IrriRMioDs par les oauï ilV'goqt
pur les eaux d'i^goui.
dernièrement que les Chambres ont fini par concéder à la Ville de Paris les terrains d'Achères. Après les égouts.les eaux (t). Dans une grande ville.
les eaux doivent préoccuper au plus haut degré les administrateurs. L'eau k profusion, c'est la santé publique. Le service des Eaux expose une série de documents des plus intéressants. En face même de l'entrée du pavillon, au delà des deux maisons salubre et in&alubre,onainstalléIt hauteur d'homme une grande bûche divisée en trois compartiments. Dans le com-
partiment du milieu, on fait arriver de l'eau de source, l'eau de la Vanne; dans celui de gauche, de l'eau de Seine; dans celui de droite, de l'eau de l'Ourcq. C'est saisissant de différence au premier coup d'œil. L'eau de source, très pure, est de couleur azurée; l'eau de rivière, relativement peu chargée de matières organiques, mais assez chargée de matières minérales en suspension, est un peu trouble; l'eau de l'Ourcq, qui renferme plus de matières organiques que de vase, est assez translucide, mais d'un jaune verd&tre. On
juge aisément du degré de transparence en regardant h travers l'eau des bâches un écriteau sur lequel on a
Fm. 830. — Irrigmiods pai leseaaid'égout.CoDduili de dietribulioD. ÉlAvatioi
t'crit : « Ser\'ice des Eaux. » Peut-être, k ce seul aspect, les préférences pourraient-elles s'égarer. Il n'y :* pas d'hésitation pour l'eau de la Vanne : elle est très
belle d'aspect. Hais il n'en est pas de même pour l'eau de Seine et pour l'eau de l'Ourcq : elles semblent aussi impures l'une que l'autre. 11 importe que l'on ne s'y trompé pas. L'une est moins transparente, c'est vrai.
mais parce qu'elle renferme plus de matière minéralo inerte; l'autre contient moins de matières en suspension, mais plus de matières oi^aniques. Or il faut se délier .de la matière organique, elle n'est pas toujours inactive ; elle donne lieu d'ailleurs k des fermentations putrides; c'est de ce chef qu'elle peut offrir quelque danger pour la santé publique. L'eau de Seine, malgré son peu de transparence, est supérieure. Elle n'en
renferme pas moins en temps normal un grand nombre de microbes d'espèce commune.
Les ingénieurs du service des Eaux répondent, k ce propos, k une préoccupation du public : La population a-t-elle raison de se tant émouvoir chaque année quand l'augmentation de la consommation, si variable suivant la température, oblige à substituer dans certains arrondissements l'eau de Seine ou de Hame (puisée en amont de Paris pour la plus grande partie) à l'eau de source? L'eau de source est certes d'une qualité très supérieure, ne fût-ce qu'au point de vue de l'éga-
lîté de température. Mais l'eau de rivière est-elle si malsaine qu'on a voulu le dire? Les ingénieurs de la Ville ne semblent pas le penser. Ici nous avouons ne pas Être d'accord avec eux, du moins d'une manière générale. La plupart des hygiénistes affirment, et les preuves sont lit, <iue les eaux de rivière renrerment des microbes pathogènes.
Les statistiques municipales montrent que chaque
fois que l'on introduit dans les conduites des eaux de rivière, il survient dans les quartiers desservis une aggravation du nombre de cas de fièvre typhoïde. Nous aurions pu d'abord croire à une simple coïncidence, mais le fait s'est répété chaque fois et encore cette année où les grandes chaleurs et un accident arrivé k un aqueduc ont obligé de distribuer les eaux de Seine pendant un certain temps. Les ingénieurs de la Ville contestent ces résultats de la statistique qui ne s'acrorderaient pas avec leurs propres observations. Pierre dit oui, Jean dit non. Les ingénieurs font aussi remarquer que les eaux de source et de rivière sont exclu-
sivemeot distribuées an public; l'eau d'Ourcq ne sert que pour les lavages de chaussëes, les arrosages, etc.; la double canalisation, déjà réalisée dans la plupart des voies, ne permet d'ailleurs matériellement pas de substituer, quoiqu'on ait prétendu le contraire, l'eau
d'Ourcq à l'eau de source ou de Seine, puisqu'il n'y a pas de communication entre les deux canalisations destinées l'une au service privé, l'autre au service public.Ceciestdéjàtrès bien, mais lamëmecanalisation sert pour les eaux de source et les eaux de rivière. Et les eaux de rivière peuvent souiller l'intérieur des conduites. Là est encore le mal. Mais passons; nous
632 CAUSÏ:RIES SCIENTIFIQURS.
n'avons pas à discuter ici accessoirement cette grave question des eaux.
