Mort de Louis XIV, le l* septembre
2. Voyez chez Saint-Simon l'admirable tableau des derniers jours du roi : « Cette constance, cette frrmeté d'âme, cette égalité extérieure, ce soin touiours le même de tenir tant qu'il pouvait le timon, cette espérance contre t(»ute espérance, par courage, par sagesse, non par aveugle-
ment, ces dehors du même roi en toute chose, c'est ce qui aurait pu lui mériter le nom de grand qui lui avait été si prématuré. »
3. Abbas le Grand Tut le plus grand souverain peut-être qu'ait
Çossédé la Perse, vainqueur des urcs et des Portugais. « Lorsque ce prince cessa de vivre »^ dit.
Chardin.» * W V«ç%fc ^«ssaw^vs. ^^-^^ \ fpéreT. »
ici que des réflexions morales. Chacun a pensé à ses affaires, et à prendre ses avantages dans ce changement. Le roi, arrière-petit-fils du monarque défunt, n*ayant que cinq ans, un prince son oncle a été déclaré régent du royaume.
Le feu roi avait fait un testament qui bornait l'autorité du régent. Ce prince habile a été au Parlement; et y exposant tous les droits de sa naissance, il a fait casser la disposition du monarque, qui, voulant se survivre à lui-môme, semblait avoir prétendu régner encore après sa mort.
Les Parlements ressemblent à ces ruines que Ton foule aux pieds, mais qui rappellent toujours l'idée de quelque temple fameux par l'ancienne religion des peuples. Us ne se mêlent guère plus que de rendre la justice * ; et leur autorité est toujours languissante, à moins que quelque conjoncture imprévue ne vienne lui rendre la force et la vie. Ces grands corps ont suivi le destin des choses humaines : ils ont cédé au temps, qui détruit tout, à la corruption des mœurs, qui a tout affaibli, à l'autorité suprême, qui a tout abattu.
Mais le régent, qui a voulu se rendre agréable au peuple, a paru d'abord respecter cette image de la liberté publique ; et comme s'il avait pensé à relever de terre le temple et l'idole, il a voulu qu'on les regardât comme l'appui de la monarchie et le fondement de toute autorité légitime*.
De Paris, le 4 de la lune de Rhégeb, 1715.
(Lettre XCIL)