‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 309 sur 341 · DERNIERS MOMENTS DE LOUIS XL A · texte numérisé non relu

DERNIERS MOMENTS DE LOUIS XL A

et les fist mettre fort près l'une de l’autre. Et d'avantaige! ordonna? dis arbalestriers dedans les dits fossez, pour tirer a ceulx qui en approcheroient avant que la porte fust ouverte; et entendoit qu'ilz couchassent aus ditz fossez et se retirassent aus ditz moyneaulx de fer. Et il entendoit bien que ceste fortiffication ne suffisoit point contre grant nombre de gens ne contre une armee ; mais de cela il n’avoit point peur, mais craignoit que quelque seigneur, ou

luisçurs, ne feissent une emprise de prendre la place, ‘demy par amour et demy par force, avec quelque peu d'intelligence”, et que ceulx la prinssent l’auctorité et le feissent vivre comme homme sans sens et indigne de gouverner.

La porte du Plessis ne s'ouvroit qu'il ne fust huit heures du matin, et ne baissoit* le pont jusques a la dite heure, et lors y entroient les officiers; et les cappitaines des gardes mettoient les portiers ordinaires, et puis ordonnoient leur guet d’archiers, tant a la porte que parmy la court, comme en une place de frontiere estroictement gardee. Et nul n'y entroit que par le güiéhet et que ce ne fust du sceu du roy, exceptez quelque maistre d’hostel et gens de ceste sorte, qui n'alloient point devers luy. Est il donc possible de tenir ung roy, pour le garder plus honhestèment, en plus estroicte prison que luy

4. D'avantage, de plus. « avec ceux qui seraient dans 2... Ordonna, donna charge | la place ». Cf. p. 399, n. 6. À, 4. Baissoit. Se, exprimé de-

3. D'intelligence, $s. eut | vant auvrout, ests.-entendu ici.

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M4 OT EXTRAITS DE COMMINES. gt

mesmes se tenoit? Les caiges ou il avoit tenu Lei aultres avoient quelques huvyt piez en carré, et luy® qui estoit si grant roy, avoit une bien petite court de chasteau a se pourmener; encores n’y venoit ik gueres, mais se tenoit en la gallerie, sans partir de la, sinon que par les chambres alloit a la messe, sans passer par la dite court. Vouldroit l’on dire que ce roy ne souffrist pas aussi bien que les autres, qui ainsi s'enfermoit et se faisoit garder, qui estoil ainsi en peur de ses enfans et de tous ses prouchain$ parens, qui changeoïit et muoit de jour en jour ses serviteurs et nourriz et qui ne tenoient biens nY honneur que de luy, et en nul d'eulx ne se osoit fier, et s'enchainoit ainsi de si estranges chaynes et clos tures? Si le lieu estoit plus grant que d'une prisom commune, aussi estoit il plus grant que prisonniers communs. É On pourroit dire que d'autres ont esté plus suspecs tionneux que luy, mais ce n'a pas esté de nostré! temps, ne par adventure homme si saige que luy, ;. ayant si bons subjectz. Et avoient ceulx la, par ad venture, esté cruelz et {yrans: mais cestuy €1 nA faict mal a nul qui ne luy eust faict quelque offenseh je ne di pas tous de qualité de mort‘. 4 Je n'ay point dit ce que dessus pour seullemenb parler des suspections de nostre roy, mais pour dire que la patienée qu'il a porté en ses passions, sens

1. De mort. « Je ne dis pas | avait faites) fussent toutes dé que ‘ces offenses (qu'on luil nature à mériter la mort. »®

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