‹ Extraits de ses lettresChapitre 70 sur 146 · LETTRE AUX MAITRESSES DES CLASSES · texte numérisé non relu

LETTRE AUX MAITRESSES DES CLASSES

Des enlretiens avec les demoiselles.

La première maîtresse doit parler aux demoiselles le plus souvent qu'elle peut; c'est par les instructions générales et particulières qu'elle leur inspirera le bien; c'est parla qu'elles seront élevées solidement; le reste n'est qu'un ordre extérieur qu'il faut pourtant toujours observer, mais l'important est de les connaître, de leur parler sur leurs besoins, de leur donner des moyens pour se corriger, de les attendre avec patience et de les encourager, de suivre les progrès qu'elles font, de les louer ou blâmer selon le naturel qu'on leur connaît, de leur parler fortement en particulier et avec beaucoup de ménagements en géuéral, de leur parler de la misère qu'elles trouveront hors de Saint-Cyr, mais avec bonté et jamais par manière d'insulte, se souvenant toujours qu'on a été soimême du nombre de ces pauvres demoiselles. Enfin il faut les traiter comme de bonnes mères qui compatissent à toutes sortes de misères, mais qui veulent toujours les consoler ou les adoucir. Les maîtresses subalternes doivent agir avec le même esprit de bonté et de charité et de vrai zèle pour le bien solide des demoiselles que le Roi et l'État leur confient.

Page 1