Nous nous proposons, dans le chapitre suivant, de donner quelques renseignements sur Talimentation çn eau de la Ville de Paris.
Pavillon do La Bourdonnais. -^ Voluuio d'eau débité par jour. — Les conduites d'eau. — Réseau des eaux de source. ^- Réseau de rOurcq. — Les nouvelles usines hydrauliques. — Ivry et Bercy. — Dérivation des sources. — Capta tion et adduction des eaux. — Ëinmagasinement. — Le grand réservoir de la Butte- Montmartre. — Service des canaux de l'Ourcq. — Travaux de réfection. — Les bâches mobiles. — Laboratoire de Montsouris. — Service de la voie publique et des promenades. — Dittércnts modes de pavage. — Carrière de grès de l'Yvette. Appareils de contrôle de la dureté des matériaux. — Machines à sabler et à saler. — Nouveaux travaux municipaux. — Sqnair de la Butte-Montmartre. — Plan de Paris. — Paris en 1887 et en 1889. — Travaux historiques. — Service d'architecture.
|e volume d*eau distribué quotidiennement à Paris est naturellement quelque peu variable avec les besoins mêmes de la consommation.il peut aller pendant Tété à 500,000 mètres cubes, les machines élévatoires compensant, s'il y a lieu, l'abaissement du débit des sources. En moyenne, on peut compter sur un service normal de 4i0 à 450,000 'mètres cubes, savoir :
140,000 mètres cubes, d'eau de source (420,000 pour
la Vanne, 30,000 pour la Dhuis); 180,000 mètres cubes d'eau de rivière ; 120,000 mètres cubes d'eau d'Ourcq.
Les dérivations de la Vanne et de la Dhuis ont él6 terminées avant la dernière Exposition universelle, et
l'on s'est borné à exposer à leur sujet, avec la carte géologique générale du bassin de la Seine, de magnifiques atlas en platïnotypie reproduisant des vues des principaux sites et des principaux ouvrages. Toutefois, à raison des diverses améliorations et additions récemment apportées k ces travaux, on y a joint une
série de plans en relief afFérenls aux travaux de captation des sources de la Vanne. On a, en effet, exécuté notamment la dérivation secondaire de Cochepies, ce qui a permis d'augmenter de 20,000 mètres cubes par jour la distribution d'eau de la Vanne. ' Les travaux de captation sont des opérations peu connues. On trouve au pavillon les reliefs des bassins de captation d'Armentiéres, de Cochepies et de la
la petite usine des . .
drains de Flacy; on voitlalignededrains pratiqués aux abords des points d'émergence naturels des c 7 sources, puis les E f eaux se réunissant -g g dans des bassins ou "g t réservoirs couverts e| -3 il'oà partent les a- s queducs proprement g dits; de petites lain^ ^ pes électriques éclai- Z rent l'intérieur des t modèles et permet- J lent d'y voir aisé- i ment le mode de « construction. s Les eaux de source | arrivent au moyen ' 2 d'aqueducs souvent ^ î fortélendus. La Ville | | de Paris, soucieuse | g de donner à la po- s • pulation des eaux à à! J l'abri de toutes critiques, poursuit de- »
puis quelques années l'adduction de nouvelles sources, celles de la Vigne et de Vemeuil (département de
EXPOSITION DE I,A VtLf.E DE PARIS. 6H l'Eure), qui apporteraient ù la consommation quotl->
dienne un nouveau conlingenl de 100,000 mètres
ou CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
cubes. Hais l'obtention des autorisations nécessaires est longTie, ne fût-ce qu'à raison de l'opposition des populations; les travaux seront longs eux-mCmes à exécuter, et, la consommation de Paris s'accroissanl
Fia. «W. — BMSin dg la
rapidement chaque année, aussi bienàcau!tede l'augmentation de la population que plus encore & cause des besoins hygiéniques qui se répandent de plus en plus, il était indispensable de donner immédiatement à la Ville l'eau qui lui était nécessaire. Tel a été l'objet des constructions d'usines auxquelles on a procédé depuis quelques années.
