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LINGERIE

'industrie de la lingerie qui comprend deux divisions bien distinctes :

La lingerie en gros;

La lingerie en détail ; saut elles-mêmes en :

Lingerie pour hommes et enfants;

Lingerie pour femmes et fillettes;

Layettes et trousseaux, est plutôt prospère.

Le chiffre des exportations, en augmentation sur les années précédentes, a atteint, en 1904, 22.017.015 francs.

Malgré cette prospérité, on peut dire que tous les manufacturiers des articles de lingerie traversent en ce moment une période difficile, par suite de la concurrence, de l’énorme difficulté qu’ils ont à se procurer les matières premières nécessaires à leur industrie, des augmentations de la main-d’œuvre et de la hausse des charbons.

La lingerie en gros pour hommes et enfants comprend les chemises, caleçons, gilets de flanelle, faux-cols. Les maisons qui tahriquent la lingerie d’hommes font les mêmes articles, ou des articles spéciaux pour enfants ou garçonnets, toutefois les chemises d’enfants ne sont établies, généralement, qu’à partir de six ans, les articles au-dessous de cet âge sont considérés comme layette.

La plupart des maisons fabriquent en usines; celles qui n’en ont

se subdivi

EXI'OSITION DE LIEGE

))as s'adresscnl à des entrepreneurs qui sont obligés eux-mènies d’avoir des nioleurs pour actionner leur matériel, la fabrication avec les machines au pied tendant à disparaître de plus en plus; les machines à boutonnières, qui commencent à se perfectionner, font abandonner chaque jour davantage tout le travail à la main pour les chemises, caleçons, gilets et faux-cols.

Toutes les machines sont américaines ou allemandes, les machines françaises sont presque complètement délaissées, sauf une, qui s’emploie fréquemment pour les piqûres des cols et poignets.

Depuis quelques années, l’usage de la chemise de couleur a pris une très grande extension, au détriment de la chemise blanche; l’hiver, on porte de la flanelle, l’été des chemises en zéphir ou de tissus imprimés.

Ce changement a été provoqué dans certaines classes de la société, aussi bien par un caprice de la mode que par le côté pratique et économique, qui fait abandonner également de plus en plus les chemises avec cols, pour celles sans cols ni poignets.

L’importance de la fabrication des caleçons et gilets, malgré la concurrence de ces mômes articles en bonneterie, ne semble j)as en diminution ; les caleçons se font pour l’été en couleurs et tissus légers de fantaisie, pour l’hiver, en flanelle de toutes sortes; le caleçon de coton écru, qui se faisait tant autrefois, ne se porte pour ainsi dire plus.

Les fabricants de gilets de llanelle traversent des moments difficiles, par suite de la hausse tout à fait anormale que la laine a subie l’année dernière.

La quantité de maisons fabriquant les faux-cols et manchettes, qui se sont créées depuis quelques années, témoigne combien cette industrie est prospère.

Les articles français qui, en tant que matières employées, ont toujours été incontestablement supérieurs, peuvent maintenant, grâce au perfectionnement du blanchiment, lutter avantageusement comme apparence avec les produits allemands et autrichiens.

De tels résultats d’une part, d’autre part l’usage de jilus en j)lus répandu des faux-cols et manchettes dans la toilette masculine, voire même souvent comme parure dans la toilette féminine, permettent d’envisager très favorablement l’avenir réservé à cette intéressante industrie.

Les principaux pays de jiroduction pour la lingerie sont ; le (iher,

rindre, l’Indre-el-Loire, le Loiret, la Somme, la Seine-Inférieure et les Vosges.

Les salaires varient beaucoup; chaque ouvrière, se spécialisant dans un article, gagne suivant son habileté et la difficulté du travail de 1.50 à 3.50 et 4 francs.

On contie également à des ouvrières travaillant chez elles, et dont la moyenne des salaires est un peu moins élevée, des travaux demandant des soins particuliers, tels que boutonnières, ourlets, etc..., mais il n’y a jamais de chômage, les fabricants étant toujours gênés, souvent même arrêtés par pénurie de la main-d’œuvre, ce qui les oblige à prévoir d’avance tous leurs besoins et à faire fabriquer l’été de la lingerie d’hiver, et l’hiver de la lingerie d’été.

