LE PARTAGE DE LA GAULE
A peine les funérailles étaient-elles achevées, que le troisième des quatre frères, Hilperik, partit en grande hâte pour Braine, et força les gardiens de ce domaine royal à lui remettre les clefs du trésor. Maître de toutes les richesses que son père avait accumulées, il commença par en distribuer une partie aux chefs de bande et aux guerriers cfui avaient leurs logements, soit à Braine, soit dans le voisinage. Tous lui jurèrent fidélité en plaçant leurs mains entre les siennes, le saluèrent par acclama-
lion du titre de koning, et promirent de le suivre partout où il les conduirait». Alors, se mettant à leur tête, il marcha droit sur Paris, ancien séjour de Chlodowig P% et plus tard capitale du royaume de son fils aîné Ilildebert^. Peut-être llilperik attachait-il quelque idée de prééminence à la possession d'une ville habitée jadis par le conquérant de la Gaule; peut-être n'avait-il d'autre envie que celle de s'approprier le palais impérial, dont les bâtiments et les jardins bordaient, en dehors de la cité, la rive méridionale de la Seine. Cette supposition n'a rien d'improbable, car les vues ambitieuses des rois franks n'allaient guère au delà de la perspective d'un gain immédiat et personnel ; et d'ailleurs, tout en conservant une forte teinte de la barbarie germanique, des passions effrénées et une âme impitoyable, llilperik avait pris quelques-uns des goûts de la civilisation romaine. D aimait à bâtir, se plaisait aux spectacles donnés dans des cirques de bois, et, par-dessus tout, avait la prétention d'être grammairien, théologien et poète. Ses vers latins, où les règles du mètre et de la prosodie étaient rarement observées, trouvaient des admirateurs parmi les nobles Gaulois qui applaudissaient en tremblant', et