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Acte troisième

Après des incidents naturels bien préparés, et qui tous concourent à redoubler le nœud de la pièce, Glytemnestre, Iphigénie, Achille, attendent dans la joie le "moment

ART DRAMATIQUE 2il

du mariage; Ériphile est présente, et le contraste de sa douleur avec lallégresse de la mère et des deux amants, ajoute à la beauté de la situation. Arcas paraît de la part d'Agamemnon; il vient dire que tout est prêt pour célébrer ce mariage fortuné. Mais quel coup! quel moment épouvantable !

11 l'attend à l'autel... pour la sacrifier.

Achille, C]ytemnestre,Iphigénie, Ériphile, expriment alors en un seul vers tous leurs sentiments difîérents, et Clytemnestre tombe aux genoux d'Achille.

... Oubliez uue gloire importune.

Ce triste abaissement convient à ma fortune.

C'est vous que nous cherchions sur ce funeste bord ; Et votre nom, seigneur, la conduit à la mort. Ira-t-elle, des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice ? Elle n'a que vous seul. Vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux.

0 véritable tragédie ! beauté de tous les temps et de toutes les nations ! Malheur aux barbares qui ne sentiraient pas jusqu'au fond du cœur ce prodigieux mérite !

Je sais que l'idée de cette situation est dans Euripide; mais elle y est comme le marbre dans la carrière, et c'est Racine qui a construit le palais.

Une chose assez extraordinaire, mais bien digne des commentateurs, toujours un peu ennemis de leur patrie, c'est que le jésuite Brumoy, dans son Discours sur le théâtre des lirecs, fait cette critique : « Supposons qu'Eui'ipide vînt de l'autre monde, et qu'il assistât à la représentation de Vlphif/énie de M. Racine... ne serait-il point révolté de voir Clytemnestre aux pieds d'Achille qui la relève, et de mille autres choses, soit par rapport à nos usages qui nous paraissent plus polis que ceux de l'Antiquité, soit par rapport aux bienséances? etc. ))

Remarquez, lecteurs, avec attention que Clytemnestre se jette aux genoux d'Achille dans Euripide, et que même il n'est point dit qu'Achille la relève.

A l'égard de mille autres choses par rapport à nos usages, Euripide se serait conformé aux usages de la France, et Racine à ceux de la Grèce.

Après cela, fiez-vous à rintelligence et à la justice des commentateurs.

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