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 6i3
- L'usine d'Ivry notamment, installée en amont de Paris, donne une eau de Seine relativement bonne, ainsi que t'ont démontré les analyses; elle peut rerouler par jour jusqu'à 85,000 mètres cubes. Les dessins
et le modèle qui en sont exposés font nettement comprendre le jeu de ces pompes puissantes qui, en une seconde, envoient 1 mètre cube, une vraie rivière, à près de 100 mètres au-dessus du point où les eaux sont puisées. De même l'usine de Saint-Haur (eau de Uame) a été agrandie, et l'on vient d'achever à Bercy, en face du pont d'Austerlitz, une nouvelle
614 CACSERIES SCIENTIFIQUES.
usine spécialement destinée au service des quar-
tiers hauts du xvni" arrondissement (Montmartre). Les eaux une fois amenées ou puisées par les aque-
EXPOSITION I>E LA VILLE DE PARIS. 6W ducs OU les usines élévatoires, il faut les emmaga-
siner. On les reçoit dans de vastes n^senoirs qui règlent en quelque sorte l'approvisionnement. L'ali-
r,AUSERIES SCIENTIFIQUES.
mentation en eau est, en effet, sensiblement constante à toute heure, tandis que la consommation est très variable du matin au soir et d'un jour à Tautre. A Paris, les réservoirs sont construits soit dans la ville même, soit dans un rayon immédiat; de plus, tous les nouveaux réservoirs sont couverts de façon à maintenir Teau plus fraîche en été, moins froide en hiver.
■fi'fciiHlUiiiiii^igff
Pk. 6S4. — Passage eo pierre sur Fia. 65S. — Pavage on pierre mut sable. béton.
Cowfe d'une deni-cbauss^e. Coupe d'une demi-ctaauMée.
Fw. 6&6*— Pavage en bois sur béton.
CfMBe d'une demi-ctaaustée.
PiG. 657. — Asphalte sur béton.
Coupe d'une demi.eh*uuée.
On eût été conduit & des dépenses exorbitantes si Ton avait voulu les faire servir de bassins de décsmtation comme à Londres ; il eût été nécessaire de leur donner d'immenses surfaces. A Paris, c'était d'ailleurs superflu, puisque le but vers lequel on tend et qui sera sans idoute prochainement atteint, c*est de ne consacrer exclusivement à l'alimentation que de l'eau de source qui n'a pas besoin de filtration.
Les réservoirs de Paris, tout en permettant aux eaux de se décanter légèrement, sont donc desimples réservoirs d'emmagasinement. Malgré cela.
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS, fitl
on peut voir, par le beau modèle et les <
du nouveau réservoir de Montmartre, quels ou-
vrages imposants l'ingénieur est obligé de construire. Et ce réservoir ne contient que quelques mîUiere de
61S CAISERIES SCIENTIFIQUES.
mètres cubes d'eau. On aurait jugé sans doute bien
Fin. efiS. — Anilsllge des Kucs do Pkris,
mieux de l'importance de ces nouvelles construc-
lions, S) l'on avait exposé le modèle du réservoir ré-
cemment élevé pour recevoir les eaux de l'usine d'ivry
eSO CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
qui, comme celui de Monlsouris (réservoir de la
Vanne), peut emmagasiner 100,000 mètres cubes I ■ Le réservoir de Montmartre présente d'ailleurs cer-
laines dispositions qui justifient parliculiérement les documents produits à son égard. Sa situation exceptionnelle, au sommet de la Butte, à c6té de l'église du Sacré-Cœur, exigeait qu'on lui donnât un certain caractère architectural, et le problème à ce point de vue a été fort bien résolu. D'autre part, on sait com-
bien dilTiciles sont les constructions sur cette butte excavée par Ifis carrières, présentant des plans de glissement des plus dangereux, et l'on pouvait n'être pas sans inquiétude quant k la stabilité d'un pareil ouvrage. Cependant on a réussi; les réservoirs sont construits solidement, et les habitants de Montmartre vont dorénavant avoir l'eau k discrétion comme ceux des autres quartiers.
