‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 128 sur 341 · Qui devait épouser peu de · texte numérisé non relu

Qui devait épouser peu de

temps après (en 1365) le sire de Couci. - ;

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A AC Du M Ed nue et Na RÉ RT : AUHCRe Cole 77460 luquel les dames disaient que « sans Jui nulle feste n’estoit arfaite » (HE, 407), le traitait familièrement et se plaisait tl'entretenir du passé!. Dès ce moment, en effet, bien que sa principale fonction fût, dit-1, de servir la reine t de beaulx ditiés amoureus » (MV, 2}, on le traitait, somme le prouve une curieuse anecdote, en historiographe lticiel de la couronne. « .… de esloie, dit-il, en la cité de Bourdeaulx et seant à table, quant le roy Richart fut nés, léquel vint au monde par un mercredi sur le point de dis heures (6 janv--1367), Et a celle heure que je dy, vint messire Richart de Pont-Cardon, mareschal pour ce temps d'Acquitaine, et me dist : « Froissart, escripvés et mettés «en memoire que madame la princesse est acouchee « de ung beau fils qui est venu au monde en jour de roy, Let si est fils de roy, car son pere est roy de Galice... & sicques par raison il sera encoires roy... » (XVI, 254).

Non seulement on appréciait importance de la mission qu'il s'était donnée, mais on l’aidait à la remplir : il nous apprend que c’est «au titre » et «aux coustages » de la reine et «des hauts seigneurs » qu'il commenca à parcourir (la plus grant partie de la chrestienté ».

Ces pérégrinations, qui devaient remplir sa vie, 1l les commença de bonne heure : en 1365, muni de lettres de recommandation de la reine elle-même, il alla passer trois mois à la cour du roi d'Écosse Robert Bruce; il eut alors, selon son expression, cette aventure, que celui-ci voulut, à ce moment même, visiter son royaume; Froissart le suivit ?, recueillant,sur son passage les souvenirs encore vivants de la grande guerre de 1345, et, après avoir poussé jusqu'à la « sauvage Écosse » (NIV, 5), il fut

- 1. « Plusieurs fois avint que | doie : « Monseigneur, oïl... ». quant je chevauchoie surle païs | 2. 11 a peint, dans le piquant ävoecques lui... il m'apelloit | Débat du cheval et du lévrier et me disoit : « Froissart, vées | (II, 216), l'équipage dans le- € vous celle grande xille a ce | quel 11 voyageait à la suite du { haut clochier? » Je respon- | roi.

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hébergé, quinze jours durant, au château de Dalkeit pa Guillaume de Douglas, le héros de l'indépendance écos saise (XIII, 219. Au mois de septembre de l’année sui vante, c'est l'est de l’Angleterre qu’il visitait : il s'arrê tait, avec Edouard Le Despenser, au château de Berkley qui avait été témoin en 1527 de la mort tragiqu d'Édouard If, sur laquelle il parvenait à se faire donne quelques détails par un « ancien eseuier » (IL, 86). Quelques mois après (janvier 1367), il faillit accom pagner le prince de Galles dans son expédition d’ Espagne mais, arrivé à Dax, il reçut, nous ne savons pourquoi l'ordre de repartir pour l'Angleterre (XV, 142). I se dé dommagea bientôt du regret qu’il avait dû éprouver, el visitant ltalie. Un venait alors de négocier le mariag d'un des fils d'Édouard Ill, le duc de Clarence, avec fille du duc de Milan, Galéas IT : le cortège du prince composé de quatre cent cinquante-sept personnes, travers: la France, qu’il éblouit de sa prétentieuse magnificence marchant de fête en fête; Froissart en faisait partie, et i eut la Joie, à Chambéri, de voir danser au son d’un dt ses virelais'. Il avait voyagé avec Chaucer?; à Milan, il pu voir Pétrarque”. Ce n’était pas le seul personnage illustri qu'il devait rencontrer dans ce pays, qu'il se mit à visite] à son aise, ( en arroy de souffisant homme » 4 : à Bologne et à Ferrare, 1l vit le roi de Chypre, Pierre de Lusignan qui lui fit « délivrer quarante ducats l’un sur lautre »5 et chargea un de ses chevaliers de lui raconter son histoire; à Rome, il trouva un autre prince sans états, Jean Paléologue, qui venait implorer l'appui du pape. Il devail

1. Prison amoureuse, v. 510. | bre),"le jeune prince mourait, 2. Qu'il avait déjà pu con- | «assez merveilleusement », dit naïtre à Londres, chez un de ses | Froissart. On disait qu'il avait

protecteurs, Richard Stury. été empoisonné.

2. Les noces eurent lieu le 4. Dit du Florin, v. 292. lundi après la Trinité 1368; D. Buisson de Jeunesse, V.

quelques mois après (17 octo- | 362.

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déjà être en route pour regagner Londres quand il apprit la mort de sa bienfaitrice (15 août 1569). Froissart, que cet événement privait d’une douce sinécure, n’avait plus de motifs pour retourner en Angleterre : c'est dans son pays même qu'il résolut de s'arrêter. Il avait en effet de bonnes raisons d'espérer qu’il réussirait à s’y pourvoir : il allait y retrouver Robert de Namur, qui avait épousé la sœur de la reine et qu’il avait dù connaitre à Londres; le Hainaut était alors gouverné par Aubert de Bavière, qui. comme il le montra plus tard, était capable de s’intéresser aux choses de l'esprit; en Brabant, le duc Wenceslas, fils peu belliqueux d’un père héroïque’, poète à ses heures, tenait à honneur de rivaliser de magnificence avec les rois de France et d'Angleterre, et sa femme, fille ct arrière-petite-fille de princes lettrés?, ne faisait qu'obéir à une tradition de famille en protégeant les écrivains ; enfin, l’un des plus anciens amis de Froissart, Gui de Blois, possédait depuis 1361 la terre de Beaumont, où il allait venir s'établir définitivement, etil était à la veille de devenir seigneur de Chimai (1372). Les protecteurs ne pouvaient donc manquer à Froissart; ils devaient aller en quelque sorte au-devant de lui et se disputer lhonneur de lui assurer, jusqu’à la fin de sa vie, l’aisance et les loisirs nécessaires à l’accomplissement de son œuvre.

C’est d’abord à la cour de Brabant qu'il les trouva, au lendemain même de son arrivée. Dès la fin du mois d'août 1569, il recevait un présent de vingt moutons d’ôr pour « un livre en français » récemment offert à la duchesse5. En 1371, il essayait d’adoucir la captivité du duc Wenceslas en entretenant avec lui une correspon-

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