‹ Extrait d'un mémoire intitulé Des hallucinationsChapitre 27 sur 49 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Hallucinations de l'ouïe et de la vue au moment du sommeil et du réveil.

Marie L..., âgée de quarante-deux ans, domestique, est entrée à la Salpêtrière, le 1er octobre i84i, dans le service de M. Mitivie. Elle est d'une constitution forte, très pléthorique et sujette à des étourdissements. Il y a deux ans, les règles se sont dérangées, et depuis un an elles n'ont paru qu'une fois.

Le 10 août, cette femme se réveille au milieu de la nuit, entendant des voix qui rappellent par son nom. Elle distingue entre autres la voix de sa mère, de sa sœur et de sa belle-sœur, qui lui demandent des messes. Après quelques instants, le bruit cesse, et la journée se passe bien; mais le soir, étant couchée et au moment du sommeil, elle entend les mêmes voix, si fortes, si distinctes, qu'elles l'empêchent de s'endormir tout-à-fait quand elle s'assoupit. Réveillée, elle n'entendait plus rien, mais l'assoupissement ramenait constamment les voix. Depuis quelque temps elle rêvait beaucoup de ses parents morts, mais elle n'y pensait pas pendant le jour.

Ces hallucinations de l'ouïe, qui avaient lieu aussi au moment du réveil, ne revinrent que pendant deux jours; mais après trois semaines, le jour même où une saignée fut pratiquée à la malade, elles reparurent de nouveau; c'était, comme la première fois, uniquement au moment du sommeil. On la menaçait de la tuer; on lui demandait des messes. Elle a aussi vu des papillons, des oiseaux qui voltigeaient autour d'elle, des souris qui couraient dans la chambre; elle était tout étourdie. Les hallucinations entraînèrent sans doute la malade à quelque acte déraisonnable qui la fit conduire à la Salpêtrière; mais, dès son entrée, les fausses sensations n'eurent plus lieu, et cette femme put sortir peu après sans avoir présenté aucun signe bien franche de délire.

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