‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 32 sur 324 · XVII. Comment les lois de la servitude politique ont du · texte numérisé non relu

XVII. Comment les lois de la servitude politique ont du

rapport avec la nature du climat.

XVIII. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec la nature du terrain.

XIX. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec les principes qui forment l'esprit général, les mœurs et les manières d'une nation.

XX*. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec le commerce, considéré dans sa nature et ses distinctions.

1. V Esprit des Lois parut en 2 vol. in-4* à Genève : c'est par ce livre XX que commençait le tome n. Comme épigraphe de ce tome, Montesquieu avait mis ce mot de Virgile {Enéide, I, lU) :

Docuil quae maximus Atlas. £t à la tête de ce même volume, il voulait imprimer cette invocation aux Muses :

« Vierges du mont Piérie*, entendez-vous le nom que je vous donne? Inspirez-moi. Je cours une longue carrière; je suis accablé de tristesse et d'ennui. Blettez dans mon esprit ce charme et cette douceur que je sentais autrefois, et qui fuit loin de moi. Vous n'êtes jamais si divines que quand vous menez à la sagesse et à la vérité par le plaisir.

« Mais si vous ne voulez point adoucir la rigueur de mes travaux, cachez le travail mêniej faites qu'on soit instruit et que je n'ens<Mgne pas; que je réfléchisse et que je paraisse sentir; et lorsque j annoncerai des choses nouvelles, faites qu'on croie que je ne savais rien, et que vous m'avez tout dit.

« Quand les eaux de votre fontaine sortent du rocher que vous aimez, elles ne montent point dans les airs pour retomber; elles coulent dans la prairie; elles font vos

* « NarraU. puellae

Piérides: prosit mihi vos diiisse pue lias JDY.,8at.ir, V. 5ft-3G.a

délices, parce qu'elles font les délices des bergers.

« Bluses charmantes, si vous portez sur moi un seul de vos regards, tout le monde lira mon ouvra{?e; et ce qui ne saurait être un amusement sera un plaisir.

« Divines Muses, je sens que vous m'inspirez, non pas ce qu'on chante à Tempe sur les chalumeaux, ou ce qu'on répète à Délos sur la lyre : vous voulez que je parle à la raison ; elle est le plus parfait, le plus noble et le plus exquis des sens. »

Le pasteur genevois Jacob Vernet, qui s'était chargé de revoir les épreuves de l'Esprit des Lois, pensant que ce morceau y serait déplacé, engagea Montesquieu à le supprimer. II en reçut la réponse suivante, qui caractérise nien les procédés ae composition de Montesquieu : « A l'égard de \ Invocation aux Muses, elle a contre elle que c'est une chose singulière dans cet ouvrage, et qu'on n'a point encore faite; mais quand une chose singulière est bonne en elle-même, il ne faut pas la rejeter pour la singularité, «|ui devient elle-niênio une raison de succès; et il n'y a point d'ouvrage où il faille plus songer à délasser le lecteur que dans celui-ci, à cause de \a \ot\v^^fe\^v çtV ^^ Vi.

pesanteur des TC\îi\Nfevfts. -h

Cependant UoxvVesïV\vvftw Ocl^wv^^v-^

I. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec le commerce, considéré dans les révolutions qu'il a eues dans le monde.

XX^I. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec l'usage de

la monnaie.

XXlb. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec le nombre

des habitants.

XXI^. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec la religion établie dans chaque pays, considérée dans ses \ pratiques et en elle-même*.

XXV. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec l'établissement de la religion et sa police extérieure. XXVI. Des lois, dans le rapport qu'elles doivent avoir dans l'ordre des choses sur lesquelles elles statuent*.

de résolution, et quelques jours après il écrivit à son éditeur : « J'ai été incertain, au sujet de l'Invocation, entre un de mes amis qui voulait qu'on la laissât, et vous qui vouliez qu'on l'ôtât. Je me range à votre avis, et bien fermement, et vous prie de ne la pas mettre. »

Tous ces détails nous sont conservés dans le Mémoire historique sur la vie et les ouvrages de Jacob Vernei, imprimé à Genève en 1790.

Plus que dans n'importe quel de ses ouvrafçes, Montesquieu s'est laissé aller, dans l'Esprit des Lois, à ces réminiscences classiques, poétiques et mythologiques. C'était un de ces nombreux artifices dont il usait pour tenir en éveil l'esprit de ?es lecteurs.

1. L'édition primitive donnait comme titre à ce livre : « Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec la religion, considérée dans ses dogmes et en elle-même. » On comprend l'importance de l'addition eC du changement apportés par Montesquieu.

2. L'ordre de tous ces livres est celui que Montescjuieu a donné dès Japremière édition. Il est éga-

/enient celui que nous constatons dansJo manuscrit de V Esprit des

Lois (conservé à La Brède et écrit

f>ar son secrétaire). Jusqu'au ivre XXVI, l'enchainement des idées se suit parfaitement. Après ce livre, devait venir, comme suite et comme conclusion naturelle de l'ouvrage tout entier, le livre Wl\{sur la manière de composer les lois). Les livres XXVII, XXVIII, XXX et XX XI ne sont que des digressions historiques, ajoutées après coup par Montesquieu : ce qui me parait le prouver, c'est précisément le titre de VEsprit des Lois^ a a quoi l'auteur a ajouté, etc. »

(cf. p. 41, n.l). Si l'on rapproche de ce .sous-titre le fait gue le tome I" de l'Esprit des Lois était complètement imçrimé avant que Montesquieu n'eût achevé les livres XXVII, XXX et XXXI et n'eût mémo décidé s'il les imprimerait (cf. la note suivante j, on sera presque convaincu qu'ils n'appartiennent pas au plan primitif de l'ouvrage. D'Alembert, dans l'analyse qu'il a faite de l'Esprit des Lois, donne une autre explication de ces quatre livres, que j'appellerais volontiers intrus : « Montesquieu, pour montrer, par des exemples, l'application de ses pr\ncv\>es, ai c\\o\?À. àawx d.vŒéreala I peuples, \e v^viks ç^V<iY>v^ ^^ \^

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