C'est à peu jirès ce qu'on appelle aujourd'hui la verve
poêle, ose donner une Iragédie, fait dire à flippolvle :
Depuis que je vous vois, jabaiidoiine la chasse.
(Pradon, Phèdre et Ilippo/yle, acte I, scène n '
Mais Hippolyte, t|ue le vrai poète fait parler, dit :
Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune.
(Raclne, Phèdre, acte II, scène u.)
Ces imaginations ne doivent jamais être forcées, ampoulées, gigantesques. Ptolémée, parlant dans un conseil d'une bataille qu'il n"a pas vue, et qui s"est donnée loin de chez lui. ne doit point peindre
Ces montagnes de morts privés d'honneurs suprêmes. Que la nature force à se venger eux-mêmes. Et dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au reste des vivants.
(Corneille, Mort de Pompée, acte I, scène ri.)
Une princesse ne doit point dire à un empereur :
La vapeur de mon sang ira grossir la foudre Que Dieu tient déjà prête à le réduire en poudre.
(He'raclnts, acte I, scène m.l
On sent assez que la vraie douleur ne s'amuse point à une métaphore si recherchée.
L'imagination active qui fait les poètes leur donne l'enthousiasme, c'est-à-dire, selon le mot grec», cette émotion interne qui agite en effet l'esprit, et qui transforme