‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 267 sur 341 · Nulz se rapporte à biens · texte numérisé non relu

Nulz se rapporte à biens

Commines lui-même en cite un exemple assez piquant. Louis XI venait de conclure à Pecquigni avec le roi d'Angleterre une trêve qui lui était trop avantageuse pour qu'il n’en craignit pas la rupture: un jour qu'il se croyait seul avec quelques confidents, « il lui eschappa quelque mot de risee »

au sujet de cette trêve, et il s’aperçut aussitôt après de la présence d'un marchand gascon qui était établi en Angleterre et venait solliciter une exemption de droits : « Le dit seigneur fut trés esbahy quant il le veit, et comment il pouoit e-tre Cutré Al lui .tmanca de quelle

ville il pouoit estre en Guienne, et s'il estoit marcheant et marié en Angleterre. Le marcheant lui respondit que ouy, mais qu'il n'y avoit gueres vaillant. Incontinent le roy lui bailla ung homme, avant que partir de la, qui le conduisist a Bordeaulx; et parlay a lui par le commandement du roi, et eut ung trés bon office en la ville dont il estoit né, et la traicte des vins qu'il demandoit, et mille francs comptant pour faire venir sa femme ; et envoya ung sien frere en Angleterre, sans ce qu’il y allast ; et ainsi se condamna le roy en ceste amende, congnoissant qu'il avoit trop parlé » (Mém., IV, 40).

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