DERNIERS MOMENTS DE LOUIS XL
In fa. CA À ainsi que deus grans pérsonnages qu ‘il avoit faict
mourir de son temps (dont de l'un fit conscience!- +
a son trespas, et de l'autre non : ce fut le duc de Nemours? et le comte de Sainct Pol5), aux quels fut signifiee la mort par commissaires depputez a ce faire, les quelz en briefz motz leur declarerent leur sentence et baillerent confesseur pour disposer de leur conscience en peu d'heures qu'ilz leur baïllerent a ce faire, tout ainsi signifierent a nostre roy les trois dessus ditz sa mort en briefves sparolles et rudes, at « Sire, 1: fault que nous AequictionS# : n'aiez plus d'esperance en ce sainct homme ne en aultre chose, car seurement 1} ‘n est fact ‘dé vous, et, pour ce, pensez de votre conscience ; iln y a nul remede. » Et chascun dist quelque mot assez brief, aux quelz il respondit: «J'ay esperance en Dieu qu'il m'aidera; car, par adventure, je ne suis pas si mallade que vous pensez. » Quelle douleur luy fut d'ouyr ceste nouvelle! car oncques homme ne craignit tant la mort, ny ne feit’ tant de choses pour y cuyder mettre remede, et avoit, tout le temps de sa vie, prié a ses serviteurs, et a moy comme a d’autres, que, si on le
-Yeoit en ceste necessité de-mort, que on ne luy dist
4. Fist conscience. C'est-à- | 3 Sainct Pol. Voy. plus haut dire qu'il se reprocha la mort | p. 565, n. 6. de l’un (du duc de Nemours). | 4. Acquictions, pour nous