PEER VERRE
DERNIERS MOMENTS DE LOUIS XI. 407 rompit ung conseil que le duc de Bourbon. son gendre, tenoit leans par son commandement.
À l'heure que son dict gendre et le conte de Dunoys” revindrent de mener l'ambassade qui estoit venue aux nopées du roy son filz et de la royne, à Amboise?, et qu’ilz retournerent au Plessis, et rentrerent beaucoup de gens avec eulx, le dit seigneur’, qui fort faisoit garder les portes, estant en la gallerie qui regarde en la court du dict Plessis, fist appeler ung de ses cappitaines des gardes et luy commenda aller taster aux gens des seigneurs dessus , ditz, veoir s'ilz n’avoyent point de béigandines* soubz leurs robbes, et qu’il le feist comme en <e devisant a eulx, sans trop en faire de semblant. Or regardez, s’il avoit faict vivre beaucoup de gens en suspection et craincte soubz luy, s'il en estoit bien paié, et de quelz gens il pouoit avoir seureté, puis que de son filz, fille et gendre il avoit suspection | Et ne le di point pour luy seullement, mais pour De aultres seigneurs qui desirent estre crainctz : PAS ne se sentent de la revanche jusques a la
1. Dunoys. François d'Or- p: 400, n. 4, et éd. Dupont, IL, éans, comte de Longueville et | 241, n.
le Dunois, mort le 25 novem-| 3. Le dit seigneur, Louis XI. re 1491, fils du célébre capi-| 4. Brigandines. Noy. au aine de Charles VIL. Glossaire.
2. Amboise. Le dauphin| 5. En se devisant a eulx, wait été solennellement fiancé | en causant avec eux. . Amboise le 92 juin 1483 avec| 6. Revanche. « N'éprouvent larguerite d'Autriche alors | les terreurs qu'ils ont fait gée de trois ans et demi. Voy. | éprouver aux autres »
vieillesse, car! pour penitence craignent tout ee Et quel douleur estoit a ce roy d’avoir ceste paour et” ces passions ?!
Il avoit son medecin, appellé maistre Jacques Coc- | tier, à qui, en Cinq mois, il donna cinquante quatres mil escuz contans, qui estoit a la raison de dix mih escuz le mois, et l'evesché d’Amyens pour son nepveu,! et aultres offices el terres pour luy et pour ses :mys Le dit medecin luy estoit si trés rude que l'on ne diroit point a ung varlet les oultrageuses et rudes’ parolles qu'il luy disoit ; et si le craignoit tant le dit seigneur qu'il n'eust osé l'envoyer hors d'avec lui et si sen plaignoit a ceulx a qui il en parloit; mais il ne l’eust osé changer, comme il faisoit tous aultres serviteurs, pour ce que le dit medecin luy disoit au= dacieusement ces motz : « Je sçay bien que un matin vous m'en envoyerez comme vous faictes les! aultres ; mais, par la... —- ung si grant serment qu'il juroit ÿ — vous ne vivrez point huyt jours après. M Ce mot l’espouantoit tant que après ne le faisoit que fater et luy donner, qui luy estoit ung grant purs
On attendrait plutôt| 3. Neveu. Pierre Versé évêque d'Amiens en 1482, mor