LE céNÉRÂL RETRArnS
(( — Et ce vieux homme », lui dis-je tout bas, « qui a l'air si chagrin? Je l'ai pris d'abord pour un étranger : car, outre qu'il est habillé autrement que les autres, il censure tout ce qui se fait en France, et n'approuve pas
1. On sait la haine de Montes- 1 î. Otv n^tv^vV Ocv^x \\\\\"a> vcv^î^quieu contre les traitants: cf. ici, \ Yeure soçXèV^ ^^^^\\%.^\\^^^^ p. 187. \ va\l pas îiwx t^v^^ QlvJ x\ ^'«t^ •
votre gouvernement. » — « C'est un vieux guerrier », me dit-il, (( qui se rend mémorable à tous ses auditeurs par la longueur de ses exploits. Il ne peut souffrir que la France ait gagné des batailles où il ne se soit pas trouvé, ou qu'on vante un siège où il n'ait pas monté à la tranchée ; il se croit si nécessaire à notre histoire, qu'il s'imagine qu'elle fînit où il a fini ; il regarde quelques blessures' qu'il a reçues comme la dissolution de la monarchie ; et à la différence de ces philosophes, qui disent qu'on ne jouit que du présent, et que le passé n'est rien, il ne jouit au contraire que du passé, et n'existe que dans les campagnes qu'il a faites; il respire dans les temps qui se sont écoulés, comme les héros doivent vivre dans ceux qui passeront après eux. » — « Mais pourquoi )), dis-je, (( a-t-il quitté le service? » — « Il ne l'a point quitté », me répondit-il; « mais le service l'a quitté. »