Après l'adduction et remmagasinement des eaux, vient le problème de leurdistribution. La distribution se fait au moyen de tuyaux en fonte dont toute la. série des modèles, depuis le diamètre de 0", 06 jusqu'à celui de {"".lO, est exposée au milieu de la galerie. Ces tuyaux, comme on sait, sont posés dans les égouts,
ou en terre, quand il n'y a pas d'égout, et l'on tend, comme nous l'avons dit, à avoir partout deux canalisations absolument indépendantes, l'une pour le service privé (eau de source et de rivière) , l'autre pour le service public (eau d'Ourcq). Toute une série de modèles et dessins se rapportent à cette partie diï service des Eaux : compteurs, manomètres, fontaines et bouches d'eau, etc. Les gra-
phiques doivent spécialement appeler l'atteiilion. - On y voit combien la consommation a augmenté depuis 1860 et combien elle est variable chaque année suivant les mois.
Le service des Canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis se rattache au service des Eaux et expose un certain
Kiti. 664. — Cairiïro des Usrâchsui. — Op^ralioD do U Taille au baquet su moyen du Ciseau.
nombre do vues des principaux bassins et ouvrages et de modèles des derniers travaux exécutés. Le pontlevant de la rue de Grimée est particulièrement à signaler à cause du principe de sa construction. 11 se soulève tout d'une pièce, pour le passage des bateaux, au moyeu d'appareils hydrauliques, et môme au besoin avec des treuils h bras, ce qui présente de sérieux avantages économiques, et réduit notablementl'espace
6^i CAUSERIES SC:
occupé. Il convient de rema ingénieuse qui permetde ré| ses du canal de l'Ourcq sans tion. C'est une sorte de vastt bouts, que l'on pout déplac
KiQ, 6Wi. — Carrière dot Marifbau (PorlaraleursmnsparrBircoinprii
flotter, puis immerger aux p< plusqu'à barreren amonteti comprises entre le bord du ca d'excellents batardeaux à l'a vailler à sec, tandis que la i la bâche.
Citons encore la machine à faucarder et le type des nouvelles écluses du canal Saint-Denis avec sas de diverses longueurs et portes k un seul vantail.
Nous passons rapidement devant les panneaux où
sont réunis les documents exposés par l'Observatoire de Montsouris qui, pour l'air comme pour l'eau, se livre assidûment à des observations météorologiques, chimiques et micrographiques, et nous pénétrons dans la travée suivante, qui comprend : au milieu, les services de la Voie publique et des Promenades, des Carrières et le service Vicinal; à droite, le service du
CAUSERIES SCJEN.TIFIQUES.
Plan de Paris ; à gauche, le service des Travaux liisloriqiios .
L'exposition du service de la Voie publique et des Promenades comprend, en somme, Paris tout entier (1). Il s'agit de toutes nos voies publiques, de nos squares, de nos promenades, de tout ce qui frappe
si vivement les étrangers. Il y a là des documents in- IfTcssants et sur lesquels il convient de dire quelques mots.
Le choix des meilleures dispositions à adopter pour
(!) Xous ili'Ton' à l'oblippancp de M. de Tavemier, ingénît^r
, ciiohetdcaPmmcnadfisde la Ville do Paris cl de la Voie publique.
