DEVOIRS ET AMBITIONS DE L'HISTORIEN
Si Ton veut chercher le dessein de l'auteur, on ne le peut bien découvrir que dans le dessein de l'ouvrage.
J'ai ^j^phnrrj examiné les hommes, et j'ai cru que, dans cette infinie diversité Jt lUl-i ut d e m ooup »rt}g n'étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies.
J'ai posé les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mêmes, les histoires de toutes les nations n'en être que les suites, et chaqjie-4w-particulière liée avec une autre loi^, iuu-dépendre d'une autre plus générale.
Quand j'ai été rappelé à l'antiquité, j'ai cherché à en prendre l'esprit, pour ne pas regarder comme semblables des cas réellement différents, et ne pas manquer les différences de ceux qui paraissent semblables*.
Je n'ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses*.
Ici, bien des vérités ne se feront sentir qu'après qu'on aura vu la chaîne qui les lie à d'autres. Plus on réfléchira sur les détails, plus on sentira la certitude des principes. Ces détails même, je ne les ai pas tous donnés : car qui pourrait dire tout sans un mortel ennui'?
On ne trouvera point ici ces traits saillants qui semblent caractériser les ouvrages d'aujourd'hui. Pour peu qu'on voie les choses avec une certaine étendue, les saillies s'évanouissent; elles ne naissent d'ordinaire que parce
1. Cf. Fustel de Coulanges, la Cité Antique, p. 2 : « Pour connaître la vérité sur les peuples anciens, il est sage de les étudier sans songer à nous, comme s'ils nous étaient tout à fait étrangers, avec le même désintéressement et l'esprit aussi libre que nous étudierions l'Inde ancienne ou l'Arabie. > Cf. ici p. 50.
2. Montesquieu oppose sa méthode à celle des tnéoriciens qui l'ont devancé; cf. ce qu'il dit d'eux, p. 50, n. 1. M. Faguet IXV/fi' siècle, p. 162) n frès bien
montré comment Montesquieu sut si bien s'abstraire des préjugés de son temps pour « entrer successivement dans les idées et les états d'esprit les plus divers, et même contraires.Sa facilité est incroyable pour- se placer successivement «^
ftlusieurs points de vue très divers.
1 est si peu homme à système qu'il est capable d'en avoir plusieurs. »
3. Avant tout, Montesquieu a voulu, dans l'Esprit des Lo\».vv\»vyser el d*'Aasi?.o.v svîs VcV.ft\vv"s. ^^^ l'avoue U\\-vuèvïVtt\ v ^^^^•^♦
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que l'esprit se jette tout d'un côté, et abandonne toui le autres*.
Je n'écris point pour censurer ce qui est établi dan quelque pays que ce soit. Chaque nation trouvera ic les raisons de ses maximes ; et on en tirera naturelle ment cette conséquence, qu'il n'appartient de propose des changements qu'à ceux qui sont assez heureusemen nés pour pénétrer d'un coup de génie toute la consti tution d'un État«.
Il n'est pas indifférent que le peuple soit éclairé. Le préjugés des magistrats ont commencé par être les pré jugés de la nation. Dans un temps d'ignorance, on n' aucun doute, même lorsqu'on fait les plus grand maux; dans un temps de lumière, on tremble encor lorsqu'on fait les plus grands biens. On sent les abu anciens, on en voit la correction ; mais on voit encore le abus de la correction même. On laisse le mal, si ïo craint le pire; on laisse le bien, si on est en doute d mieux. On ne regarde les parties que pour juger d tout ensemble; on examine toutes les causes pour voi tous les résultats.
Si je pouvais faire en sorte que tout le monde eût d
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patrii L^ ses lois; qu'on put mieux nc ntir pon hnnhfMj dans chaq ue^ays, dans chaqu e__i]^)ii3tcrjieme.ftt, dan l ^que poste ou l'on se tr ouve, je inej^a»ipftt»4e plu — hminnixjliiinioiitf Is .
Si jo pouvais faire en sorte que ceux qui commander augmentassent leurs connaissances sur ce qu'ils doiver proscrire, et que ceux qui obéissent trouvassent un nouvea plaisir à obéir, je me croirais le])]iiiiJw*mTuxJes niorleh