PREFACE
Dès le commencement de l’année 1877, Son Altesse Royale le Président de la Commission britannique fit part au Gouvernement des Indes des mesures projetées pour l’Exposition de Paris, et de son intention d’y contribuer en envoyant la riche collection de présents rapportée par lui et temporairement déposée au Musée de Bethnal Green.
La participation du gouvernement des Indes à l’Exposition avait été déjà soumise au conseil à la suite de communications faites par l’Ambassadeur français, au Secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères. On avait reconnu qu’en présence des lourdes charges qui pesaient sur le budget, le pays ne recueillerait pas de cette Exposition des avantages suffisants pour justifier une dépense égale à celle faite dans les occasions précédentes, et que des envois d’objets indiens dans la même proportion qu’à l’Exposition Internationale de Philadelphie, seraient suffisants. En conséquence le Commissaire représentant le Gouvernement britannique fut chargé de faire un choix de matières premières et d’objets fabriqués.
Comme la collection prêtée par Son Altesse Royale était plus que suffisante pour représenter les classes diverses de l’art industriel indien, le Gouvernement des Indes résolut d’y joindre une collection complète des produits bruts du pays.
Ensuite le Comité se décida à solliciter la coopération des négociants importateurs susceptibles de lui venir en aide pour rendre plus brillante la série des principales fabrications artistiques des Indes. Il ne restait plus qu’à y joindre ceux de ces objets de fabrication indigène qui, malgré leur faible valeur intrinsèque, ont néanmoins, comme échantillons de l’industrie artistique du pays, une valeur importante. Plusieurs des classes de ces produits indigènes se trouvaient déjà pleinement représentées dans des collections appartenant à plusieurs personnes qui les mirent à la disposition du Comité (et principalement dans la riche collection de Madame Rivett Carnac, composée de plu3 de 6,000 objets de joaillerie indigène).
Il ne restait plus qu’à réunir des collections supplémentaires de poteries communes, d’ouvrages en métaux, de cotons imprimés, etc., pour avoir la représentation à peu près complète des produits principaux de l’Empire des Indes. À cet effet, Son Altesse Royale, par l’intermédiaire du Marquis de Salisbury, écrivit officiellement aux Indes pour demander l’assistance de Lord Lytton, G 343. Wt. B 343. A 2
Viceroi et Gouverneur-Général des Indes, du Duc de Buckingham et de Chandos, Gouverneur de Madras, de Sir Richard Temple, Gouverneur de Bombay, de Sir George Couper, Gouverneur- Lieutenant des provinces du Nord-Ouest, de M. Egerton, Gouverneur-Lieutenant du Punjab, et de M. River s Thompson, Commissaire en chef du Burma britannique, et pour prier ces messieurs de diriger l’emploi de plusieurs sommes d’argent votées par le Comité pour l’acquisition de divers objets déterminés.
Le choix ainsi fait consistait én : —
Poteries de Bombay et de Sind.
Poteries de Madras.
Poteries et ouvrages en métaux du Punjab.
Poteries d’Azimghur.
Ouvrages en métaux de Tanjore et de Madura.
Cotons de Masulipatam.
Ouvrages en laiton (bronze) de Bénarès.
Sculptures en bois, et objets en étain, de Burmah.
Mousselines de Lucknow.
Vers la fin de l’an 1877 ces objets commencèrent à arriver en même temps que des vases de grandeur remarquable provenant de Jeypore, ainsi qu’une porte sculptée de Burma, prise dans l’Hôtel du Gouvernement à Calcutta et prêtée par le Viceroi.
Le Maharajah de Kashmir fit également part de son désir de participer à l’accroissement des collections, et après lui le Maharajah de Patiala et les Rajahs de Jind et de Nabha.
Par suite de l’importance nouvelle que prenaient les collections indiennes et qui dépassait les calculs sur lesquels le Comité avait basé ses arrangements, Son Altesse Royale le Président alla demander personnellement aux Autorités françaises l’emplacement comprenant la moitié du grand transept ou vestibule, vers l’ouest. Cette demande ayant été accordée, la section des Indes obtint la place d’honneur, en avant des départements étrangers de l’Exposition de 1878.