‹ Extraits de MontaigneChapitre 114 sur 353 · Nous d'-'ons : aiiintiiges «rtirieurs · texte numérisé non relu

Nous d'-'ons : aiiintiiges «rtirieurs

tirer un habirhomme qu'un homme sçavant ', je voudrois aussi qu'on fût soigneux de luv choisir un conducteur qui eust pkistost la teste bien faictc que bien pleine ^, et qu'on y requist tous les deux, mais plus les meurs et l'entendement que la science, et qu'il se conduisist en sa charge d'une nouvelle manière.

On ne cesse de criailler à nos oreilles comme qui verseroit dans un antonnoir, et nostre charge ce n'est que redire ce qu'on nous a dict 5. Je voudrois qu'il corrigeast un peu cette partie, et que de belle arrivée 4, selon la portée de l'ame qu'il a en main, il commençast à la mettre sur le trottoër 5, luy faisant gouster les choses, les choisir et discerner d'elle mesme, quelquefois luy monstrant chemin, quelquefois luy laissant prendre le devant ^. Je ne veux pas qu'il invente et parle seul, je veux qu'il escoute son disciple parler à son tour 7 ; qu'il ne luy demande pas seulement

1. C'est toujours le même souci de Montaigne, qui vise à faire, non un homme scavaiit, c.-à-d. un homme dressé à une spécialité quelconque, mais un gentilhomme, on pourrait presque dire un amateur distingué.

2. Le mot reste pour caractériser les hommes de jugement et de goût, par opposition à ceux qui ont appris, sans réflexion et sans discernement, tout le fatras d'une érudition indigeste. II ne suffit pas de savoir beaucoup de choses pour être un homme intelligent.

5. Déj.i, dans les Essais, il a été dit : « Nous ne travaillons qu'à remplir la mémoire, et laissons l'entendement vuide. » C'est ici la même idée exprimée d'une manière plus pittoresque.

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