‹ Extrait d'un mémoire intitulé Des hallucinationsChapitre 17 sur 49 · DU CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

DU CHAPITRE TROISIÈME

blissent l'action de la volonté, et suspendent les impressions externes, sont les causes directes des hallucinations.

Les passions excitantes et les excitants généraux qui tendent à augmenter l'énergie du pouvoir personnel, ne provoquent, au contraire , les fausses perceptions sensorielles que d'une manière indirecte.

4° Les hallucinés pendant la durée de leurs fausses perceptions sont souvent dans un état spécial caractérisé, outre les hallucinations, par l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination, la suspension des impressions externes, et l'inertie plus ou moins complète de la volonté. Cet état peut être appelé état d'hallucination.

L'exercice involontaire des facultés n'accompagne pas seulement les hallucinations, mais souvent il les précède et en forme comme le prodrome.

Esquirol avait remarqué chez les hallucinés quelque chose d'analogue à -l'état d'hallucination, mais il parait a\oir compris la nature de cet état d'une manière différente.

C'est à tort qu'on a comparé tous les hallucinés à des gens qui rêvent éveillés.

L'état d'hallucination a une durée variable; il peut se prolonger plusieurs heures, ou -cesser après quelques secondes. Cet état, souvent interrompu par les impressions externes, se reproduit avec une extrême facilité aussitôt que le malade est abandonné à lui-même.

Les hallucinés assistent quelquefois avec conscience à leurs fausses perceptions sensorielles, et les impressions externes ne sont alors qu'incomplètement suspendues; l'état de ces malades est analogue à l'état intermédiaire à la veille et au sommeil.

Quelquefois les hallucinations persistent dans l'état le plus complet de veille, et malgré les efforts que fait le malade pour les suspendre. Il s'établit, dans ce cas, une sorte de lutte entre la volonté et l'imagination.

4j4 RÉSUMÉ

Il faut, outre l'exercice involontaire de certaines facultés et la suspension des impressions externes, admettre pour expliquer les hallucinations une excitation interne plus ou moins vive des appareils sensoriels. Les faits qu'on peut invoquer pour prouver cette excitation sont les suivants :

L'élément psychique de l'hallucination existe souvent sans l'élément sensoriel, ou bien il persiste quand l'élément sensoriel a cessé; d'où on peut conclure que cet élément sensoriel est produit par une cause distincte de celle qui agit sur l'imagination.

L'excitation longtemps prolongée d'un sens dispose aux hallucinations de ce sens.

Les causes qui provoquent les hallucinations troublent en même temps les fonctions des appareils sensoriels.

Des phénomènes sensoriaux précèdent ou accompagnent souvent les hallucinations.

Le point de départ des hallucinations est et ne peut être que dans l'intelligence. Des objections insolubles s'élèvent contre l'opinion qui tend à faire considérer l'excitation des appareils sensoriaux comme le phénomène initial. Les rapports des hallucinations de plusieurs sens entre eux; ceux qu'on observe entre les fausses perceptions et les idées dominantes des malades, deviendraient, en effet, impossibles à comprendre.

L'hallucination se produit de dedans en dehors, c'est-à-dire d'une manière tout-à-fait opposée à la sensation normale.

L'hallucination peut être définie : une perception sensorielle indépendante de toute excitation extérieure des organes des sens, et ayant son point de départ dans l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination.

La production des hallucinations psychiques est favorisée par les mêmes conditions que celle des fausses perceptions psychosensorielles. Il n'y a de moins que l'excitation interne des appareils sensoriaux auxquels le phénomène est alors tout-à-fait étranger.

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