Les maisons de lingerie en gros pour femmes, sauf de très rares exceptions, ne sont pas organisées d’une façon industrielle; le travail est confié à des entrepreneurs qui le distribuent dans les divers centres adonnés à cette confection, et le prix de la main d’œuvre varie beaucoup suivant les pays, les saisons et l’importance des commissions. Quand les festons sont terminés ou les broderies achevées, on réexpédie le travail dans d’autres centres pour être cousu à la main, cette confection à la main étant maintenant absolument exigée par la clientèle, même pour les articles à bas prix; dans ces conditions, il est difficile d’obtenir un travail régulier; quelques régions cependant se spécialisent dans certains articles, comme par exemple les fonds de bonnets qui se confectionnent en Vendée et en Bretagne, mais ce sont des exceptions.

L’année 190.5 a été particulièrement pénible pour les fabricants de lingerie, qui, malgré une augmentation de 15 à 20 °/o sur le prix de la main-d’œuvre, n’ont pu obtenir que difficilement le travail; il ne fut pas rare de voir des commissions rester plusieurs mois en souffrance; d’ailleurs, dans certains centres, dans les Vosges par exemple, au moment des moissons et de la vendange, et dans les environs des villes d’eaux pendant toute la belle saison, les ouvrières étant occupées à un travail mieux rétribué, il est impossible de les employer aux travaux de lingerie.

On a cherché, depuis quelque temps, devant la difficulté à obtenir du travail brodé, à employer des dentelles et des entredeux dont la fabrication est plus facile, mais certaines maisons établirent bientôt des articles communs et bon marché, s’adres-

EXPOSITION DE LIEGE

sanl à la grande consoniinalion, (|ui nuisireiil au développeinenl de ces nouveaux genres de garnilures pour les arlicles riches.

La vogue des chemiselh's hlanclies ipii fui si grande, raiinée (li-rnière nolaniinenl, a élé, pour les fabricants de lingerie pour leinnies, un élément d’atfaires d’aulani plus important que la faveur qu’a rencontrée la chemiselte à jours, a fait augmenter considérablement la fabrication des cacbe-corsets; d’autre part, le goût de plus en plus manifeste de la femme pour des dessous, suivant sa situation, soignés, élégants ou capiteux, a donné un dévelopjjement énorme à la fabrication des jupons en tous genres, et on peut aftirmer sans hésitation que tout concourt à assurer à l’industrie parisienne de la lingerie féminine le plus brillant avenir, que justifient ses créations constantes, son sens de la mode, sa confection irréprochable.

Tontes les maisons qui fabriquent de la lingerie d’hommes et de femmes pour la vente au détail, s’adressent à des entrepreneurs, et encore doivent-elles, pour la lingerie d’hommes, restreindre leur fabrication à quelques articles seulement ; chemises, caleçons, car certains autres, comme les faux-cols et les gilets, demandent une installation et une organisation que l’on ne peut rencontrer que dans les maisons de gros. Seuls, certains grands magasins de nouveautés ou de spécialité, ont installé chez eux de vastes ateliers de lingerie et ont, en outre, des services de manutention et de^ coupe parfaitement organisés, qui répartissent l’ouvrage entre de nombreux entrepreneurs travaillant exclusivement pour eux.

11 est juste de constater ici que ces maisons, en établissant chaque année, lors de ces traditionnelles expositions de blanc, qui sont devenues maintenant de véritables événements parisiens, des articles aussi séduisants par leur élégance que par leur bon marché, ont largement contribué au développement indéniable du goût que manifeste actuellement la femme pour les articles de lingerie, goût qui a une répercussion si heureuse sur l’industrie toute entière.

FRANCE

La lingerie jiour hommes, femmes et enfants occupait, à Liègi', un l'inplacement considérable.

Les récompi'nses obteniu's [lar les cin([ maisons parisiennes-, qui

classe 86.

.4CCESSOiRES DU VETEMENT

représentaient la lingerie pour hommes, disent assez par ellesmêmes la prépondérance dont jouissent ces maisons dans leur

industrie; deux, en effe't, furent hors concours et les trois autres obtinrent chacunemn Grand prix.

