‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 273 sur 341 · impersonnel, céla · texte numérisé non relu

impersonnel, céla

Pre.

EX

© LOUIS XI ET LE SIRE DE CREVILLE 377 mencé fort Jeunes. Et cela gist à la nourriture, ou est de grace de Dieu.

(Livre I, ch. x.)

Louis XI et le sire de Creville.

Au mois de juin 1475 le roi d'Angleterre Édouard IV, cédant aux sollicitations de Charles le Téméraire, débarquait à Calais avec une puissante armée." À peine avait-il mis le pied sur le sol français que Louis XI entrait avec depuis plusieurs années, jouait un double jeu et ménageait également le roi de France et le duc de Bourgogne, avait d’abord promis son appui à celui-ci et: à Édouard IV; mais, dès qu'il fut informé des pourparlers, il essaya d’entrer lui-même en accommodement avec le roi et lui députa en ambassadeur le sire de Creville. Gommines nous raconte, dans l’'amusante scène de comédie qu'on va lire, comment cet envoyé fut joué par Louis X1, et comment son ambassade eut pour effet de précipiter la brouille entre le connétable et le duc de Bourgogne,

offence? de tous costez; et tousjours craignoit ceste | - : = Am LbS TE 2 marchandise qui avoit euidé estre conclue contre luy

a Bouvynes”, et, pour ceste cause, il envoyoit souvent

1. Connestable, Noy. p. 365,| 2, Offence, dommage. Des ee 3. Bouvynes, Entendez: « Il

devers le roy; et sur l'heure dont je parle vintn devers le dit seigneur ung gentil homme appelé Loÿs! de Creville’, serviteur du connestable, et ung siens secretaire, ppal maistre Jean Aichier, qui tous deux

du Pouces el. a moy, premiér que au roy; car le | | plaisir du dit seigneur” estoit tel.

Ce qu'ilz apportoient pleut fort au roy, quant il en fut adverty, pour ce qu'il avoit intention de. s'en servir, Comme vous orrez. Le seigneur de Conlay*, serviteur du duc de Bourgongne, qui avoit esté prins nagueres devant Arras (comme vous avez ouy) alloit et venoit sur sa foy devers le dit due, et luy. avoit le roy promis donner sa finance et rançon, et

craignait là négociation (ou plutôt des négociations pareilles à celle) qui avait failli tourner contre lui à Bouvines ».

Le roi et le duc de Bourgoyne.

comprenant que le connétable les jouait l’un et l’autre, avaient été sur le point de le sacrifier à leurs rancunes réciproques ; leurs plénipotentiaires, réunis à Bouvines, avaient même, dit Commines, signé le traité par lequel ils se « juroient l’ung a l'aultre que le premier des deux qui lui pourroit mettre la main dessus le feroit mourir dedans huict jours après, ou le baïlleroit a son compagnon

.pour en faire a son plaisir »

(Mém., II, 11). Le connétable

une: 14 À 12

avait raison de craindre. Un nouvel accord, identique au précédent, qu'il avait réussi à faire déchirer, avait été conclu contre lui en 1475: il fut-en effet livré au roi par son ancien allié. Cf. p. 382.

4. Creville. On n’a aucun renseignement sur ce personnage; l'orthographe même de son nom, qui varie suivant les manuscrits, est douteuse.

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