‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 202 sur 341 · De la trieve. Noy. plu · texte numérisé non relu

De la trieve. Noy. plu

haut, p. 262, n. 2.

k LES ROUTIERS ie << 907 perdu et destruit, siet en Limosin!; et se nous faisons guerre pour vivre, Car vivre nous fault, ja les Anglois pour ce ne nous en sçavront mauvais gré, mais se trairont tantost ceulx qui gaingnier voulront aveuc nous. Et si avons cause et title assés pour faire guerre maintenant; car nous ne sommes pas tous payés des pactis que on nous doit en Auvergne. Nous manderons aux villains des villages, -mais que. nous aions trouvé fort pour nous tenir, que il nous paient : autrement nous leur ferons guerre. — Or avant, » dist lors Aymerigot ; « ou nous - pourrons nous à ce commencement logier pour nous recueillir? » La en y eut aucuns qui respondirent et dirent ainsi: « Nous sçavons ung fort desemparé sur l'eritage du seigneur de la Tour ?, que nul ne garde. Traions nous la tout premierement et le fortefions. Et quant fortefié l'avrons, nous le garnirons; et courrons legierement et a nostre aise en Auvergne et en Limosin. — Et ou gist ce fort? » dist Aymeri- » got. — « À une lieue près de la Tour, » dirent ceulx -qui le congnoissoient et qui ja ainsi l’avoient an- * nunchié, « et le nomme on la Roche de Vendaix5. “— Par ma foy, » dist Aymerigot, « vous dittes vray; . la Roche est un droit lieu pour nous, et est tenue la terre ou :l siet, quoyque pour le present il soit

4. Limosin. On sait que le | mort en 1493. La Tour est un Limousin avait été cédé à l’An- | chef-lieu de canton du Puy-de-

… gleterre par le traité de Bréti- | Dôme (arr. Issoire). …gni. Voy. p. 257, n. 4. 3. La Poche de Vendaix. « 2. De la Tour. Bernard IV, | Aujourd’hui la Roche de Ven-

desemparé, des arriere fiefs de cie et nous Je yrons veoir, et si le prendrons et fortefierons. » Ainsi sur ce propos il se fondérént t etc conclurent. Et ung jour se cueillirent tous ‘ensemble et s'en vindrent a la Roche de Vendaix. Quant Aymerigot fut la venu, de rechef il le voult gncoires adviser pour recongnoistre et veoir se leur paire y seroit emplovee du fortefiër!; et quant il l'eut bien advisé, environné et concheü ? toutes les gardes et les deffenses, si luy pleut encoires mieulx et plus grandement que de: vant. Si le prindrent de fait et de le force, et petit a petit Le remparerent® et fortiffierent avant qu'ils courussent, ne feissent nulles contrarietés sur le pays. Et quant il veirent qu'il estoit fort assés pour tenir contre siege et assault, et que tous les compaignons furent montés et pourveüs, commencierent a courir sur le pays, à prendre prisonniers et à raenchon= ner, et a pourveir‘ leur fort de chars, de vin et de sel, de fer et d’achier et de toutes choses qui leur PRES , besongnier; Te riens n'estoit qui ne leur venis£ ‘a “pont, ”s S'il n'estoit top hault ou trop parfont. Les pays de la environ et les bonnes gens qui cuidoient estre en pais et en repos parmyÿ la trieveS qui estoit: deix, Puy-de-Dôme, prés de La 4. Pourveir, forme picarde Tour. de pourveotr. | 1. Fortefiér.Nov.p.131,n 2.| 5. Parmy.A souvent le sens, 2. Concheü. Environner, par-| conforme à l'étymologie (per courir des yeux, examiner ; | medium), de «parle moyen de ».. concevoir, prendre connais-| 6. Trieve. Trêve de Lolinsance de. ghem, conclue pour trois ans

9. Remparerent. Remparer, | (18 juin 1589) entre la France et synonyme de fortifier. l'Angleterre.

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donnee entre les roys et les rovaulmes, se comencerent

a esbahir; car ces pillars et robeours les prendoient en leurs maisons et partout ou ils les pouoient trouver, aux champs etraux labourages. Et se nommoient les Avantureurs.. ( RARRa ak Sedan s ):

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Quanttoutes mänieres de gens avantureus qui cassés estoient de leurs gaiges entendirent que Aymerigot Marcel faisoit guerre, si en furent tous resjouÿs el s'en vindrent bouter en sa route et compaignie, et ot

. tantost de pillars et de robeours plus qu'il n’en vou-

nn, À

sist avoir; ne nuls ne demandoit gaiges fors la rete-

nue de luy', car bien sçavoient tous ceulx qui en sa compaignie se mettoient que-assés il gaingneroient puisque l'abandon du pillier et du rober il avroient. Si courolent tous les jours, une fois d ssoubs el l'autre dessus; ne nul ne leur aloiÉ RSA ant, el se faisoient renommer et congnoistre en moult de lieux; ne on ne parloit d'autre chose en Auvergne ne en

Limosin que de ceulx de la Roche de Vendaix. Moult

en estoit le pays effraé..….

Les habitants des contrées voisines allèrent porter leurs doléances au roi et au duc de Berri, qui chargèrent

Robert de Béthune, vicomte de Meaux?, de s'emparer

d'Aymerigot. Mais celui-ci, quand Robert de Béthune fut

venu l’assiéger dans Vendeix, en appela au roi d'Angle-

terre et au duc de Lancastre5, se proclamant leur « petit

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