■l'avoir pu visilor en di'lail tum C8 service, remarquable à pliu
<rini litre. Niiiis le i-emiTcions psalenienl d'avoir bien voulu nous
loiirnir des documents et une sÉrie de dessiua et de croquis pour
les chaussées dans une ville où la circulation dépasse sur certains points 35 ou 30,000 voitures par jour, est chose beaucoup plus délicate qu'on ne le pourrait penser, et bien des t&tonnements ont eu lieu en ce qui ' concerne les dimensions des pavés, la constitution des fondations, etc. Actuellement, et laissant de cAté les
empierrements que l'on tend à supprimer dans le centre de Paris, on ramijne les chaussées à i types principaux dont on a fourni des modi'les au dixième. Ces quatre types sont :
1° Le pavage en pierre sur fondation en sable. C'est le type le plus habituel, celui à préférer, sauf pour les voies où les circonstances commandent d'adopter un revêtement insonore. Les pavés, quelle qu'en soit la nature, sontd'un échantillon ayant en longueur ft peu
près une fois et demie la largeur avec une hauteur de 0,16 et se ramenant à 3 types ainsi définis :
0,14 X 0,20 0,i2x0,i8 0,iO X 0,i6 0,16 ' 0,16 ' 0,16
La fondation en sable, suivant Timportance de la circulation, la nature du sous-sol, doit avoir de 0,12 à 0,20; les joints sont garnis en sable. Un tel pavage coûte moyennement 15 à 20 francs par mètre carré, et la dépense d*entretien annuel des plus variables peut être évaluée en moyenne entre 0 fr. 10 et
Fio. 671 et 672. — LAboratoiro d'essai dos matériaux. Appareil à déterminer le coefficient d'usure des matériaux d'empierrcmoiit.
0 fr. 20 par mètre carré, sauf pour les voies très importantes.
2** Le pavage en pierre sur fondation en béton. Ce type est appliqué dans le cas de sous-sol mauvais, et très généralement quand il y a des voies de tramways ; on y recourt aussi pour les chaussées de très grande circulation. La fondation en béton de ciment de Portland a 0,15 d'épaisseur; les pavés sont les mêmes que dans le cas précédent, et le prix est de 20 à 25 francs par mètre carré.
S"* L*asphalte. Cette chaussée, excellente pour son insonorité, son imperméabilité, convient surtout pour
les voies étroites où le bois serait mal placé. La couche d'asphalte a 0,05 et le béton 0,15.
Le prix est d'environ 20 francs par mètre carré.
lia. 673. — Laboratoires d'ossai dos matt^riaux. — Appareil à dcftormincr le coetâcieot d'usure des maU5riaux de pavage. (Elévation.)
■rr
Fio. 674 h 076. — Appareil à détcnninor le coefflcient d'usure des matériaux do pavage. (Plan.)
4^ Le pavage en bois , introduit depuis quelques années et si développé et apprécié à Paris. Le pavé de bois a 0,1 5 d*épaisseur comme la fondation, et le prix, pour les travaux actuellement exécutés en régie par la
Ville, n'est que de 18 francs en moyenne par métré
carré.
' A ces quatre types, dont trois peuvent recevoir
des voies de tramways qui s'associent mal avec
l'asphalte, il faut ajouter l'empierrement si répandu
encore dans les quartiers non centraux. On sait que
l'entretien de ces chaussées se fait, depuis un certain
Fia, 8JJ. — Sablpg
nombre d'années et sauf cas spéciaux, sous forme de rechargements cylindres le plus souvent h la vapeur.
Depuis laltn de tS88, la Ville exécute elle-même en régie le cylindrage à vapeur de tous les empierrements de Paris, du Bois de Boulogne et de Vincennes. Elle a acquis ùceteffettroisrouIeauxdiisystémeGelleratet un dusystèmeAveling et Porter; elle expose plusieurs modèles de cesdeux engins. La différence essentielle
entre les deux systèmes consiste en ce que la machine ft-ançaise (la plus ancienne; elle a été inventée en i860 par M. Ballaison) comporte i rouleaux parallèles de mémelongueur etdemëme diamètre, tandisque la machine anglaise comporte 3 rouleaux, 2 à l'arrière, i h l'avant; la première est un bicycle; la seconde est un tricycle. Celie-ci évolue mieux, mais colle-là réussit
Fio. 6Ï8. — SablïU» Losur.
vu( dt fc«. Vu. da ail.
mieux pour les recliargemenls épais ou sur sous-sol médiocre. Les prix de revient paraissent analogues, autantqu'on le peutconclure d'une expérience encore trop peu prolongée, et varient autour de 0 fr. 30 par tonne kilométrique.
Le nettoiement, y compris l'arrosement, présente beaucoup d'importance à Paris. C'est un service que l'on prend généralement pour modèle partout. La toi< lotte do Paris! On en parle un peu dans toutes les grandes capitales. Le budget du nettoiement, tout com-
le perspective du Square projet* à Monun«rire.
pris, atteint du reste environ 7 millions par an. Plus de 3,000 ouvriers sont employés au nettoiement. On s'arrête volontiers devant les modèles généralement au I/o ou à 1/2 du matériel de nettoiement.
