‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 263 sur 324 · LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES · texte numérisé non relu

LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES

Le café est très en usage à Paris : il y a un grand nombre de maisons publiques où on le distribue. Dans quelques-unes de ces maisons, on dit des nouvelles ; dans d'autres, on joue aux échecs. Il y en a une* où l'on apprête le café de telle manière qu'il donne de l'esprit à ceux qui en prennent* : au moins, de tous ceux qui en sortent, il n'y a personne qui ne croie qu'il en a quatre fois plus que lorsqu'il y est entré.

Mais ce qui me choque de ces beaux esprits, c'est qu'ils ne se rendent pas utiles à leur patrie, et qu'ils amusent leurs talents à des choses puériles. Par exemple, lorsque j'arrivai à Paris, je les trouvai échauffés sur une dispute la plus mince qui se puisse imaginer : il s'agissait de la réputation d'un vieux poète grec dont, depuis deux mille ans, on ignore la patrie, aussi bien que le temps de sa mort'. Les deux partis avouaient que c'était un poète excellent : il n'était question que du plus ou du moins de mérite qu'il fallait lui attribuer. Chacun en voulait donner

1 . Le Café Laurent, à l'angle de la rue Da II phine et de la rue Christine, où se' réunissaient alors les littérateurs, J.-B. Rousseau, Fontenelle, La Motte, etc. Il y avait aussi le Café Procope, rue de l'Ancienne- Comédie, ou se réunissaient Piron, Voltaire, Crébillon : mais la vogue de ce dernier me parait postérieure à la date de 1713.

2. Cf. Dufresny, X {Fragment d'une lettre siamoise^ : « On leur apporte une certame liqueur noire, qui a la vertu de les faire

sujet d'Homère, qui avait açité le siècle de Louis XIV (cf. Considérations^ p. 18), reprit de plus belle en 1713, à la suite de la traduction de l'Iliade par La Motte.Mme Dacier répondit en 1714 à La Motte en faveur d'Homère et des anciens. Mais la

2uerelle en réalité n'avait jamais té éteinte. En 1700, l'abbé Récnier'en 1706, Boivin ; en 1699, Mme Dacier avaient, par leurs traductions ou leurs mémoires, tenu le public en haleine sur la question horaén<\\\'fe.C.^. ^ves»NN;-v^>»^

parler ensemble. » \ toire de la qucrelVA Ote* a\vcx«.^s»^«^

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