Extrait d'une lettre du R. P. Portier, O.M.I
rivières sont déjà gelées, il ne lui restera d’autre ressource que celle de la marche à pied pour atteindre son poste. Voilà pourquoi les sœurs missionnaires, au nombre de six, ne s’y rendront qu’en janvier prochain, alors que les chemins sur la glace seront en bon état.
La population de la mission comprend présentement 4.400 Indiens, dont 300 Montagnais et 300 métis Cris, disséminés sur un territoire de 440 milles de longueur per 420 de largeur. Le R. P. Rapet a pour auxiliaires les RR. PP. Ancel et Cochin, et quatre frères convers, tous Oblats de M. I.
Les sœurs vont reprendre la direction de l’école. Un nouvel édifice de cent pieds de longueur, placé dans un endroit idéal, à trente milles de l’ancienne maison, attend les futures missionnaires, Leurs noms ne sont pas encore connus, mais à Montréal et à Saint-Boniface, on envie le partage de celles qui seront choisies. Plusieurs anciennes d'ici, qui ont vécu de longues années à Plle-à-la-Crosse, regrettent que l'âge ne leur permette plus d’y retourner.
S. G, Mgr Langevin, qui a aidé le R. P. Rapet dans ses démarches, a appris avec un vif plaisir leur heureuse issue.
Les Cloches.
Le %8 juillet avait lieu le grand pèlerinage au lac Sainte- Anne. Quelques jours avant, j'étais allé à Saint-Albert chercher les objets qui nous étaient nécessaires, et, le dimanche, nous commencions nos préparatifs : décorations, organisation de la maison pour recevoir pères, frères, sœurs, qui devaient venir. Le mardi, à midi, beaucoup de pélerins étaient déjà arrivés, et, à 4 heure, les confessions commençaient. Jusqu'à onze heures du soir, je n’ai quitté le confessionnal que pour le Salut du Très Saint Sacrement et le souper. Pendant le Salut, petite instruction et explication du programme pour le lendemain.
Le matin de la fête, dès quatre heures et demie, j'étais au confessionnal ; à cinq houres, première messe basse, à la fin de laquelle je distribuais, sans arrêt, 250 communions ; à six heures et demie, seconde messe basse, communions très nombreuses jusqu'à huit heures. A huit heures, je chantais la grand'messe pour les pélerins de langue crise et je préchais en cette langue. À dix heures, grand'messe pour les pèlerins de langue française et anglaise, chantée par mon compagnon, le P. Lizée, et pendant laquelle je prêchais en français. Un autre Père donna le sermon anglais.
A midi, diner bien gagné, qu’en pensez-vous ?
J'avais comme convives, avec mon compagnon, deux autres Pères, quatre religieuses et sit ou sept Frères.
J'avais heureusement quelqu'un à la cuisine et une autre personne à un petit magasin d'objets de piété, que j'avais installé à la porte de la maison. Mais il me fallait quand même être partout, voir tout, répondre à celui-ci, à celui-là.
À trois heures, nous avions un nouvel office : bénédiction des malades et prières solennelles pour eux. Après quelques paroles que j’adressai en français et en cris, eut lieu la vénération des reliques de sainte Anne. Ce qui vous donnera une idée du nombre de pèlerins, c’est que le défilé rapide et ininterrompu pour baiser les reliques dura une beure trois quarts.
Enfin, le soir, vers huit heures, nous avions la procession suivie du salut solennel et du Te Deum. Ensuite je no pus m'empêcher de dire encore quelques paroles pour remercier tous ces pélerins et leur adresser un chaleureux au revoir pour l’année prochaine. Encore quelques confessions et à minuit j'étais au lit. Mais voilà qu’à peine endormi on me demandait pour un malade. C’était tout proche. Une heure et demie après, j'étais rendormi; cependant la nuit fut courte, car, à cinq heures, j'étais à l'église pour le messe. Nous avons eu, là encore, un grand nombre de communions.
À huit heures, tous les pélerins étaient partis et nous rentrions dans le calme.
Ce n’est pas notra petit pélerinage, ni Lourdes, ni Sainte-Anne d’Auray, mais c’est cependant bien beau et bien consolant.
Si je suis ici l’année prochaine, j'essaierai de mieux faire, d’avoir une meilleure organisation. Il faut attirer les foules en ce lieu et sainte Anne va nous y aider. Il y a déjà eu des miracles, mais pas assez, Tout cela viendra, si Dieu le veut.
Maintenant je vais d’un côté sur l’autre. Cette semaine je suis ailé deux fois au lac Blanc; la première pour un homme devenu fou, la seconde pour une femme malade. La semaine précédente, le P. Lizée et moi étions allés à Saint-Albert assister à de grandes fêtes : deux jours de jubilé. Jubilé de diamant du P. Lacombe et jubilé d’or des sœurs Grises de Montréal : il y a cinquante ans qu’elles sont dans le Nord-Ouest. — Quelles belles fêtes [I Nous étions réunis plus de soixante prêtres, et un nombre encore plus grand de religieuses. Les principales autorités du pays s'étaient jointes à nous, bien que protestantes, car nous ne sommes pas en France |
La semaine prochaine, je pars pour l'Ouest. Je compte me rendre à cent milles d'ici, m’urrêtant ici et là, suivant les circonstances et les catholiques que je trouverai.
1i y a un chemin de fer en construction allant d'Edmonton aux montagnes Rocheuses, passant à dix milles au stid d'ici. Je visiterai les camps des travailleurs, parmi lesquels il y a pas mal de catholiques; j’en aurai bien pour toute la semuine,