EXPOSITION DE EIEGE

La plus aiici(Miiie (‘L <‘ii uiriiu' l(Mii[)s la plus iiuportuulp, iiionlrait dans une grande et belle ^ ilriue, à eùlé des articles formant le fond de sa fabrication. t(ds ipic cbemises d’iioniines, fanx-cols et manchettes, (piehjues spécimens fort réussis et très élégants de lingerie pour dames.

Cette maison, dont le chef respecté était le jirésideni de la (dasse <S6, (pii jiossède plusieurs usines en province et fait un chiffre d’affaires considérabh', était hors concours (juré-expert).

Un grand magasin de confections jiour hommes et enfants, dont la réputation n’est plus à faire, montrait dans une vitrine fort liien disposée des articles de lingerie pour hommes. Ces objets se faisaient surtout remarquer par les soins apjiortés dans leur confection qui nous a paru irréjirochable.

Cette maison était hors concours, un de ses directeurs étant membre du Jury dans un autre Groiqie.

Une maison de chemises pour hommes, utilisant l’ingénieux dispositif qu’elle avait adopté dans de précédentes Ex])ositions, présentait des chemises de tous genres pour hommes, articles riches et de haute iantaisie, formant un ensemble du plus heureux effet.

Le Jury international, en décernant un Grand prix à cette maison, de fondation relativement récente, a voulu la récompenser des efforts qu’elle a faits pour se classer au nombre des plus importantes de son industrie.

Un Grand prix fut également attribué à un fabricant de chemises et de lingerie, vendant directement au consommateur les articles provenant de ses Importantes usines de province, et qui montrait dans une vitrine d’un arrangement heureux les spécimens de sa fabrication.

Dans une vitrine disposée avec goût, une maison parisienne, dont la spécialité est la fabrication de la lingerie de llanelle pour hommes, avait réuni de nomlireux modèles de sa production variée.

On remarquait surtout, à côté d’articles courants, des dessous coiilectionnés en tussor français, qui ont été, de la part du Jury, l’objet d’un examen tout j)articuliei-, ainsi que des spécimens d’un

article breveté, dénommé col magique ”, destiné à donner la rigidité indispensable pour le port du faux-col.

Cette maison, qui possède en province deux usines très importantes et dont le chilfre d’affaires s’accentue sans cesse, a vu ses efforts justement récompensés par un nouveau Grand prix.

Deux fabriipies de faux-cols et manchettes complétaient cette Exposition de la lingerie parisienne. ,

La première avait su disposer de façon ingénieuse différents modèles de ses articles pour hommes et dames, en toile et percale, d’une confection iri'éprochable. Diplôme d’honneur.

Une médaille d’or fut accordée à la seconde qui présentait à côté de ses cols et manchettes, une chemisette entièrement brodée à la main.

Les fabricants de lingerie iiour femmes et enfants avaient été groiqiés en liordure de l’allée jirincipale de la Classe. Leurs vitrines disposées avec une recherche du meilleur goût, formaient un ensemble charmant qui séduisait immédiatement par la richesse, l’élégance et la variété des modèles exposés.

La première vitrine qui attirait l’attention des visiteurs était celle d’une très importante maison de lingerie de Paris, qui s’est fait une .spécialité des articles de haute élégance et qui montrait de véritables merveilles du travail féminin, parmi lesquelles il faut signaler des corsages et des robes d’une exécution parfaite. Par ses créations constantes et la perfection de sa main-d’œuvre, cette maison a su développer d’une façon considérable ses affaires à l’exportation, et maintenir ainsi à l’étranger le bon renom de la fabrication parisienne.

L(‘ Jury lui décerna un Grand prix.

Un de nos grands magasins de nouveautés de Paris, dont ilest un des attraits et une des curiosités, avait fait une démonstration magnifique, digne de sa réputation universelle. Dans une superbe vitrine isolée, décorée de la façon la plus gracieuse, il avait réuni de nombreux spécimens de lingerie pour femmes et enfants, qui faisaient le jdus grand honneur au goût de ceux qui avaient conçu CCS merveilles et à l’habileté des ouvrières qui les avaient exécutées.

