‹ Extraits choisisChapitre 13 sur 25 · SPLEEN · texte numérisé non relu

SPLEEN

Les livres que j'ai lus quand j'étais tout enfant M'ont trop fait espérer. Ils m'ont gâté la vie. Et ma pensée, en eux exaltée et ravie.

En vain d'un grand dégoût du réel se défend.

Le plaisir n'eut pour moi qu'un charme décevant. Je ne me suis assis que l'âme inassouvie Au beau festin oîi la jeunesse nous convie, Et je m'en suis levé plus affamé qu'avant.

Je me sens inutile aux autres comme à moi; Je travaille, je lis, et, sans savoir pourquoi, J'écris comme en rêvant, des vers que je méprise.

Je sais pourtant qu'il est des beaux yeux ici-bas Qui rendraient de la force à ce cœur qui se brise . . . Mais ces yeux, ces beaux yeux, ne me regardent pas.

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