SON LNFLUENCE SUR LES ÉTUDES HISTORIQUES
Notre histoire, dont le gouvernement restauré en 1814 méconnut, pour son malheur, les véritables voies et la pente irrésistible, fut, de la part de ce gouvernement, l'objet de deux actes bien contraires, l'un à jamais déplorable, la dispersion du Musée des Monuments français ^ l'autre digne d'éloges et de reconnaissance, la création de l'École des Chartes. Cet établissement, dont la pensée première appartient à l'Empire et que la Restauration nous a légué, se trouve lié aujourd'hui à une entreprise colossale conçue et dirigée par le gouvernement, la recherche et la publication de tous les matériaux encore inédits de l'histoire de France. Le grand travail de collection des monuments de notre ancienne existence politique et civile, commencé en 1762 et interrompu en 1792, cette œuvre à laquelle s'attachent, avec le nom de Bréquigny*, les noms des ministres Berlin, de Miromesnil, Lamoignon, Barentin, d'Ormesson et de Galonné', a été
1. Fondé par les soins d'Alexandre Lenoir, institué par un décret du 29 vendémiaire an iv (1796), et supprimé par ordonnance royale, le 18 décembre 1816.].— Cf. Gourajod, AL Lenoir, t. I, 1878.
2. Bréquigny, Table chronologique des diplômes, etc., concernant l'histoire de France, in-Iblio, depuis 1769; reprise en 1836 par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. « Bréquigny », a dit Thierry {Considérations, III), « a le premier mis la main au déhrouillement des origines du Tiers Etat; c'est une gloire que notre siècle doit attacher à son nom. »