LIVRE II,, CHAPITRE î. " HS
qu^oxi ait un garant de cet accord , quand même il devroit toujours exister; ce ne seroit pas un effet de Tart , mais du hasard. Le souverain peut bien dire, Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu'il dit vouloir; mais il ne peut pas dire, Ce que cet homme voudra demain , je le voudrai encore, puisqu'il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour Ta venir , et puisqu'il ne dépend d aucune volonté de consentir à rien de contraire au bien de l'être qui veut. Si donc le peuple promet simplement d'obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qua* lité de peuple; à l'instant qu'il y a un maître , il n'y a plus de souverain, et dès-lors le corps politique est détruit.
Ce n'est point à dire que les ordres des chefs ne puissent passer pour des vdlontés générales , tant que le souverain, libre de s'y opposer, ne le fait pas. Eq pareil cas, du silence universel on doit présumer le consentement du peuple. Ceci s'expliquera plus au long.