ELLE A FIXÉ LE SENS DES REVOLUTIONS ANTERIEURES
La révoliifion de 1830, merveilleuse par sa rapidité et plus encore parce qu'elle n'a pas, un seul instant, dépassé son but, a rattaché, sans retour, notre ordre social au grand mouvement de 1789. Aujourd'hui tout dérive de là, le principe de la constitution, la source du pouvoir, la souveraineté, les couleurs du drapeau nationa'^. La fusion des anciennes classes et des anciens partis a repris son cours ; elle se poursuit sous nos yeux, et se précipite par la lutte même de ces partis nés d'hier, qui ont remplacé, en la fractionnant de diverses manières, la profonde et fatale division du pays en deux camps, celui de la vieille France et celui de la France nouvelle.
De tous les pouvoirs antérieurs à notre grande révolution, un seul subsiste, la royauté, rajeunie et contirmée par l'adoption populaire. Si l'on regarde ce fait comme l'œuvre de la seule raison politique, on se trompe; il a de plus sa raison historique. Notre histoire témoignait auprès de
1. Écrites en 1838-1859, puis placées en tête des Récits (édit. de 18i0) et réimprimées avec ce dernier ouvrage, mais fortement remaniées dans les édit. suiv. « C'est une ciiose utile », disait-il dans la préface, « que de temps en temi»s un homme d'études consciencieuses vienne reconnaître le fort et le faible, et, i)0ur ainsi dire, dresser le bilan de chaque portion de la science. » Thierry insista, dans ses Considérations,snr le régime municipal, ce qui annonçait ses études ultérieures.