‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 21 sur 200 · LIVRE I, CHAPITRE III. Ia · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III. Ia

nément ^ on le peut légitimeuient ; et , puisque le plus fort a toujours raison , il ne s'agit qu^ de faire en sorte qu on soit le plus fort. Or qu'est-ce qu un droit qui périt quand la force cesse? S'il faut obéir par force , on n a pas besoin d'obéir par devoir ; et si l'on n'est plus forcé d'obéir, on n'y est plus obligé. On voit ' donc que ce mot de droit n'ajoute rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout.

Obéissez aux puissances. Si cela veut dire , cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu^ je ré-

• • ponds qu'il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu , je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi : est-ce à dire qu'il soit défondu d'appeler le médecin? Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois-, non seulement il faut par force donner la bourse ; mais , quand je pourrois la soustraire, suis-je en con* science obligé de la donner? car enfin le pistolet qu'il tient est aussi une puissance.

I: Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes» Ainsi ma question primitive revient toujours.

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