Tout le monde foule aux pieds le bitume de nos trottoirs et Tasphalte de nos chaussées, matières que Ton confond souvent. Mais combien de personnes savent comment se prépare la poudre que Ton voit comprimer sur les chaussées, le mastic fluide que Ton voit couler sur les trottoirs? Le petit modèle type d'une usine d'asphalte et de bitume, construit de toutes pièces par un simple surveillant de la Ville, est intéressant à ce point de vue. On y voit le broyeur qui écrase la roche naturelle et le rotateur où elle est chauffée à 130® ou 140*; puis la chaudière où l'on fond le. vieux bitume additionné de bitume minéral et de gravier fin, puis les locomobiles, etc.
Il convient de citer une série de documents, modèle en relief, plan, photographies, etc., qui so rapportent à la carrière de grès d'Yvette dite des Maréchaux, exploitée en régie par la Ville de Paris.
Cette exploitation en régie sertde régulateur auxprix des entrepreneurs qui fournissent le surplus des pavés d'Yvette, procure à la Ville environ un million d'excellents pavés chaque année, et lui assure des recettes qui en 1888 ont atteint près de 100,000 francs pour la vente des sous-produits, meulière, pavés tendres, grès pour verrerie, etc. Ce qui doit surtout appeler l'attention dans cette exploitation, ce qui en fait un type, ce sont les perfectionnements dont tout y a été l'objet : un chemin de fer à voie de 0",60 relie la carrière à la station des Essarts (ligne de Chartres); des transmis-
missions à Tair comprimé et même, depuis peu, des transmissions électriques actionnent mécaniquement les perforatrices, les wagons qui remontent les plans inclir^és, etc. La main-d'œuvre en somme a été réduite au minimum, ce qui était utile dans une industrie insalubre; l'absorption des poussières de grès étant dangereuse. Et les résultats de cette exploitation sont à ce point fructueux que la Ville a été conduite récemment à étendre la concession qu'elle tient de TÉtat.
C'est en régie également que la Ville fait maintenant tous ses travaux de pavage en bois : elle achète €lle-môme ses bois, les tronçonne, les injecte, les met en œuvre. L'usine, dont les dessins sont exposés, n'offre rien de particulièrement remarquable, mais il est bon de jeter les yeux sur les échantillons des bois employés : pin des Landes (pin maritime), sapin <iu Nord (pin sylvestre) et pitch-pin, ils offrent des différences considérables de structure. Ces trois essences ne sont d'ailleurs pas appliquées indistinctement; chacune possède ses qualités propres et convient h tels ou tels cas.
Les acquisitions de pavés de pierre se chiffrent chaque année, toutcompris,parplus de 2,500,000 francs pour la Ville. Les fournitures des matériaux d'empierrement, de ciment, de chaux, etc., montent également à des chiffres énormes. Dans l'intérêt des tinances municipales comme dans l'intérêt de la cir- -culation et de la conservation des ouvrages, il convient de ne pas laisser le temps seul révéler si tels matériaux sont bons et tels autres mauvais. Tous doivent être examinés au préalable, et c'est la mission d'un laboratoire spécial dont l'exposition très com-
m. CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
plète comprend toute une série d'échantillons de
ciments de Portiand ou de Vassy, de rocbes asphaltiques, de matériaux de pavage et d'empierrement. A
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 667 ceux-ci sont attribués des coefficients d'usure qui
permettent de les classer, de les répartir selon les prix offerts et la circulation des voies, etc-
CAUSEPiF.S' SCIENTIFIQUES.
• Ces coefficients sont déterminés au moyen de deux
s comprises dans l'exposition. Pour les pavés.
ICXPOSITION DE LA VIlLE DE PARIS. tiOa
n use l'échantillon sur une meule, et on compare sa
perte de poids avec celle fournie par le type. Pour
r.ArSERIËS SCIENTIFIQUES.
les empierrements, l'usure est produite par la rota-
tion dans un cylindre. A côté de ces machines on voit une machine ii saler et k sabler, inventée par un a^^ent
du service municipal. Le sable a un rôle bien connu.
e pour depuis
chutes Pen(
3,S00,000 francs, et la circulation souffrit pendant un mois. Maintenant, en Iiuil jours et avec une dépense
19 du Chunp-ds-lfmn cl da TrocadérD.
lie 500,000 francs peut-Étre, on déblaierait Paris dans les mêmes circonstances. Moyennement, on peut éva-
CAUSERIES! SCIKNTIÎPIQUES.
tuer & 1 1 grammes la consommation de sel par mètre carré et par centimètre d'épaisseur de nei^.
