‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 137 sur 259 · livre fait pour enseigner la vertu. Les éditions en furent · texte numérisé non relu

livre fait pour enseigner la vertu. Les éditions en furent

innombrables. J'en ai vu quatorze en langue anglaise. Il

est vrai qu'après la mort de ce monarque si craint, si

envié, si respecté de tous, et si haï de quelques-uns, quand

la malignité humaine a cessé de s'assouvir des allusions

prétendues qui censuraient sa conduite, les juges d'un

goût sévère' ont traité le Télémaque avec quelque rigueur.

Ils ont blcàmé les longueurs, les détails, les aventures trop

peu liées, les descriptions trop répétées et trop uniformes

de la vie champêtre; mais ce livre a toujours été regardé

comme un des beaux monuments d'un siècle florissant.

On peut compter parmi les productions d'un genre

unique les Caractères de La Bruyère. Il n'y avait pas chez

les anciens plus d'exemples d'un tel ouvrage que du

Télémaque. Un style rapide, concis, nerveux, des expressions

pittoresques, un usage tout nouveau de la langue, mais

qui n'en blesse pas les règles, frappèrent le public; et les

allusions qu'on y trouvait en foule achevèrent le succès.

Quand La Bruyère montra son ouvrage manuscrit à M. de

Malézieux^, celui-ci lui dit : « Voilà de quoi vous attirer

beaucoup de lecteurs et beaucoup d'ennemis. )) Ce livre

baissa dans l'esprit des hommes quand une génération

entière, attaquée dans l'ouvrage, fut passée. Cependant,

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