‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 30 sur 200 · LIVRE I> CHAPITItfi Vtt. tl · texte numérisé non relu

LIVRE I> CHAPITItfi Vtt. tl

sons uù. seul et même rapport, il est alors dans le cas d un particulier contrieictant avec soi-fUéme : par loù 1 oto voit qu'il n'y a ni ne peut y avoir nulle espèce de loi fondamentale obligatoii*e pour le corps du peuple , pas même le contrat social* CSe qui ne signifie pas que ce corps ne puisse fort bien s'engager envers autrui , efi ce qui ne dérage point à ce contrat; car, à IVgaixl de l'étranger , il devient un être simple , un individu. Mais le corps politique ou le souverain , ne tirant son être que de la sainteté du contrat, ne peut jamais s'obliger , même envers autrui , à rien qui déroge à ceï acte primitif, comme d'aliénei' q«ielque portion de lui-même , ou de se soumettre à un autre souverain. Violer l'acte par lequel il existe seroit s'anéantir; et ce 43pd n'est rien ne produit rien. /

Sitôt que cette multitude est ainsi réunie en un corps , on ne peut ofienser un des membres sans attaquei^ le corps, encore moins offenser le corps sans que ks membres s'en ressentent. Ainsi le devoii* et l'intérêt obligent également les deux parties contractants à s'entt^'aider mutuellemeat; et les mêmes hommes doi^ vent diercher à réumr sous ce double rapport tous les avantages qui en dépendent.

Or, le souverain , n'étant formé que des particulieild qui le composent, n'a ni ne peut avoir d'intérêt con* traire au leur ; par conséquent la puissance souveraine n'a nul besoin de garant eu vers les sujets , pai^cequ'il est impossible que le corps veuille mare à toud ses membres ; et nous verrons ci^près qu'il ne peut nui^e à aucun en particulier. Le souverain , par eela seul qu'il est, est toujours tout ce qu'il doit être.

Il6 DU CONTRAT SOCIAL.

: Mais il n'en est pas ainsi des sujets envers lé souverain, auquel, malgré Imtérêt commun, rien ne ré'^ •pondroit de leurs engagements, s'il ne trouvoit des moyens de s assurer de leur fidélité.

£n effet chaque individu peut, comme homme, avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu'il a comme citoyen; son intérêt particulier peut lui parler tout autrement que l'intérêt commun; son existence absolue, et naturellement in* dépendante , peut lui faire envisager ce qu'il doit à la cause commune comme une contriEûtion gratuite, dont la perte sera moins nuisible aux autres , que le paiement n'ai est onéreux pour lui; et regardant la personne morale qui constitue l'état comme un être de raison , parceque ce n'est pas un homme , il jouiroit des droits du citoyen sans vouloir remplir les devoirs du sujet; injustice dont le progrès causeroit la ruine du corps politique .

Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire , il renferme tacitement cet engagement , qui seul peut donner delà force aux autres , que quiconque refusera d'obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre; car telle est la condition qui , domaant chaque citoyen à la patrie , le garantit de toute dépendance personnelle ; condition qui fait l'arti* fice et le jeu de la machine politique , et qui seule rend légitimes les engagements civils, lesquels, sans cela, seroient absurdes , tyraiiniques , et sujets aux plus énormes abus.

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