‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 33 sur 200 · LIVRE I, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IX

forces contre Tétranger, par une cession avantageuse au public et plus encore à eux-mêmes, ils ont, pour ainsi dire , acquis tout ce qu'ils ont donné : paradoxe qui s'explique aisément par la distinction des droits que le souverain et le propriétaire ont sur le même fonds , comme on verra ci-après.

Il peut arriver aussi que les hommes commencent à s'unir avant que de rien posséder, et que, s'emparant ensuite d'un terrain suffisant pour tous, ils en jouissent en commun , ou qu'ils le partagent entre eux, soit également, soit selon des proportions établies par le souverain. De quelque manière que se fasse cette acquisition, le droit que chaque particulier a sur son propre fonds est toujours subordonné au droit que la communauté a sur tous ; sans quoi il n'y auroit ni solidité dans le lien social, ni force réelle dans l'exercice de la souveraineté.

Je terminerai ce chapitre et ce livre par une remarque qui doit servir de base à tout le système sor cial ; c'est qu'au lieu de détruire l'égalité naturelle , le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que. la nature avoit pu mettre d'inégalité physique entre les hommes, et que , pouvant être inégaux en force ou en génie , ils deviennent tous égaux par convention et de droit '.

' Sous les mauTais goavernements, cette égalité n*est qu'apparente et illusoire ; elle ne sert qu à maintenir le pauvre dans sa misère, et le riche dans son usurpation. Dans le fait, les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent, et nuisibles à ceux qui n*ont rien : d*où il suit que l'état social D*est ayanta{j;eux aux homme» qu'autant qu'ils ont tous quelque chose, et qu'aucun d'eux n'a rieix de trop.

I3d DU CONTRAT SOCIAL.

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LIYRE II

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