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= 7 AR à V. — SUR UN AMPHIPODE TERRESTRE EXOTIQUE, 1 f
Talitrus Alluaudi nov. sp., ACCLIMATÉ DANS LES SERRES DU JARDIN DES PLANTES DE PARIS
Vers la fin de l’année dernière, M. Adrien Dollfus a eu l’obligeance de m'envoyer, à deux reprises différentes, des exemplaires d'un Amphipode recueilli dans le terreau et le gravier humide des serres chaudes du Jardin des Plantes de Paris. Le premier envoi ne contenait que de très jeunes spécimens, appartenant sans conteste à la famille des Orchestidæ, mais qu'il n'était guère possible de classer, même comme genre. Quelques jours plus tard, je recevais une trentaine d'exemplaires adultes, parmi lesquels un cer-
tain nombre de femelles ovifères, et je pouvais identifier la forme du Jardin des Plantes avec un Talitre nouveau, qui fait partie d’une petite collection
d'Amphipodes, rapportée des îles Séchelles, en 1892, par M. Charles
Alluaud. Je suis heureux de dédier cette nouvelle espèce à M. Alluaud,
qui m'a confié l'étude des Amphipodes recueillis pendant son voyage. Talitrus Alluaudi est la plus petite espèce connue du genre (1); les plus
grandes femelles ovifères ne dépassent pas 6 millim. de longueur ; les mâles atteignent, au plus, 7 millim. Le dimorphisme sexuel est, du reste, très peu accentué, et consiste seulement dans les proportions du pédoncule des
antennes inférieures, plus robuste et un peu plus long chez le mâle que chez la femelle. En dehors de leur petite taille, ces Talitres sont bien caractérisés ar la grande longueur de leurs antennes supérieures, par la forme allongée
de l’article basal des pattes des cinquième et sixième paires, et surtout par Pétat rudimentaire de leur dernière paire d’uropodes.
Voici une courte description de l’espèce :
Corps peu comprimé. Epimères antérieurs notablement moins hauts que
les segments correspondants du thorax, ceux de la cinquième paire, très
grands, atteignant la hauteur des précédents. Yeux assez grands, arrondis.
Antennes supérieures (fig. 1), très longues, dépassant le milieu du dernier article du pédoncule des inférieures; flagellum aussi grand que le pédoncule,
: Fi&. 1. FIG, 2.
T. Alluaudi S.— Tête et antennes, X 27, T. Alluaudi @. — Gnathopode antérieur XX 36,
(1) L’Orchestia fissispinosa Kossmann (Zoologische Ergebnisse einer Reise in die Kustengebiete des Rothen Meeres, Leipzig, 1880), décrite d’après un unique spécimen de 5 millim. de longueur, doit être un très jeune exemplaire de Talitrus, de Talorchestia où d’'Orchestoida. La figure (PI. XIIT, fig. 1} représentant l'antenne supérieure, qui comprend en tout cinq articles, montre bien qu’il ne s’agit pas d’une forme adulte.
je
Es$ de eb comprenant six articles assez allongés. Pédoncule des antennes inférieures un peu plus long et plus gros chez le mâle que chez la femelle; troisième article plus allongé que d'ordinaire; quatrième article beaucoup plus court que le cinquième; flagellum notablement moins long que le pédoncule, et comprenant de neuf à onze articles (Chez les femelles, les antennes inférieures sont à peine plus longues que l’ensemble de la tête et des deux premiers segments du thorax).
Masse buccale très proéminente. Pièces buccales ne différant pas sensiblement de celles du type (7. locusta). Gnathopodes antérieurs de. 2) très robustes; carpe renflé à sa partie inférieure; propode gros et court, garni de longues épines au bord interne.
Carpe des gnathopodes postérieurs (fig. 3) très court, à peine plus long que le propode, qui présente une extrémité large et arrondie; dactyle très éloigné de l'extrémité du propode.