche te^ ninée, celui qui la rvçue relit le manuscrit pour s'assurer ou*«Hioune erreur n*a été commise. L'heure et la minute lie la réception sont notées; la copie est signée et elle descend au bureau d'enregistrement, où elle est transcrite sur un registre, et cnGn envoyée à son adresse par un facteur.
Indépendamment de la transmission des messages par ticuliers, la Gwiiw^ic du télégraphe électrique a établi, au centre des principales villes du royaume, des bureaux oi 1\mi peut ret*evoir et d'où l'on peut expédiera toutes le anln's stations des renseignements et des communication de différente nature. Il y a« à chacune de ces stations, un( s;ille pour les aln^nnés, dans laquelle on afGche sur de tableaux, au fur et ;\ mesure qu'elles arrivent, touti s le informations d'un intérêt pubfic ou commercial, telles qu le iHuirs de la bourse de Londres, les mercuriales des dit ferents mnivhés, le prix courant des marchandises dan les princi|iaux centn's manufacturiers, l'état de la me et do ratiuosphêiT pris ;\ neuf heures du malin dans le
TiliGBAPHIE ÉLEGTBIQUE. 91
divers ports, l'arrivée et le départ des navires, les sinistres de mer, les nouvelles du spart et du parlement, les nouvelles générales, etc. Les communications de cette nature sont confiées, dans l'établissement central de Londres, à un département spécial nommé département des nouvelles^ distinct du département des messages privés^ et qui a pour mission exclusive de fournir des nouvelles aux salles de souscription d'Edimbourg, de Glasgow, de Liverpool, de Leeds, de Manchester, de Hull, de Newcaslle, etc. A sept heures du matin, tous les journaux de Londres sont apportés au chef de ce département, qui en extrait, pour être transmises sous forme abrégée, aux différentes stations provinciales, les informations qu'il juge devoir être plus particulièrement utiles à chacune d'elles. Les journaux de ces diverses localités attendent, pour mettre sous presse, l'arrivée des dépêches électriques, et c'est ainsi que le négociant de Manchester reçoit, à huit heures du malin, des nouvelles que le chemin de fer n'apporterait qu'à deux heures moins un quart, et qui ne parviendront à Edimbourg, parcelle môme voie, qu*à neuf heures et demie du soir. ï^ plupart des journaux de la province ont des abonnements au télégraphe électrique de Londres pour recevoir instantanément les nouvelles de la journée. Il en résulte pour eux une avance notable sur les journaux de la capitale.
9 s DfCOUVBRTiBS SGTENTinQUES.