‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 155 sur 259 · Sur Fréron, voy. p. Ii9, notel · texte numérisé non relu

Sur Fréron, voy. p. Ii9, notel

Voltaire le traduisit sur la scène en 1760, dans la comédie de l'Écossaise : cette pièce, assez médiocre, était donnée pour une traduction

de l'Anglais Hiune, et Fréron y jouait le personiuige d'un bas coquin, sous le nom transparent de Frelon ou de Wasp. — Les victimes de Fréron le huèrent en effet, mais les spectateurs désintéressés trouvèrent cette grossière vengeance indigne de l'esprit de Voltaire.

donne point de vertus. Charles XII a encore de la gloire, parce que sa valeur, son désintéressement, sa libéralité, ont été extrêmes. Les succès suffisent poiu" la réputation, mais non pas pour la gloire. Celle de Henri IV augmente tous les jours, parce que le temps a fait connaître toutes ses vertus, qui étaient incomparablement plus grandes que ses défauts.

La gloire est aussi le partage des inventeurs dans les beaux-arts; les imitateurs n'ont que des applaudissements. Elle est encore accordée aux grands talents, mais dans les arts sublimes. On dira bien, la gloire de Virgile, de Cicéron, mais non de Martial et d'Aulu-Gelle.

On a osé dire la gloire de Dieu : « Il travaille pour la gloire de Dieu, Dieu a créé le monde pour sa gloire » ; ce n'est pas que l'Être suprême puisse avoir de la gloire; mais les hommes, n'ayant point d'expressions qui lui conviennent, emploient pour lui celles dont ils sont le plus flattés.

La vaine gloire est cette petite ambition qui se contente des apparences, qui s'étale dans le grand faste, et qui ne s'élève jamais aux grandes choses. On a vu des souverains qui, ayant une gloire réelle, ont encore aimé la vaine gloire, en reclierchant trop de louanges, en aimant trop l'appareil de la représentation.

La fausse gloire tient souvent à la vaine, mais souvent elle porte à des excès; et la vaine se renferme plus dans les petitesses. Un prince qui mettra son honneur à se venger cherchera une gloire fausse, plutôt qu'une gloire vaine.

Faire gloire, faire vanité, se faire honneur, se prennent quelquefois dans le même sens, et ont aussi des sens différents. On dit également, il fait gloire, il fait vanité, il se fait honneur de son luxe, de ses excès : alors gloire signifie fausse gloire. Il fait gloire de souffrir pour la bonne cause,

et non pas, il fait vanité. Il se fait honneur de son bien, et non pas, il fait gloire ou vanité de son bien.

Rendre gloire, signifie reconnaître, attester. Rendez gloire à la vérité, reconnaissez la vérité.

Au Dieu que vous servez, princesse, rendez gloire.

[Aihalie, acte III, scène iv.)

Attestez le Dieu que vous servez.

La gloire est prise pour le ciel ' ; il est au séjour de la gloire.

Où le conduisez-vous? — A la mort. — A la gloire.

{Polyeuctc, acte V, scène ni.)

{Die t. philos., Gloire.)

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