‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 212 sur 259 · L'abbé Misnol · texte numérisé non relu

L'abbé Misnol

i. La guerre venait d'être déclarée aux Anglais et une expcdiliou dirigée contre Minorque sous les ordres du duc de Uicbelieu, qui s'em-

CORRESPONDANCE

ouvert dans Londres, qu'on vous mènera prisonnier en Angleterre avant quatre mois. J'envoie commission à Londres de déposer vingt guinées' contre cet extravagant, et j'espère bien gagnerquatre cents livres sterling^, avec quoi je donnerai un beau feu de joie le jour que j'apprendrai que vous avez fait la garnison de Saint-Philippe prisonnière de guerre. Je ne suis pas le seul qui parie pour vous. Vous vengerez la France, et vous enrichirez plus d'un Français. Je me flatte que, malgré la fatigue et les chaleurs, la gloire vous donne de la santé à vous et à M. le duc de Fronsac^. Vous avez auprès de vous toute votre famille*. Permettezmoi de souhaiter que vous buviez tous à la glace dans ce maudit fort de Saint-Philippe, couronnés de lauriers, comme des Romains triomphant des Carthaginois.

Je n'ose pas vous supplier d'ordonner à un de vossecrét;iires de m'envoyer les bulletins; mais si vous pouvez me faire cette faveur, vous ne pouvez assurément en honorer personne plus intéressé à vos succès.

Permettez que les deux Suisses'* vous présentent leur tendre respect.

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