CHAPITRE PREMIER
De rutile et de i Hoiineste.
Sommaire : Mont.iigne négociateur franc et sincère. — Son indépendance à l'égari des partis opposes.
En ce peu que j'ay eu à negotier entre nos princes ', en ces divisions et subdivisions qui nous deschirent aujourd'huy, j'ay curieusement évité qu'ils se niesprinsent en moy et s'enferrassent en mon masque 2. Les gens du mestier 3 se tiennent les plus couverts, et se présentent et contrefont les plus moyens 4 et les plus
.1. Montaigne était en relations d'amitié avec le lieutenant-<;énéral du roi Henri III en Guienne, le maréchal de Matignon. D'autre part, sans être de son parti, il savait apprécier le Béarnais, et il le reçut dans sa l^xK de Montaigne cette année iÇ88. Il put donc, en iç88, «ervir d'intermédiaire entre Henri III et le roi de Navarre. (Cf. de Thou, de Vita sua. III. 9.) C'est de cette négociation qu'il s'apit ici.
et non d'anciennes tiégociations entre le duc de Guise et le roi de Navarre.
2. C.-i-d. Si [■riisfnl aux apparences. — Il arrivait mémo que, 1
pour éviter l'air obséquieux des courtisans et les façons dissimulées du diplomati, Montaigne atTcctait le dédain, la fierté, la brusquerie, au point de tromper ceux qui ne leconnaissaient pas.