‹ Extraits choisis des œuvres de Paul Bourget;Chapitre 7 sur 27 · MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

MICHEL-ANGE

A F, Brunetiire.

Non, malgré ton front triste et ton maigre visage, Sombre Buonarotti, je ne te plaindrai pas.

Titan de TArt, jamais tu n'as senti tes bras Défaillir, ni le cœur te manquer à Touvrage.

Fier et robuste ainsi qu'un homme d'un autre âge. Nuit et jour, tu suffis aux plus rudes combats. Et quatre-vingt-dix ans n'avaient point mis à bas Ton corps aussi puissant que ton cœur fut sauvage.

Ceux-là seuls sont à plaindre, à qui, pour vaincre enfin

La matière rebelle à leur esprit divin.

Ta vigueur et ta foi ne furent pas données.

Eux qui, brisés devant leurs rêves les plus beaux. Sentent pour quelques nuits au travail obstinées La folie et la mort monter à leurs cerveaux.

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