‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 65 sur 200 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Da principe qui constitue les diverses formes de gouvernement.

Pour exposer la cause générale de ces différences ^ il faut distinguer ici le prince et le gouvernement, comme j'ai distingué ci-devant l'état et le souverain.

Le corps du magistrat peut être composé d'un plus grand ou moindre nombre de inembres. Nous avons dit que le rapport du souverain aux sujets étoit d'au* tant plus grand que le peuple étoit plus Nombreux ; et i par une évidente analogie , nous en pouvons dire au-> tant du gouvernement à l'égard des magistrats.

Qr, la force totale du gouvernement , étant toujours celle de l'état , ne varie point : d'où il suit que plus il use de cette force sur ses propres membres , moins il lui en reste pour agir sur tout le peuple.

l68 DU CONTRAT SOGÏAL-

Pônc, plus les magistrats $ont nombreux^ plud le gouvemement est foible. Comme cette maxime est fondamentale , appliquons-nous à la mieux éclaircir.

Nous pouvons distinguer daâs la personne du magistrat trois volontés essentiellement différentes : pre^ mièrement, la volonté propre de l'individu , qui ne tend qu'à son avantage particulier; secondement y la volonté commune des magistrats , qui se rapporte uniquement à l'avantage du prince , et qu'on peut appeler volonté de corps, laquelle est générale paçl^ rapport au gouvernement, et particulière par rapport à Tçtat, dont le gouvernement fait partie; en troisième lieu , la volonté du peuple ou la volonté souveraine , laquelle est générale , tant par rapport à Tétat considéré comme le tout, que par rapport au gouvernement considéré comme partie du tout.

Dans une législation parfaite, » la volonté particu^ lière ou individuelle doit être nulle; la volonté de corps propre au gouvernement très subordonnée; et par conséquent la volonté gén^érale pu souveraine toujours dominante et la régie unique de toutes les autres.

Selon Tordre naturel, au contraire, ces différentes volontés deviennent plus actives à mesure qu'elles se concentrent. Ainsi , la volonté générale est toujours la plus foible, la volonté de corps aie second rang-,. et la volonté particulière le premier de tous : de sorte que dans le gouvernement , chaque membre est premièrement soi-même, et puis magistrat, et puis citoyen ; gradation directement opposée à celle qu'exige l'ordre social.

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