‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 8 sur 200 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Manière de les composer.

A regard de la manière de coni^ser ces conseils ; la plus avantageuse qu'oji y puisse employer paroit être la méthode du scrutin; car par toute autre voie , il est évident que la synodie ne sera qu appparente ^ que les conseils n étant remplis que des créatures des favoris, il ny aura point de liberté réelle dans les suffrages, et qu'on n'aura, sous d autres noms, qu'un véritable visirat ou demi-visirat. Je ne m'étendrai point ici sur la méthode et les avantages du scrutin i comme il fait un des points capitaux du système de gouvernement de l'abbé de Saint-Pierre , j'en traite ailleurs plus au lon'g.'fe me contenterai de remarquer que, quelque forme de ministère qu'on admette, il n'y a point d'autre méthode par laquelle on puisse être assuré de donner toujours la préférence au plu»

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vrai mérite; raison qui montre plutôt 1 avantage que la £sicilité de &ire adopter le scrutin dsuis les cours des rois.

Cette première précaution en suppose d'autres qui la rendent utile , car il le seroit peu de choisir au scrutin entre des sujets qu'on ne connoltroit pas , et Ion ne sauroit connoltr^ la capacité de ceux qu'on n'a point vus travailler dans le genre auquel on les destine. Si donc il faut des grades dans le militaire , depuis l'enseigne jusqu'au maréchal de France, pour fbrmei; les jeunes officiers et les rendre capiables des fonctions qu'ils doivent remplir un jour , n'est-il pas plus important encore d établir des grades semblables dans ladministration civile, depuis les commis jusqu'aux présidents ' des conseils? Faut-il moins de temps et d'expérience pour apprendre à conduire un peuple que pour commander une armée? Les connoissances de l'homme d'état sont-elles plus faciles à acquérir que celles de l'homme de guerre? ou le bon ordre est-il moins nécessaire dans l'économie politique que dans la discipline militaire? Les grades scrupuleusement observés ont été l'école de tant de gr^ds hommes qu'a produits la répubUque de Venise; et pourquoi ne commenceroit-on pas d'aussi loin à Paris pour servir le prince qu'à Venise pour servir l'état?

Je n'ignore pas que l'intérêt des visirs s'oppose à cette nouvelle police : je sais bien qu'ils ne veulent point être assujettis à des formes qui gênent leur despotisme: qu^ils ne veulent employer que des créatures qui leur soient entièrement dévouées, et qu'ils

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puissent d'un mot^eplonger dans la poussière d'où ils les tirent. Un homme dé naissance, de son côté, qui na pour cette foule de valets que le mépris qu'ils méritent, dédaigne d'entrer en concurrence avec eux dans la même carrière , et le gouvernement de l'état est toujours prêt à devenir la proie du rebut de ses citoyens. Aussi n'estrce point sous le visirat, mais sous la. seule polysynodie , qu'on peut espérer d'établir dans l'administration civile des grades honnêtes, qui ne -supposent pas la bassesse., mais le méiûte , et qui puissent rapprocher la noblesse des afikires , dont on affecte de l'éloigner , et qu'elle affecte de mépriser à son tour. ....

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