- Lb Par«dia^«rdu, p»r Jean Osiithorin.
Les grands ouvrages exécutés depuis dix ans par le service de la Voie publique sont peu nombreux; il convient cependant d'accorder une [mention exceptionnelle au ponl de la rue Gaulaincourt jeté au-des-
EXPOSITION) DEj LA VILLE DE' PARIS. 617
SU» du cimeiiùre Montmartre; ce pont met en; communication facile le baut du IX'arrondissement et les
quartiers jusqu'ici déshéritas de la Butte. Les fondations ont dftj être descendues au milieu de gypse
Ui
finir, dôles
stniitspourle service vicinal :1e pont de Suresnes est à signalerAcausedelaforme de sesarcs. Ce service expose
encore une série de graphiques qui font nettement ressortirl'énorineaccroissenientdelapopulationetde la circulation dans les communes qui entourent Paris.
Voici une magnifique carte des carrières, avec coupes géologiques, exposé par le service des [Mines ; on y peut voir combien est excavé le sous-sol du département de la Seine, particulièrement sur la rive gauche; Mais peu à peu on consolide ces anciennes carrières dans tous les points intéressant la sécurité publique.
Voici, encore exposés par le service des Promenades, une aquarelle et un grand modèle en relief du square projeté sur le flanc de la Butte Montmartre au-dessous de Téglisc du Sacré-Cœur et du réservoir des eaux; ce square, auquel prête si bien le relief du terrain, ne sera pas l'un des moindres attraits de Paris et pourra rivaliser avec le parc des Buttes Ghaumont; Tabsence de ressources n'a encore permis que de Tamorcer en exécutant les travaux de soutènement indispensables; la dépense totale atteindra environ 1 million.
Le public examine aussi curieusement les grandes aquarelles dressées sous la direction du Conservateur du Plan de Paris et représentant fidèlement, à cent ans d'intervalle, en 1789 et en 1889, les quartiers avoisinant la Bastille et ceux de la plaine Monceau (1). Les premiers ont binn changé, mais en somme n'ont fait que s'accroître. Les seconds, au contraire, abritent aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'habitants là où il y a tout au plus vingt-cinq ans il n'existait que des champs et quelques rares maisons. Le service du Plan de Paris expose encore toute une série de plans comparatifs d'un grand intérêt.
Nous traversons en hâte les salles consacrées aux
(1) Le dessin de ces belles toiles est dû à Thabile conservateur du Plan de la Ville de Paris, M. Hochereau, La peinture est de MM. Didier, Vauticr, Bourgeois, etc.
Beaux-Arts, qui ont été organisées avec un )?oût parfait Ijar HM. \. Renaud, inspecteur en chef et R. Brown, chef de bureau. Nous y trouvons réunies une série de
peintures Uelahaye rentes ms cherche à plus artis
EXPOSITION DB LA VILLE DR PARIS. 683 liera, de)!mt ce qui
se rapporte à la nouvelle Sorbonne et à la Faculté de Médecine. Aucun de ces monumc-nts n'est encore termina.
A signaler encore les panneaux relalifs & la Bourse du Travail et à la caserne Schombei^, à différents
groupes scolaires, au lycée BulTon, aa lycée Voltaire qui seront prochainement inaugurés.
Mais il nous faut bien limiter îi regret ici cette esquisse trop courte et cependant déjà bien longue.
Elle suffira sans doute pour montrer toute l'importance de cette exposition spéciale. On a beaucoup fait à ia Ville, beaucoup travaillé depuis dix ans.
Cette Exposition, qu'il serait bien désirable que l'on nous conservât, donne une juste idée des efforts considérables accomplis dans ces derniers temps par le Conseil municipal, par la Prélecture de la Seine, et par les éminents ingénieurs de la Ville de Paris.