EXPOSITION DE LIÈGE

'l'ous les objets exposés iiiérileraieiil une inenlioii spéciale, car Ions étaieiil reiiianiiiables, laiil par l’éléo-aiice de leur forme, ([ue par la richesse des tlenlelles el des broderies a la main f[u on avait assmnblées jioiir réaliser de vérilables chefs-d’oMivre.

(telle maison élail hors concours, un de ses géranls faisant partie du Jury dans une aidre (tlasse.

Un diplôme d’honneur fui allrümé à un aulrt* magasin de nouveautés de Paris, qui, dans un cadre de dimensions moindres, présentait un ensemble d’ohjels de lingerie pour femmes d une joliesse parfaite et d’un caclud indéniable.

Une maison de gros de Paris mollirait des spécimens de belle lingerie, avec broderies el applicalions, d un Iravail Ires soigné.

classe 8G. — ACCESSOIRES DU VETEMENT

Lc2bicnrrini est d’ailleurs la'caraclcrislique de celle maison à laquelle le Jury accorda un diplôme d’honneur.

Dans une ravissante vitrine, délicieux assemblage de blanc et de mauve, on pouvait contempler les merveilleux modèles présentés

par une importante maison de lingerie de dames, dont les créations, véritable quintessence du goût parisien, donnent d’abord le ton à

EXPOSITION DE LIKOE

la mode, sonf. ensiiilc copiées el reproduiles dans des arliclcs moins riches, et servent enlin à comliiner les types de grande vente.

(letlc Exposition remarquable, unique dans son genre, obtint nn di[)lüme d’bonnciir.

Enfin, nne maison de gros de Paris, qui fabrique la lingerie ordinaire et courante, reçut une médaille d’or.

BELGIQUE

Une des vitrines les plus remarquables de la Section belge était celle d’une grande maison de lingerie de Bruxelles. Cotte maison, d’une importance considérable, employant un nombreux personnel, vend au public, dans ses vastes magasins aménagés avec le goût et les idées modernes, non seulement le produit de ses ateliers de lingerie, qui jouissent d’une grande réputation en Belgique, mais encore beaucoup d’autres articles, qui complètent heureusement le genre que la maison s’est créé.

La démonstration qu’elle a faite ici est, de tous points, digne de sa grande renommée.

Cette importante maison était hors concours, son chef faisant partie du Jury de notre Classe.

C’est un plaisir pour nous de constater que le chef de cette entreprise est un de nos compatriotes, et qu’il appartient à cette élite de bons Erançais qui, fixés à l’étranger, font honneur à leur pays d’origine jiar leur travail et leur esprit d’initiative.

Une autre maison de lingerie pour femmes, de Bruxelles, exposait un bel assortiment de blouses, chemises de nuit, tabliers de fantaisie, corsages avec broderies et applications, d’une falirication soignée. Le Jury accorda à cette maison, bien qu’elle exiiosàt pour la première fois, un di})lôme d’honneur.

Une fabrique bruxelloise de lingerie pour hommes avait fait une très belle Exposition, démontrant bien l’ensemble de sa fabrication: chaque art icle : faux-cols, manchettes, devants de chemises, [ilastrons, était présenté avec goid.

Cette maison, de fondation relativement récente, a su prendre

rapidement une place intéressante dans son industrie et le Jury voulut l’encourager et reconnaître les elîorts faits en lui attribuant un diplôme d’honneur.

Lu magasin de nouveautés de Bruxelles présentait, entre autres articles, quelques pièces de lingerie [lour femmes, corsages, pantalons, chemises, peignoirs.

Le Jury lui décerna une médaille d’argent.

Une fabrique liégeoise de chemises pour hommes, qui exposait seulement quelques spécimens de sa fabrication, était hors concours, son chef faisant partie du Jury dans une autre Classe.

JAPON

La lingerie, dans la Section japonaise, était représentée par une seule maison, une fabrique de chemises de Yokohama, qui exposait des chemises à l’européenne, dont la confection, malgré les progrès réalisés, ne pouvait en aucune façon être comparée à notre fabrication parisienne.

Cette maison, qui fait un chiffre de 300.000 yens (774.000 francs) et qui emploie 200 personnes, obtint une médaille d’or.

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